L'Oise Agricole 31 mars 2016 à 08h00 | Par Dominique Lapeyre-Cavé

Même sans quota, la betterave a de l’avenir dans l’Oise!

Avec la fin des quotas, les groupes se positionnent et affutent leurs stratégies. Gilles Bollé, président du Syndicat betteravier de l’Oise, a accepté de répondre à nos question.

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- © Bernard Leduc

Avec la fin des quotas, les industriels appellent, semble-t-il, leurs planteurs à augmenter leurs emblavements de betteraves. Que pouvez-vous nous dire à ce sujet?

Je vais parler des deux industriels présents dans l’Oise, à savoir Saint Louis Sucre et Tereos. Ce qu’ils veulent, c’est augmenter leur compétitivité et pour cela, augmenter les volumes travaillés pour baisser la part des frais fixes. Ils souhaitent allonger la durée de campagne jusque fin janvier. A la différence d’autres fabricants européens qui ont déjà utilisé cette possibilité depuis de nombreuses années.

Leur objectif est donc de développer les surfaces emblavées, de 20% pour Tereos et de 15 à 20% pour Saint Louis Sucre.Cela supposerait de pousser les arrachages jusque vers le 20 novembre, date au-delà de laquelle il semble difficile d’aller pour des raisons climatiques.

Côté planteurs, répondre à ce souhait des industriels d’augmentation de surfaces et d’allongement de la durée de campagne est possible techniquement mais avec des conditions améliorées pour le stockage des betteraves.

Quelle est la politique des groupes sucriers?

Pour la campagne 2017, la proposition des 2 groupes n’est pas tout à fait au même stade. Chez Saint Louis Sucre, aucune proposition concrète n’a été faite aux planteurs.

Des réunions ont lieu en ce début d’année, mais rien n’en est sorti. Des négociations sont toujours en cours entre SLS et les représentants de la CGB. Si les planteurs concernés veulent des informations, ils peuvent se rapprocher du syndicat betteravier.

Côté Tereos, la proposition est ferme : augmentation de 20%, un prix fixé pour les deux premières années à 25 €/tonne (pulpes comprises) et avec un engagement sur 5 ans.

Tous les planteurs du groupe seront visités par les responsables d’usine et ce sera l’occasion de se faire expliquer plus en détail la teneur de la proposition.

Quelle est la position du Syndicat betteravier de l’Oise face à ces nouvelles relations contractuelles?

Dans le cas de SLS où les négociations sont toujours en cours, nous conseillons d’attendre une proposition écrite ferme avant de se déterminer. Nous demandons à ce que les dispositions soient connues avant l’été 2016 afin que les planteurs puissent se positionner et bâtir leur assolement 2017 en conséquence.

Tereos est en train de préciser les conditions d’accès aux tonnages, notamment sur la souscription de parts sociales. Les planteurs devraient en prendre connaissance sous peu.

Dans tous les cas, le Syndicat betteravier de l’Oise est à disposition de ses adhérents pour toute information ou demande d’explication.

Fin de quotas, augmentation de la production, libéralisation, volatilité des prix… N’est-on pas en train de suivre le même chemin que la filière lait, en crise actuellement?

Très clairement non. Le chemin est différent. L’augmentation de la production voulue par les groupes sucriers français doit leur permettre de trouver de nouveaux débouchés, à savoir l’export vers le marché mondial que les groupes voudraient reconquérir pour arriver à nouveau aux niveaux d’avant 2006.

Comme la part du sucre français exporté vers le marché mondial est dérisoire par rapport à d’autres pays comme le Brésil, cette augmentation de production ne déséquilibrera pas le marché mondial et on ne connaîtra pas un phénomène de crise comme le vit actuellement le secteur laitier. Je vous rappelle que le marché mondial est en augmentation, de 2% par an environ.

Comment les planteurs français se positionnent-ils en termes de performances?

Les planteurs français sont les plus compétitifs en Europe depuis de nombreuses années, même si l’écart avec les autres pays se resserre. Il ne faut pas relâcher les efforts et des marges de progrès sont encore possibles selon l’Institut technique de la betterave. Ce dernier développe d’ailleurs le projet Aker, en lien avec un groupe semencier français, car la génétique pourra permettre des gains de rendement de 4% par an. L’amélioration variétale est un axe de recherche de progrès important.

Enfin, les betteraves sucrières ont toujours été une composante essentielle de l’assolement dans l’Oise. Nous approvisionnons 5 usines, une dans le département et 4 à l’extérieur. Nos planteurs sont compétitifs, nos groupes sucriers sont performants : l’Oise a tous les atouts pour rester un grand département betteravier. La betterave a de l’avenir !

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