L'Oise Agricole 15 février 2018 à 09h00 | Par Dorian Alinaghi

Les élèves au pays de la bande dessinée

Le lycée agricole d’Airion s’est lancé dans un concours de bande dessinée ayant pour thème «La journée d’un(e) agriculteur(trice) dans un monde post-révolution numérique».

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De gauche à droite : Stéphanie Debriester, Angélique Gance, Benjamin Régnier, Maxime Deschamps et Étienne Blanchard.
De gauche à droite : Stéphanie Debriester, Angélique Gance, Benjamin Régnier, Maxime Deschamps et Étienne Blanchard. - © Dorian Alinaghi

Depuis des années, la révolution numérique bouleverse les mœurs et les codes du monde professionnel et l’agriculteur n’y échappe pas. Comment l’agriculture peut-il s’en sortir ?

Le GIS (Groupement d’intérêt scientifique) Relance agronomique et la DGER (Direction générale de l’enseignement et de la recherche) ont décidé d’en référer à l’imagination des élèves et des étudiants pour construire des récits et images d’un tel monde. Ils ouvrent un concours de bande dessinée sur le thème «La journée d’un(e) agriculteur(trice) dans un monde post-révolution numérique». Sur la base d’un début d’histoire qui leur est proposé, les étudiants sont invités à imaginer la suite par le dessin et le texte.

Seize élèves du lycée agricole d’Airion, accompagnés de trois professeurs et trois techniciens, se sont lancés dans le 9e art. «J’ai remarqué que ce concours était ouvert aux établissements du ministère de l’Agriculture. Du coup, je me suis dit que c’était une différente manière d’apprentissage pour mes élèves. Il s’agit d’allier le côté artistique et littéraire, de découvrir le monde de la bande dessiné en liant avec leur filière professionnelle. Ainsi, ils ont pu voir l’importance du dessin par rapport à l’écrit. La bande dessinée est revenue à la mode, certains romans sont retranscrits en bande dessinée comme Zola ou bien Victor Hugo» assure Angélique Gance, professeur littéraire au lycée agricole d’Airion. La bande dessinée devra comporter 2 ou 4 planches, sur papier à dessin. Toutes les techniques sont autorisées : crayon, crayon à bille, plume, feutre, encre de couleur, gouache, aquarelle, collage ou dessin assisté par ordinateur.

Les planches seront accompagnées d’un court texte de présentation de la démarche, des idées clés qui ont guidé le projet. Ici, les hologrammes sont au cœur de l’histoire.

Une bande sachant dessiner

Regroupés en plusieurs ateliers, les élèves ont appris en long, en large et en travers tout l’univers de la bande dessinée, que ce soit dans les idées, l’écriture, mais aussi les dessins. «Ce qui est intéressant ici, c’est que les élèves ont eu une imagination débordante en gardant à l’esprit une agriculture durable et respectueuse de l’environnement. De plus, ils ont choisi de centrer l’histoire sur une agricultrice, alors que cette profession est majoritairement masculine. L’histoire tourne autour des hologrammes, mais je n’en dis pas plus» explique Stéphanie Debriester, professeure documentaliste.

Résultat des courses, la bande dessinée de cet établissement est donc dans le classement des 10 lauréats. Le lycée est donc récompensé par l’édition de cette BD dans un album dédié qui sera disponible à l’établissement lors des portes ouvertes du 17 mars.

Ce concours a permis de façonner une nouvelle manière de travailler pour les élèves, ce qui les réconcilie avec l’éducation, mais aussi de revaloriser le bac professionnel. Les 10 meilleures équipes seront invitées, le 28 février, durant le Salon de l’agriculture, à présenter leur projet devant le jury et un «prix spécial du jury» sera attribué qui tiendra compte du pitch et de la BD.

Benjamin Régnier, Étienne Blanchard et Maxime Deschamps, des élèves participant à l’élaboration de la bande dessinée, sont unanimes : «nous sommes fiers». Ils ajoutent par la suite : «cela nous a soudés. On a appris à travailler d’une différente manière, que ce soit sur l’écriture, le dessin, mais aussi à l’oral pour le passage à l’oral devant le jury. Mais aussi, cela nous donne une vision positive de l’agriculture. La technologie va nous permettre d’avancer et on aura des solution». Avec cette initiative pédagogique et positive qui valorise toutes les personnes impliquées ainsi que l’établissement, le lycée agricole d’Airion a l’intention de participer à d’autres concours.

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