L'Oise Agricole 03 août 2017 à 08h00 | Par A. G.

Marché laitier : Bruxelles reste optimiste

Le prix du lait à la ferme continue de remonter. La Commission européenne se montre donc plutôt optimiste pour le secteur laitier dans les mois à venir.

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Bruxelles estime qu’ «il faudra du temps pour que les producteurs se remettent des pertes subies» pendant la crise de 2017.
Bruxelles estime qu’ «il faudra du temps pour que les producteurs se remettent des pertes subies» pendant la crise de 2017. - © © Christian Lambiotte/Ce

La situation du marché laitier est plutôt positive, la faible demande et les prix très bas pour la poudre de lait écrémé étant largement compensés par les bonnes performances des autres produits laitiers, conclut la Commission européenne suite à la réunion de l’Observatoire européen du marché laitier le 25 juillet. Mais, ajoute Bruxelles, «il faudra du temps pour que les producteurs se remettent des pertes subies» pendant la crise de 2017.

Globalement, la production de lait de l’Union européenne a reculé de 1,1 % au cours des cinq premiers mois de l’année, soit une baisse de 700 000 tonnes. La production a particulièrement diminué en Allemagne (- 3,8 %) et en France (- 3,2 %), mais a aussi augmenté en Irlande (+ 6,8 %), Italie (+ 2,8 %), Pologne (+ 3,5 %) et Espagne (+ 0,3 %). Depuis le mois d’avril, la production est supérieure à son niveau de 2016.

En mai, une très légère augmentation de 0,1 % a été enregistrée (par rapport à mai 2016), soit une hausse de 19 000 tonnes.

Situation des pays producteurs

Dans ses perspectives à court terme, publiées mi-juillet, Bruxelles prévoit une hausse globale de la collecte laitière de 0,7 % dans l’Union européenne sur l’ensemble de 2017 (puis de 0,9 % sur 2018), mais avec des différences importantes selon les États-membres : fortes augmentations attendues en Irlande, Pologne et Italie, stabilité en France et diminution en Allemagne et aux Pays-Bas.

Les températures élevées et le temps sec pourraient détériorer la production des pâturages et des cultures, mais cela ne devrait pas avoir d’influence majeure sur la disponibilité des aliments, estiment les services de la Commission.Au niveau mondial, la production a diminué de 0,25 % entre janvier et mai, principalement du fait de l’Union européenne.

La Nouvelle-Zélande (avec -1,1 %, soit une baisse moins importante que prévu) et l’Australie sont sorties de leurs saisons de pic de production avec des chiffres négatifs, mais des augmentations de 2 à 3 % sont prévues pour la prochaine campagne. Aux États-Unis, la croissance a légèrement ralenti, mais une hausse de 1,45 % est encore attendue pour le second semestre de 2017.

Prix plutôt élevés et euro fort

Les prix moyens du lait à la ferme dans l’Union européenne ont atteint 33,1 cts/kg en juin, soit une légère hausse par rapport à mai (32,9 cts/kg), ce qui les situe à 2,5 % au-dessus de la moyenne des cinq dernières années, et à 25 % au-dessus de juin 2016.A l’exception de la poudre de lait écrémé et de la poudre de lacto-sérum, les prix des produits laitiers de l’Union européenne se sont, eux aussi, améliorés au cours des dernières semaines. La différence de prix entre les protéines et la graisse s’est encore accentuée avec de nouveaux niveaux records pour le beurre (575 €/100 kg) et une nouvelle baisse des prix de la poudre de lait écrémé (- 9 % en quatre semaines à 182 €/100 kg).

Les experts nationaux des Etats-membres ont rejeté, lors de la ré-union du comité OCM le 20 juillet, les offres de vente de poudre de lait écrémé, estimant qu’elles étaient inférieures au prix, déjà faible, du marché.Les prix du fromage sont, eux, à leur niveau le plus élevé depuis quatre ans. Ces évolutions, associées à un euro de plus en plus fort (+ 9 % depuis début 2017), rendent les produits laitiers de l’Union européenne moins compétitifs que ceux d’Océanie ou des États-Unis.

Réduction volontaire de la production et «Omnibus»

L’European Milk Board (EMB) appelle les législateurs européens, dans le cadre des discussions en cours entre le Conseil et le Parlement européen sur le règlement «Omnibus», à inscrire durablement dans la législation de l’Union européenne l’outil de réduction volontaire de la production laitière en cas de crise. «La réduction volontaire de la production a eu des effets positifs en 2016 et 2017», mais ce dispositif «aurait dû être mis en œuvre bien plus tôt» car, aujourd’hui, «les quantités importantes en stock engendrent des problèmes à long terme», constate l’EMB.

Il faut donc, selon l’organisation agricole, comme le propose le Parlement européen dans le cadre du règlement «Omnibus», «ancrer cet instrument dans la législation afin qu’il soit utilisé lorsque le marché en a vraiment besoin et non en fonction du bon vouloir des responsables du moment».

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