L'Oise Agricole 01 février 2018 à 09h00 | Par Dominique Lapeyre-Cavé

Marie Collas, une jeune apicultrice tout sucre tout miel

Elle a la douceur de ses 23 ans et la timidité des débutants. En 2 ans, elle s’est formée, a acquis des ruches, les a multipliées et vendu sa production de miel sur la ferme de ses parents et sur des marchés.

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Marie Collas débute dans la production de miel.
Marie Collas débute dans la production de miel. - © Dominique Lapeyre-Cavé

Pourtant, rien dans l’histoire familiale ne la prédisposait à s’intéresser aux abeilles. Ses parents sont agriculteurs au hameau du Mesnil-Saint-Martin, sur la commune de Chambly. Elle a suivi une formation agricole à l’Ihedrea (Institut de hautes études de droit rural et d’économie agricole) qu’elle a terminée en juin 2017 et continue pour trois ans vers l’expertise foncière, en stage chez trois experts. Mais les abeilles ? «Je me souviens qu’un apiculteur d’Anserville mettait ses ruches à proximité des parcelles de papa et nous donnait du miel pour nous remercier. Cela m’intriguait. Peut-être ce goût pour l’apiculture vient-il de ce souvenir» avance Marie.

Toujours est-il qu’elle s’est rapprochée de l’Oise apicole, syndicat regroupant des apiculteurs amateurs et semi-professionnels. Elle a suivi, avec une quarantaine d’autres stagiaires, une formation d’un an, à raison d’un samedi par mois, avec des cours théoriques sur la période hivernale et des exercices pratiques en été dans le rucher école du Syndicat.

En 2016, elle acquiert 6 ruchers auprès des Établissements Lerouge, de Maignelay-Montigny, histoire de se faire la main. La première année se passe bien avec 26 kg de production et elle multiplie ses ruches, en récoltant notamment des essaims chez des particuliers (les pompiers n’interviennent plus mais les cueilleurs d’essaims sont ravis de pouvoir récupérer des essaims).

En 2017, Marie Collas a produit du miel avec 20 ruches. «Je ne suis qu’une amatrice débutante pour l’instant : un apiculteur professionnel peut avoir jusqu’à 150 ou 200 ruches» confie Marie.

Commercialisation

Elle produit du miel crémeux de printemps, du miel d’été toutes fleurs et du miel de tilleul. Le premier est fabriqué par les abeilles en avril-mai, dès le début de la saison. Il se cristallise rapidement, ce qui le rend ensuite impossible à extraire des cadres. Il ne faut donc pas tarder à le récolter, mais pas trop tôt non plus, sinon il est trop humide et fermente. C’est souvent du miel de colza, dont la floraison dure au moins un mois.

Ensuite, le miel d’été est toutes fleurs et moins fragile, il peut rester plus longtemps dans la ruche. Marie le récolte vers le 15 août. Enfin, le miel de tilleul est produit à partir de ruches laissées à proximité de forêts.

Une fois le miel récolté, il faut le laisser reposer dans un maturateur afin que les impuretés remontent. Elles sont alors éliminées et le miel mis en pots de 250 ou 500 g. Chaque ruche produit environ 20 kg de miel par an.

Dans un premier temps, Marie Collas a vendu ses pots à la ferme de ses parents ou des particuliers qui viennent déjà chercher des œufs, puis à la brocante de Chambly et sur le marché dominical d’Eaux-Bonnes (95). Son miel est aussi vendu dans deux épiceries, à Sartrouville et Paris. «Cette année, j’ai participé, avec d’autres producteurs fermiers de la commune, aux vœux du maire de Chambly. Cela m’a permis de me faire connaître localement, ce qui peut assurer une clientèle locale et régulière» se réjouit Marie.

Une surveillance des ruches

Le plus gros travail est celui de la récolte, de la mise en pots et surtout la commercialisation. Pour le marché d’Eaux-Bonnes auquel elle participe un dimanche sur deux, il faut tout préparer la veille et partir de bonne heure.

Sinon, pour ce qui est du travail de production, des visites régulières aux ruches sont nécessaires pour surveiller. Il y a parfois des vols, mais cela ne lui est pas arrivé. «Mes ruches sont réparties sur 4 sites, que je choisis calmes, clos, un peu cachés du passage. Une partie est en forêt, une autre sur une jachère fleurie que mon père sème, une autre à proximité de bois et enfin, une partie à proximité du corps de ferme» détaille la jeune apicultrice. En 2019, elle aimerait passer à 40 ruches et pouvoir les poser plus en forêt. Elle voudrait faire du miel d’acacia et de châtaigner. L’année dernière, pas de chance : les fleurs d’acacia ont gelé fin avril. «À Ronquerolles et à Belle-Église, il y a des forêts qui feraient l’affaire. Je vais demander l’autorisation aux propriétaires. Généralement, ce n’est pas un problème de l’obtenir.»

Et l’avenir ? Marie Collas voudrait poursuivre le développement de cette activité naissante. «C’est tout à fait possible de conjuguer cette activité avec celle de stagiaire expert foncier. Et puis j’aime bien cette production, le contact avec la clientèle.» Marie concède devoir progresser dans sa relation clients en répondant mieux aux multiples demandes d’information : les vertus du miel, des recettes santé et de cuisine, elle a encore à travailler. Elle continue à adhérer à l’Oise apicole qui propose régulièrement des formations et des réunions à thème. Avec modestie et volonté, le rucher de Chambly ne devrait pas tarder à couronner sa reine.

 

L’Oise apicole

L’Oise apicole est un syndicat regroupant des apiculteurs amateurs et semi-professionnels mais avant tout, des personnes passionnées par l’abeille. Le syndicat ainsi que le GDS (Groupement Départemental Sanitaire) compte environ 400 adhérents.

Les actions de l’Oise Apicole :

- les réunions

- l’assemblée générale de printemps; durant laquelle a lieu une distribution de matériel mais aussi une série de conférences sur des thèmes variés (évolution des maladies dans les départements, nouveaux systèmes de traitement...)

- journée sanitaire durant laquelle les produits de lutte contre la varroase sont distribués.

- journée de nourrissement; durant laquelle matériels et nourriture pour l’hiver sont distribués.

- assemblée générale d’automne.

L’Oise apicole à la chance de posséder un rucher école où novice et amateur ont l’occasion d’échanger et de se perfectionner.

http://oiseapicole.wifeo.com/

6 rue des Vergers - 60128 Plailly - oiseapicolesecretariat@hotmail.fr

Le rucher de Chambly

139 rue de l’Ancien monastère

Le Mesnil-Saint-Martin 60230 Chambly

Ouvert du lundi au samedi, de 8 à 13 h

rucherdechambly@gmail.com

https://www.facebook.com/LeRucherdeChambly/?ref=br_rs

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