L'Oise Agricole 29 juin 2017 à 08h00 | Par L'Oise Agricole

Néonicotinoïdes : un buzz bien orchestré

Éric Thirouin, secrétaire Général adjoint de la FNSEA et président de la commission environnement, revient sur le buzz médiatique et politique du 26 juin 2017 relatif aux néonicotinoïdes.

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Eric Thirouin, secrétaire général adjoint de la FNSEA
Eric Thirouin, secrétaire général adjoint de la FNSEA - © agence de presse

La question de l’interdiction de néonicotinoïdes a fait la Une des médias le lundi 26 juin. Quelle est votre analyse ?

Éric Thirouin : Les journalistes se sont emparés du premier dissensus au gouvernement et l’ont monté en épingle. Le fait que cela touche les produits phytosanitaires et l’alimentation des Français électrise d’autant plus le débat. Nos arguments technico-économiques ne sont pas audibles car ils font face à des positionnements moraux et tout cela avec une forte dose de mauvaise foi !

On voit là aussi comme le sujet des produits phytosanitaires et particulièrement des néonicotinoïdes est sensible. Deux positionnements de ministres et un arbitrage du Premier ministre en moins de 4 h ! S’il est de notre devoir d’être à l’écoute des consommateurs et de nos concitoyens, il est urgent de dépassionner les débats.

Quelle est le positionnement de la FNSEA sur l’interdiction totale des néonicotinoïdes en France ?

E. T. : Nous partageons, avec le ministère de l’Agriculture, que l’interdiction totale des néonicotinoïdes est une surtransposition, en outre non conforme au cadre règlementaire européen. En effet, l’approbation des substances actives est de la compétence de la Commission européenne et non des États Membres.

Et cette interdiction va provoquer des distorsions de concurrence importantes entre les producteurs français et européens. Certaines filières, qui comprennent déjà de nombreux usages dits «mineurs» ou non pourvus, risquent de disparaître du paysage français car elles ne disposeront d’aucune alternative, chimique ou non chimique.

Pour nous, avant toute interdiction, des alternatives efficaces, durables et économiquement accessibles doivent être disponibles.

Nous demandons un engagement fort de la recherche publique et privée et des financements suffisants. Ceci est une condition indispensable pour garantir nos productions agricoles et donc, au final, une alimentation de qualité de nos concitoyens.

Nous agissons également pour que, conformément à la loi biodiversité, des dérogations à l’interdiction soient appliquées dès lors qu’il y a un impact économique important sur l’activité agricole et une absence d’alternatives.

Comment la FNSEA se mobilise-t-elle pour éviter les sur-transpositions ?

E. T. : Au-delà du seul sujet de l’utilisation des produits phytosanitaires, la FNSEA est mobilisée contre toutes les surtranspositions et les problèmes liés aux manques de cohérence de la réglementation actuelle.

Nous venons de faire cinquante propositions aux ministères dans le cadre du projet de loi relatif à la transformation des relations entre l’administration et le public (c’est-à-dire la loi de simplification présentée en juillet prochain) afin de redonner de la compétitivité à l’agriculture française.

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