L'Oise Agricole 07 mai 2015 à 08h00 | Par L'Oise Agricole

Les Mousquetaires pris les doigts dans le pot de confiture

Editorial de Xavier Beulin, président de la FNSEA.

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- © Bernard Leduc

Traquer impitoyablement les pratiques abusives de la grande distribution, sanctionner tout écart et surtout le faire savoir médiatiquement ; voilà le combat que mènent depuis de nombreuses années la FNSEA et son réseau.

Depuis l’été dernier et les négociations commerciales calamiteuses de 2014, les ministres qui se sont succédés à Bercy l’avaient promis : Arnaud Montebourg avait annoncé une «colère jupitérienne» et Emmanuel Macron sa détermination, dans un autre style !

Des descentes ont eu lieu dans la plupart des centrales d’achat des distributeurs où la DGCCRF a récupéré de nombreux documents liés à ces négociations tarifaires annuelles.

Après de longs mois d’enquêtes, deux assignations viennent d’être adressées à Intermarché qui aurait demandé par écrit une garantie de marge équivalente à 3,5 % du chiffre d’affaires réalisé avec chaque fournisseur.

Cette clause illégale offre l’assurance au distributeur d’engranger le même niveau de bénéfice, même s’il baisse ses prix pour s’aligner sur l’offensive tarifaire de ses concurrents. Et dans ce cas, le fournisseur s’acquitte rétroactivement de «sa contribution» !

Cette pratique est au cœur de la guerre des prix que se livrent les enseignes et de la spirale déflationniste qui met la corde au cou des agriculteurs. C’est ce qu’a démontré le rapport de l’Observatoire des prix et des marges : pour la première fois, les prix baissent tout au long de la chaîne et ne couvrent plus les coûts de production des agriculteurs. Les Mousquetaires se font prendre les doigts dans le pot de confiture. C’est un premier résultat que nous espérons dissuasif. Mais les autres ? Plus malins surement, mieux conseillés peut-être, toujours impunis…

Autant de raisons pour continuer la pression, d’autant que les négociations 2015 avec des centrales encore plus concentrées se sont traduites par de nouvelles baisses de tarifs.

Alors, monsieur le Ministre, persévérez : les gendarmes et les radars sont déployés pour faire respecter le Code de la route et les limitations de vitesse. Nous attendons la même intransigeance en matière de relations commerciales. Il faut assainir avant de construire une relation plus collaborative.

 

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