L'Oise Agricole 11 septembre 2015 à 08h00 | Par Adeline LEVY

Mobilisation nationale à Paris du 3 septembre: les mesures prises par les pouvoirs

Mobilisés depuis le début de l'été pour dénoncer la crise sans précédent à laquelle ils font face, les agriculteurs de la Fnsea et de JA se sont réunis à Paris, le 3 septembre, pour une démonstration de force vis-à-vis des pouvoirs publics.

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- © oise agricole

Le 3 septembre, les Parisiens avaient laissé le champ libre aux éleveurs de bovins, de porcs et d'ovins venus de toute la France pour manifester leur colère et leur détresse. Et de nombreux banlieusards ont refusé de prendre leur voiture pour se rendre à leur travail. Si bien que le périphérique et les boulevards parisiens étaient dégagés. Le matin, il y avait à peine 80 km de bouchon autour de Paris contre plus de 200 km en jour de semaine. Laisser le champ libre, c'est la façon,pour les Parisiens, de manifester leur sympathie auprès des producteurs de bovins et d'ovins venus défendre leurs revenus. «N'oublions pas que ce sont eux qui nous nourrissent», déclavée d'un des convois de tracteurs Porte de Vincennes.

«Et puis il faut les soutenir, car ce sont des hommes et des femmes courageux qui ont fait l'effort de venir manifester en laissant leur travail et leurs animaux»,ajoutait un ouvrier du bâtiment, venu observer le convoi de tracteurs Porte de Vincennes. Avec une mobilisation supérieure aux attentes - plus de 1 700 tracteurs place de la Nation au lieu des 1000 annoncés - les agriculteurs qui se sont rendus au Palais Bourbon et à Matignon sont partis confiants présenter leurs revendications. Pour la Fnsea et Jeunes agriculteurs, il ne s'agissait pas de demander à nouveaux des aides, mais d'inciter les pouvoirs publics à prendre les mesures conjoncturelles et structurelles nécessaires pour permettre à l'agriculture française de rester compétitive face à ses voisins européens.

 

Renforcement du plan de soutien

 

Emmenés par Xavier Beulin, président de la Fnsea, et Thomas Diemer,président de JA, une délégation d'agriculteurs a été reçue vers 12 hà Matignon, où ils ont discuté pendant près de deux heures avec le Premier ministre, Manuel Valls, en présence de Stéphane Le Foll. «Je veux dire au monde paysan que la France ne lâchera pas ses agriculteurs. Désepoir, humiliation, colère, nous les entendons. Nous y répondons. C'était l'objectif du plan de soutien de juillet.

C'est l'objectif des mesures complémentaires que nous venons de prendre», a annoncé à l'issue de la rencontre le Premier ministre. Un soutien qui entend se traduire dans les faits par un renforcement du plan d'urgence pour l'élevage, à travers l'augmentation des crédits annoncés en juillet : les prises en charge des intérêts d'emprunt atteignent à présent 100 millions d'euros pour 2015, et les prises en charge des cotisations sociales sont élevées à 50 millions d'euros. Pour permettre la restructuration de la dette des éleveurs, une année blanche (report total des annuités de 2015) sera pro-posée, et le Fonds d'allègement des charges (FAC) sera augmenté, a pro-mis Manuel Valls. Pour faire baisser les charges des agriculteurs, la cotisation minimum maladie sera alignée sur le régime des indépendants, soit «dès cette année, une baisse de près de 500 euros» pour les petites exploitations, a souligné.

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