L'Oise Agricole 12 octobre 2017 à 09h00 | Par Dorian Alinaghi

Lorsque les blaireaux passent, les parcelles trépassent

Le blaireau, l'animal quasi impossible à chasser, continue à provoquer de gros dégâts sur les cultures.

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Thierry Leysens dévoile les dégâts que peuvent provoquer les blaireaux. (© Dorian Alinaghi)  © Dorian Alinaghi  © Dorian Alinaghi

En l’absence des associations pour la protection des animaux comme Meles Meles ou bien ASPAS, la FDSEA de l’Oise a invité les personnes et les agriculteurs pour découvrir les dégâts que provoque un blaireau sur les champs. Eh oui, le blaireau est devenu l’ennemi public numéro un ! Cependant, cette espèce est protégée par la convention de Berne mais non sur le territoire français, et c’est un animal presque impossible à chasser. «Le blaireau sort la nuit, on est donc dans l’impossibilité de le chasser. Il n’a pas de prédateurs donc la population augmente. De plus, on n’arrive pas à les compter car le blaireau est invisible même par les phares, leurs yeux ne brillent pas. Du coup, ils ravagent une grosse partie des cultures et par la suite, nous ne sommes pas indemnisés. Et si nous les chassons, nous sommes considérés comme des braconniers, on est donc dans l’impasse» explique Thierry Leysens, président de la section faune sauvage de la FDSEA.

Historiquement, le blaireau n’était pas un animal à craindre. En effet, pour les repousser hors du territoire, on utilisait des chiens pour les traquer ou bien du gaz chloropicrine. Ce dernier a été interdit à la vente et d’utilisation depuis une trentaine d’années.

Depuis, la population de blaireaux n’a de cesse d’augmenter. Selon Thierry Wallon, responsable de la chasse et des forêts à la Direction départementale des territoires, de plus en plus de dégâts de blaireaux sont déclarés. «Cette année, l’arrêté préfectoral de régulation a reconnu 135 communes du département comme subissant des dégâts liés à la présence de blaireaux. Il y en avait 88 en 2016. Afin qu’une commune figure sur cette liste, il faut que les dégâts, sur les cultures ou les machines agricoles, soient supérieurs à 76 euros».

Une question de rééquilibrage

C’est dans sa parcelle que l’agriculteur à Monchy-Humières, François Dumoury, dévoile son maïs ravagé. «On reconnaît facilement et on ne peut pas confondre avec les sangliers. On reconnaît le blaireau à la manière dont le maïs est au sol et aux marques de griffes et de dents. On peut voir des tiges au sol tous les deux mètres. Sur ma parcelle de 1,8 hectares, j’ai perdu 20 % de maïs. Cela signifie que sur les 2.000 euros que j’espérais récolter, je perds 400 euros à cause du blaireau» souligne-t-il.

En se dirigeant vers le bas du champ, l’agriculteur montre les immenses blaireautières. «Le problème, c’est que les blaireaux déforment le sol et cela peut provoquer des dégâts matériels. Les machines agricoles peuvent basculer et parfois se retourner car malheureusement, ces animaux font d’énormes trous» ajoute l’agriculteur.

Afin de réguler la population de blaireaux, l’arrêté préfectoral autorise des battues. Sauf que la battue doit être effectuée qu’après l’accord de la gendarmerie, de la DDT, de l’Office national de chasse et de la faune sauvage (ONCFS) et du maire de la commune concernée. Cette battue doit être menée par un lieutenant de louveterie. De plus, l’arrêté préfectoral permet de mettre en place des pièges jusqu’au 31 octobre. «Le but est de réguler et de rééquilibrer la population des blaireaux. On veut juste les faire sortir des cultures et non continuer à les chasser dans les bois» affirme Thierry Leysens.

Le 10 octobre, la présidente de l’association Meles Meles a rencontré Thierry Leysens. Sans contester la réalité des dégâts subis par les agriculteurs, elle déplore néanmoins le manque de données scientifiques sur l’évolution des populations dans le département. De nouvelles rencontres pour élaborer des méthodes de prévention des dégâts sont prévues.

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