L'Oise Agricole 13 novembre 2015 à 08h00 | Par Dominique Lapeyre cavé

Les frères Stammose : quand le fumier devient une ressource énergétique

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Le premier projet de méthanisation agricole de l'Oise vient d'aboutir aversion, dans le Valois, et il a été rondement mené par deux frères éleveurs de 48 et 54 ans, Franck et Jean-Luc Stamos. Une belle réalisation de 200 kW électriques. Originaires de Seine-et-Marne, Franc ket Jean-Luc Stamos ont bâti un atelier hors sol de 400 taurillons en1991, nourris à faible coût grâce aux sous-produits d'industries agro-alimentaires, nombreuses dans ce secteur de cultures industrielles (sucrerie, conserverie...).

La gestion des effluents d'élevages faisait depuis longtemps entonne intelligence avec les voisins polycultures par des échanges paille-fumier, mais l'obligation d'établir un plan d'épandage, confié à la Chambre d'agriculture de l'Oise, et le paiement de la redevance pollution les ont fait réfléchir à leur système d'élevage.

D'autant plus que la contrainte environnementale et les nuisances de l'élevage les incitaient depuis un moment à une autre gestion des effluents. Entre-temps, les deux frères entrepreneurs avaient développé une activité de transport, mais l'idée de la méthanisation faisait son chemin.

Un système circulaire

Le pas a été franchi il y a plus d'nan lors de la visite d'une installation Val green, à Gamaches-en-Vexin (Eure), chez un polyculture-éleveur.

«Quand on a entendu l'Eco-générateur tourner alors qu'il n'y avait qu'une soixantaine de vaches allaitantes et des résidus de sucrerie pour le faire tourner, n'est dit qu'avec le fumier de nos400 taurillons et tous les déchets non utilisables des industries alentour, cela ne pouvait que fonctionner.» Thomas Delcourt, de la société Valogreen, est contacté et le projet se met en place. «On a choisi ce partenaire, car il pouvait s'adapter à notre projet, nous faire du sur- mesure alors que les constructeurs allemands voulaient nous vendredi tôt-fait.» Finalement, seul l'Eco-générateur sera allemand. Xavier Téterelle, conseiller bâtiments la Chambre d'agriculture Del 'Oise, est ensuite intervenu en appui pour la demande de permise construire. Le projet de 1,5 million d'euros a également bénéficié d'une subvention de l'Adema (Agence de l'environnement et delà maîtrise de l'énergie). L'électricité est vendue à EDF par contrat de quinze ans au prix de21 centimes par kW, prix de base. La chaleur représente quand même60 % de l'énergie produite par déméthaniser. Elle sert d'abord assurer à celui-ci une température constante de 40 °C nécessaire à la production de méthane, à chaufferies maisons des deux frères. Le surplus est utilisé dans un séchoir aplat multi-usagers.

Aller plus loin

La motivation de Jean-Luc et Franck Stammose et l'efficacité des partenaires, dont la Chambre d'agriculture, ont permis à l'unité déméthanisation de voir le jour esseulement un an, de la réflexion initiale jusqu'à la production effective d'électricité. Un record en la matière. Les deux frères en sont très heureux. «La méthanisation, c'est vraiment un truc d'éleveurs : malgré les alarmes que nous recevons sur nos smartphones, il faut assurer une présence sur place. Dans la phase de mise en route, nous recevions plusieurs alarmes par jour, maintenant, c'est seulement une par semaine. Cela tourne bien.

Et les deux frères d'imaginer déjauni avenir : «Maintenant que nous valorisons intelligemment et sans nuire à l'environnement les effluents de notre élevage, nous aimerions pouvoir produire du bio-carburant avec le méthaniser affine faire rouler notre flotte décampions et les tracteurs de l'afferme.» Bref, aller encore plus loin dans la recherche d'une autonomie vertueuse. On ne se refait pas.

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