L'Oise Agricole 04 mai 2017 à 08h00 | Par Dominique Lapeyre-Cavé

Les poules pondeuses bio se nourrissent chez Novial au Plessier-sur-Saint-Just

Ils ne sont que cinq salariés sur le site de production du Plessier-sur-Saint-Just, mais la chaîne de fabrication d’aliments, notamment pour poules pondeuses bio, ne fournit pas tant la demande est croissante.

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Automatisation du process.
Automatisation du process. - © DLC

Sur les 32.000 t d’aliments pour bétail qui sortent de l’usine, 18.000 sont en bio et 14.000 en filière non OGM, ce qui fait de ce site une usine blanche: aucun aliment OGM, aucun médicament n’y pénètrent et les deux filières sont physiquement séparées. Pierre Koseda, le directeur du site, s’en félicite: «De 6.000 t d’aliments bio pour poules pondeuses en 2012, nous avons presque multiplié par trois nos tonnages.»

La production d’oeufs bio est en plein essor car le prix consommateur reste raisonnable par rapport à d’autres aliments bio. Et puis il est plus facile, pour un agriculteur, de se lancer dans la poule pondeuse bio que dans le porc ou le boeuf bio.

Le site Novial du Plessier a mis au point, avec l’aide d’un laboratoire de nutrition, une gamme de six aliments différents dont les matières premières sont rigoureusement sélectionnées: blé, maïs, triticale, orge, protéagineux, tourteaux de soja et de tournesol, luzerne déshydratée, mais aussi calcium (pour la coquille), phosphore, vitamines et oligo-éléments avec, pour lier le tout, de l’huile de soja bio et du sel. Les recettes sont adaptées aux besoins des agriculteurs clients : gros oeufs pour la vente en direct, coloration du jaune, couleur de la coquille…). Même la teinte du jaune se lit sur un nuancier, le consommateur français ayant une préférence pour un jaune soutenu.

Les matières premières bio sont historiquement achetées auprès des coopératives bio de la région: Abio devenue Biocer, mais aussi les coopératives traditionnelles qui se mettent maintenant à traiter aussi le bio grâce à un silo de stockage créé en commun à Flixecourt (80): Agora, Valfrance, Noriap et Acolyance fournissent Novial. Seul le maïs bio est pour moitié acheté au Sud de la Loire, la production locale étant insuffisante.

 

Des recettes aux petits oignons

Tout le process de fabrication est automatisé. Les ingrédients de base sont stockés dans des cellules séparées et introduits dans une benne peseuse qui garantit que les quantités de la recette sont respectées. Puis, les matières premières arrivent dans une mélangeuse où un opérateur ajoutera les éléments en petites quantités: vitamines, oligo-éléments, colorant à base de paprika pour la couleur, huile de soja chaude pour lier le tout.

Il ne restera plus qu’à stocker et attendre le camion qui ira livrer les élevages directement: de 2,5 t en vrac pour les petits clients jusqu’à 27 t (un camion) pour les plus gros. Depuis peu, l’activité d’ensachage a été délocalisée sur le site d’Albert. Car Novial vend aussi une gamme grand public distribuée dans les jardineries ou chez Carrefour ou Leclerc.

Comme l’usine du Plessier travaille en filière bio et en filière non OGM, tout le circuit de fabrication est rincé avant la production en bio. Des issues de céréales sont utilisées pour nettoyer le circuit et elles sont stockées avant d’être recyclées en son conventionnel. Les camions sont également nettoyés, d’autant plus qu’ils ne sont pas de l’entreprise. 5 à 6 tonnes sont ainsi utilisées par mois pour le rinçage du circuit.

 

Des contrôles permanents

Car toutes les étapes de la fabrication sont suivies à la loupe, ou plutôt au code barre. La traçabilité doit être totale. Des analyses sont faites pour chaque camion de matières premières qui entre et pour chaque camion d’aliments qui sort. Jean-Loup Stérin, directeur commercial, insiste sur cet aspect: «Novial adhère bien entendu au guide des bonnes pratiques des fabricants d’aliments du bétail. Nous faisons partie du réseau Oqualim bio qui permet une mutualisation des plans de contrôle des aliments et des matières premières. Dès qu’un fabricant détecte une anomalie sur une matière première, il prévient les membres du réseau.»

Des audits annuels sont réalisés sur tous les sites de production du groupe Novial. Au Plessier, il dure 1,5 jour. «L’auditeur a accès à tout. L’objectif est de sécuriser et d’améliorer nos procédés de fabrication. Nous devons même garder les sacs vides de matières premières» précise Pierre Koseda. «Chez Novial, nous réalisons 15.000 analyses par an, nous respectons 38 cahiers des charges pour nos différents aliments, ce qui correspond à entre 17 et 22 jours d’audit/an» annonce Jean-Louis Stérin.

«Les centres de conditionnement des oeufs sont en droit de nous demander les formules de nos aliments, tout comme nos clients. Carrefour, Auchan par exemple, mandatent des laboratoires pour venir contrôler nos aliments. »

Et ce n’est pas prêt de s’arrêter tant Novial, filière de Noriap, mise sur la production d’oeufs en tant que prescripteur de développement. Sa zone de chalandise, tout le Nord de la France au-dessus d’une ligne Caen-Reims, a un réel potentiel : production de céréales, surfaces disponibles pour le système alternatif (bio, label rouge et plein air), avec une forte densité de population et la présence d’industries agro-alimentaires et de centres de conditionnement d’oeufs avec des grandes marques nationales (Cocorette, Matines, etc.).

Novial aide d’ailleurs au financement les agriculteurs prêts à se lancer dans les systèmes alternatifs. «Avec la demande sociétale pour des oeufs de poules de plein air, ce sera la première fois qu’une filière agricole évolue, non pas à cause d’une réglementation, mais de par la volonté des consommateurs», conclut Jean-Louis Stérin.

Novial, leader régional des fabricants d’aliments

Novial est une filiale du pôle «Elevages et Nutrition animal» de la coopérative agricole Noriap.

La société possède six usines sur les départements du Nord, de l’Aisne, de la Somme, de l’Oise, et de la Seine Maritime: Bures-en-Bray (76), Le Plessier-sur-Saint-Just et Rousseloy (60), La Capelle (02), Albert (80), Noyelles-sur-Escaut (59).

200 salariés, 320.000 t fabriquées en 2015-2016, 102 millions de chiffres d’affaires.

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