L'Oise Agricole 06 octobre 2017 à 10h00 | Par Actuagri

Les fermes des 1 000 vaches pourraient devenir la norme

Des quatre scenarii présentés, dans une étude intitulée «Prospective filière, lait de vache», il ressort dans chacun d’eux une organisation duale des systèmes de production.

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La «ferme des 1 000 vaches», à proximité des entreprises de collecte, avec achat d’aliments, est en train de devenir la norme.
La «ferme des 1 000 vaches», à proximité des entreprises de collecte, avec achat d’aliments, est en train de devenir la norme. - © Agence de presse

L’étude publiée très discrètement par FranceAgriMer en août dernier se distingue par son approche pluridisciplinaire, à la fois géo-politique, climatique, sociétale et macroéconomique. Ce document de 340 pages, réalisé par une quarantaine de contributeurs, est intitulé «Prospective filière, lait de vache». Dans les quatre scenarii décrits, la Pac n’a pas de rôle déterminant, mais deux modèles de production, familial et de type «1 000 vaches», coexistent dans des proportions variables.

Parmi les quatre scenarii présentés, le plus en phase avec l’organisation de la filière française actuelle et les aspirations de ses producteurs est celui intitulé «Une filière laitière conquérante et régulée», car il préserve la diversité de la production laitière. Le contexte dans lequel s’inscrit ce scénario est le suivant : «les IAA laitières françaises profitent du développement des filières dans des pays jusqu’alors importateurs en s’y implantant. En France, elles intègrent la distribution jusqu’au consommateur, très intéressé par les produits laitiers. Leur rapport de force avec les producteurs de mieux en mieux organisés est régulé par l’interprofession qui maîtrise la volatilité des prix du lait.» A l’international, la concurrence est vive, mais l’augmentation de la production mondiale de lait profite à tous. En France, deux systèmes de production existent : des grandes exploitations laitières spécialisées, dont la production de lait est destinée à la transformation industrielle, et des exploitations familiales orientées vers des productions de niches (labellisées, circuits courts). Les rapports avec les distributeurs sont plus équilibrés.

Quatre scenarii

Des quatre scenarii présentés par FranceAgriMer, le plus pessimiste est celui intitulé «Le défi de la régression». Le contexte est tout à fait différent du précédent. La France et l’Union européenne croulent sous les excédents de produits laitiers. Un discours anti-lait et anti élevage conduit à une réduction de la demande intérieure. Aussi, les organisations européennes de producteurs organisent la réduction de la production, tout en la rendant plus riche en valeur ajoutée. Dans ce scénario, les consommateurs sont guidés dans leur choix par un étiquetage environnemental qui s’est généralisé.

Dans ce contexte, la course à la spécialisation laitière s’arrête avec retour à une relative autonomie des systèmes fourragers. La robotisation marque un coup d’arrêt. Dans le troisième scénario intitulé «La spirale concurrentielle», la situation est différente. Le changement climatique concentre la production laitière dans les pays tempérés et favorise en particulier la France. Le moteur du développement de la production mondiale de lait est la progression de la demande laitière dans les pays émergents.

Mais, au niveau européen, les industriels sont en surcapacité, car le marché est saturé et en berne. La forte capitalisation des fermes laitières (robotisation) et les apports de capitaux extérieurs à la sphère familiale, s’accompagnent d’un accroissement de la productivité du travail : la «ferme des 1 000 vaches», à proximité des entreprises de collecte, avec achat d’aliments, est la norme. Les marchés de niche demeurant limités, le rythme de diminution du nombre d’exploitations laitières en France s’accélère. Le scénario «Lait High tech et démondialisation» se traduit en France par une politique volontariste d’occupation du territoire, qui maintient a minima un tissu productif local d’exploitations familiales agro-écologiquement intensives pour l’approvisionnement des marchés de proximité alors que des investissements extérieurs à la filière ont levé les freins financiers au développement de grandes exploitations robotisées dont la production laitière est destinée à l’industrie.

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