L'Oise Agricole 12 octobre 2017 à 09h00 | Par Dorian Alinaghi

«Macron m’a dit : ton canal, on va le faire»

Lors de la venue du Président de la République à Amiens le 3 octobre, cinq cents élus de la région ont manifesté afin que le projet du Canal Seine-Nord Europe reprenne.

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Le hashtag «Oui au Canal» inondait la ville d’Amiens. Crédit / Florence Guilhem
Le hashtag «Oui au Canal» inondait la ville d’Amiens. Crédit / Florence Guilhem - © Florence Guilhem

Lors de la venue du président de la République, Emmanuel Macron, plus de cinq cent élus, munis d’une écharpe tricolore et d’une pancarte «Oui au Canal», ont manifesté afin de mener à bien le projet du canal Seine-Nord Europe. Emmené par Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, ils dénoncent l’incapacité de l’État à faire valoir l’intérêt économique et humain de ce projet. «Ceux qui font de la musique et sifflent ne couvriront pas la voix des élus qui se battent pour l’emploi dans notre région. On demande juste à l’État de respecter sa parole. Nous, on ne crie pas, on ne siffle pas, on est ici juste pour faire entendre notre volonté de mener à bien le projet du canal Seine-Nord Europe», tonne le président de Région, Xavier Bertrand. Il rétorque, par la suite, «qu’il aurait fallu rassembler les élus et convoquer de force le conseil de surveillance du canal, ce jour, simplement parce que le Président de la République était là, afin d’obtenir le feu vert de l’État. On demande que les engagements pris par l’État soient tenus et qu’on nous laisse faire».

Le Canal Seine-Nord Europe sort la tête de l’eau

Le premier ministre, Édouard Philippe, a annoncé que «le degré d’avancement des études et les retombées économiques pour la région Hauts-de-France conjugués à l’importance du report modal dans la transition énergétique et écologique en font un projet que l’État considère avec attention». Et d’engager «le gouvernement à étudier [avec eux] les solutions qui permettront la sécurisation du financement du projet, et propose de travailler ensemble».

Le travail sur ce chantier s’axe sur cinq points : la régionalisation du projet ; la sécurisation des financements européens ; la mise en place d’un cadre juridique pertinent en cas de besoin de ressources financières régionales supplémentaires ; l’engagement du milliard venant de l’État sous forme d’un emprunt de la société de projet, remboursé par des annuités financées elles-mêmes par des taxes nationales à assiette locale ; et, enfin, le financement intégral par les collectivités territoriales des travaux sur la période 2018-2020.

Qui plus est, Xavier Bertrand est dorénavant à la tête du conseil de surveillance du projet du canal et Stéphane Demilly, député de la 5e circonscription de la Somme, intègre le comité stratégique. La régionalisation du projet est donc en bonne voie, faisant dire au président du Département de la Somme, Laurent Somon que «le canal est de nouveau en marche et à flot. On ne lâchera rien désormais».

De plus, lors d’un repas où étaient réunis les sénateurs et les présidents de Régions et des Départements (seul absent : François Ruffin, député de la France Insoumise pour la 1re circonscription de la Somme), le Président de la République, entouré de quatre de ses ministres, a confirmé toutes les directions prises par le Premier ministre au sujet du canal. Par la suite, à la fin du déjeuner, Stéphane Demilly a souligné que le Président de la République lui a chuchoté «ton canal, on va le faire.»

Garder des bouées de secours

«Le canal est un gros projet. Il est enfin sorti de l’ornière, dit le président du Département du Nord, Jean-René Lecerf. Aujourd’hui, nous avons eu un geste d’amour. Il nous faut à présent des preuves d’amour. L’État nous dit qu’il faut ce canal, que les collectivités paient tout et l’État le reste. On ne peut pas en rester là !» Cela montre bien que les élus et l’ensemble de la population concernée restent vigilants aux paroles du gouvernement.

Surtout que le coût du chantier est faramineux, il est estimé à 4,5 milliards d’euros. Normalement, cette somme est partagée de cette manière : 1,8 milliards venant de l’Union européenne, 1 milliard de l’État français, et un milliard provenant des collectivités locales. Parmi elles, la région Hauts-de-France doit fournir une somme de 302 millions d’euros, la région Île-de-France 210 millions d’euros, le département du Nord 200 millions d’euros, 130 pour le Pas-de-Calais, 100 pour l’Oise et 70 millions pour la Somme.

Et il ne faut pas oublier un prêt de 700 millions d’euros. Par contre, Xavier Bertrand a ajouté que «si l’État pense à une écotaxe, c’est niet». Pour l’heure, la reprise des négociations du canal Seine-Nord Europe demeure une satisfaction et un soulagement pour les élus. De ce fait, à la fin du mois, Xavier Bertrand convoquera un nouveau conseil de surveillance. Des réunions et des informations seront diffusées sur l’ensemble de l’Hexagone pour que le projet canal Seine-Nord Europe prenne enfin le large.

 

Bernadette Bréhon, secrétaire générale de la FDSEA60

«Il ne faudra pas oublier l’agriculture !»

Le projet de Canal Seine-Nord Europe redémarre, et la profession sera vigilante. Nous avons sollicité VNF, notamment pour ce qui concerne les compensations écologiques, agricoles, ou les dépôts de terre. Nous serons attentifs à ce que, sous prétexte de vouloir aller vite, l’agriculture ne soit laissée pour compte.

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