L'Oise Agricole 25 août 2018 à 09h00 | Par L'Oise Agricole

Marine, une Payen qui croit à son installation

Une fille pétillante, âgée de 23 ans, s’est installée dans la ferme familiale à Fléchy. À partir de la production laitière, elle a créé un laboratoire de transformation.

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- © Dorian Alinaghi

140 hectares en polyculture et 40 vaches : Marine Payen, sourire aux lèvres, a toujours eu un amour fou pour les animaux de la ferme. Tombée petite dans la marmite de lait, avec fougue, elle a décidé de s’aventurer dans la transformation laitière à 23 ans.
«J’ai fait un bac S, j’ai continué avec un BTS productions animales à Vervins. J’ai ensuite suivi une licence en management agricole et je travaille maintenant en tant que conseillère de gestion à l’AS 60 depuis 2015.
Je me suis installée le 1er février 2018 car je suis passionnée par l’élevage, mais aussi pour donner un coup de main à mes parents. Je voulais surtout créer mon truc à moi sur l’exploitation. Ce qui est bizarre, c’est qu’auparavant,  je n’aimais pas du tout la ferme. Mais, à 16 ans, j’ai eu un déclic. J’ai alors commencé à venir de plus en plus sur l’exploitation familiale. Et puis, quand j’étais dans mon BTS productions animales, le coup de cœur sur l’univers des animaux de la ferme s’est produit» explique-t-elle.
La localisation de l’exploitation est un problème : dans le Nord de l’Oise, 2 km de routes escarpées pour rejoindre la nationale. Cela n’a pas empêché l’exploitation et ses produits laitiers d’avoir un succès toujours grandissant grâce au bouche-à-oreille.
«En amont de mon installation, je me suis intéressée à beaucoup de productions comme les volailles de chair, les poules pondeuses,… Il fallait que j’observe un large panel de diversifications possibles afin que je trouve ma voie et surtout savoir ce qui pourrait me plaire. En 2016, lors de la crise du lait, j’ai beaucoup réfléchi car nous avons sur la ferme un atelier laitier et je me suis posée la question de mieux le valoriser.
Dès lors, je me suis demandé ce que je pouvais faire du lait de l’exploitation, comment le faire. Est-ce que, sur le marché, il y avait  déjà de la concurrence ? J’appréhendais beaucoup le début : est-ce que je vais y arriver ? Comment réussir à attirer le client à Fléchy ? Mes produits vont-ils plaire ? Au final, je suis très satisfaite car, pour le moment, tout marche très bien», affirme-t-elle.

Les petites douceurs de Marine
Marine et ses parents produisent 360.000 l de lait par an et en transforment actuellement 200 litres par semaine.
L’investissement dans l’atelier de transformation a été de l’ordre de 100.000 €, avec un appui financier de l’Europe via le programme Leader et de la Région Hauts-de-France. Fromage, faisselle, fromage frais, yaourt (nature, sucré, abricot, pêche, rhubarbe, fruits rouges…), crème dessert (chocolat, vanille, caramel)... Marine Payen produit un large panel de produits laitiers afin de toucher un maximum de consommateurs.
«De fil en aiguille, j’ai réalisé mon étude économique moi-même ! Et j’ai remarqué qu’il y avait de la place sur le marché, mais aussi beaucoup de demande publique et locale pour approvisionner les cantines des écoles puis, même au niveau du consommateur, il y a énormément de choses à faire. Je suis arrivée alors à réaliser mon projet de transformation laitière» exprime-t-elle.
Elle poursuit sur ses ambitions et son projet d’avenir. «Ce que je voulais surtout, c’est le contact avec le consommateur. Aujourd’hui, le gros problème dans l’agriculture, c’est la communication. Si on ne communique pas directement avec le consommateur, on n’y arrivera pas. Alors, j’ai ouvert un magasin à la ferme familiale pour faire de la vente directe. Mon objectif à court et moyen terme est de sortir un salaire, et pas forcément d’avoir un salarié.
Le développement envisagé porte sur la multiplication des débouchés et donc des volumes transformés avec un objectif, d’ici 2 ans de transformer 25.000 l/an. Afin de me dégager un revenu, en volume, je dois produire 1.500 yaourts sachant que je continue de travailler à l’extérieur comme salarié.
Je souhaite tout de même conserver cet emploi pour mon enrichissement personnel et pour l’ouverture d’esprit.
Maintenant, il faut que je trouve un équilibre entre mon temps sur l’exploitation et mon travail à AS 60. Je travaille 12 heures dans la semaine pour la transformation. Après, je dois m’occuper de la commercialisation, du nettoyage, de la communication.» développe-t-elle.
Dans le magasin de la ferme, on trouve tous les produits laitiers de Marine, mais aussi d’autres produits de jeunes agriculteurs qui viennent de s’installer.
«Le but est de s’épauler entre nous. Dans le magasin, on peut acheter du miel, de la bière, des œufs, et bientôt du cidre... Je fixe les prix en fonction de mon coût de production, mais je souhaite aussi que le consommateur s’y retrouve. De plus, les compliments des clients me boostent tous les jours, c’est un réel bonheur» détaille-t-elle.
Son magasin est ouvert tous les mercredis de 14 h à 19 h, le vendredi de 16h 30 à 19 h, et le samedi de 10 h à midi. Elle travaille également avec deux autres magasins, Cœurs Picardie et la ferme du Chassy, et dès septembre, elle ajoutera à ses clients la cantine de Breteuil ainsi que l’institut médical de Breteuil.
Le 31 août, la famille Payen organise la fête des moissons sur son exploitation.
De plus, début septembre, en présence des élus et des politiciens de l’Oise, Marine prévoit une porte ouverte ainsi que l’inauguration de sa boutique afin d’exposer le fruit de son travail.
Pour repérer tous ses produits, vous pouvez les découvrir sur la page Facebook de la Ferme des petites douceurs avant de les déguster en vrai.

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