L'Oise Agricole 05 novembre 2015 à 08h00 | Par Guillaume Ratureau

Les économies d'énergie : c'est bon pour le climat... et les marges !

Le changementclimatique est un enjeumajeur pourl'agriculture etinversement ! Souvent critiquée pourses émissions de Gaz à Effet de Serre (GES) et ses impacts environnementaux, on oublie un peu trop rapidement que l'agriculture apporte aussi une partie de la solution pour lutter contre le réchauffement climatique.

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- © L'aisne agricole

En effet, l'agriculture peut en même temps réduire ses consommations d'énergie (émissions de GES encaisse de 10 % depuis 1990), participer au stockage de carbone et produire des énergies renouvelables. Le secteur agricole n'a pas attendu la COP 21 pour s'y mettre ! En précisant aussi que l'agriculture picarde ne consomme que 3 % de l'énergie finale de la Région.

 

Quelles énergies ?

Le bilan énergétique des exploitations picardes, toutes productions confondues, se répartit entre les énergies indirectes (2/3) et les énergies directes (1/3).L'énergie indirecte est celle consommée pour la production, la fabrication et le transport des intrants nécessaires à l'activité agricole et des matériaux nécessaires à la construction des matériels et des bâtiments de l'exploitation. L'énergie indirecte concerne majoritairement les engrais minéraux pour les exploitations de grandes cultures elles aliments achetés pour les exploitations d'élevage. Selon les systèmes de production, les écarts de consommations entre exploitations semblables peuvent être de 50 %entre les plus économes et les plus énergivores, laissant envisager d'importants leviers d'amélioration. L'énergie directe correspond à la consommation sur l'exploitation des produits pétroliers (fioul, carburantes gaz), de l'électricité et éventuellement des combustibles de chauffage pour un usage agricole.

 

L'énergie la moins chère est celle qu'on consomme pas

En Picardie, les produits pétroliers représentent près de 85 % des consommations d'énergie directe (15 % pour l'électricité) dont l'essentiel (plus de 70 %) comme car

burant pour les tracteurs et les engins automoteurs. La part des énergies renouvelables (bois principalement) est marginale (moins de 1 %). Selon les productions, le poids de l'énergie directe peut représenter jusqu'à 30 % décharges variables.

 

Carburant

La consommation en carburant détracteurs et des engins agricoles est très variable selon les productions elles techniques culturales. Elle représente en moyenne 50 litres/ha daigné en prairies, 100 litres/ha engrangent cultures et 150 litres/ha incultures industrielles. De nombreux facteurs influent sur la consommation de carburant, comme l'entretien du matériel, le dimensionnement et le réglage des outils, le typée conduite, le nombre de passages, la profondeur de travail, la répartition des masses, la pression des pneumatiques, la qualité du GNR, l'itinéraire technique, la structure du parcellaire, le type de sol... En élevage, les consommations de carburant sont majoritairement liées à l'utilisation des tracteurs en bâtiment et aux pratiques retenues pour la distribution de l'alimentation, le paillage, le raclage, le curage et le transfert des déjections. L'optimisation se joue aussi sur l'organisation du travail (chantiers communs) et sur le partage du matériel (copropriété, entraide, CUMA). Les Chambres d'agriculture de Picardie proposent un service de banc d'essai moteur (BEM) pour les tracteurs. Le BEM mesure précisément le couple à la prise de force, la puissance réelle, la consommation spécifique et horaire, le régime du moteur et la réserve de couple avec pour objectif de trouver le meilleur compromis entre la puissance et la consommation. Depuis sa mise en oeuvre, il apparait qu'un tracteur diagnostiqué sur deux présente un défaut de performance ou un dysfonctionnement (plus de 500 diagnostics réalisés). En ajoutant une formation à l'éco-conduite, il est possible de réaliser jusqu'à 20 %d'économies sur le GNR.

 

Electricité

L'électricité concerne surtout les exploitations laitières, les ateliers hors sol et les exploitations dégradés cultures avec des usages spécifiques (stockage ventilé ou réfrigéré et irrigation).En élevage laitier, principale activité agricole consommatrice d'électri

Cité en Picardie, le bloc traite représente 85 % des consommations. Celles-ci sont liées aux différents équipements comme le tank à lait (43 % des consommations d'après l'institut de l'Elevage), le chauffe-eau (27 %), la pompe à vide (15 %) et les autres postes (15 %). Lacon sommation électrique moyennée l'ensemble de ces postes représente 420 kWh/VL/an ou 60kWh/1000 litres de lait produit avec de fortes disparités selon le type d'équipement, la conception Duboc traite et de la laiterie, le temps de traite, la production d'eau chaude et les pratiques en bâtiment. La possibilité d'utiliser du matériel électrique en remplacement de pratiques mécanisées, pour le raclage par exemple, est intéressante enfermes de temps de travail, de mécanisation et de coût grâce à un rendement supérieur du moteur électrique (90 % contre 45 % pour un moteur thermique). Les pistes pour réduire la facture énergétique du bloc traite se concentrent sur le tank à lait et sur le chauffe-eau.

L'investissement dans un pré-refroidis-suer (15 EUR/1000 litres) pour abaisser la température avant son arrivée dans le tank peut permettre de réaliser jusqu'à 50 % sur les consommations électriques du tank. UN récupérateur de chaleur peut aussière installé pour récupérer les calories émises par le tank pour le refroidissement du lait et préchauffer l'eau de lavage. Le chauffe-eau interviendra uniquement en appoint avec des économies pouvant aller jusqu'à 80 %L'irrigation des grandes cultures et des légumes peut être, selon les années et les besoins, un poste important d'utilisation de l'électricité avec des consommations Del 'ordre de 0,4 kWh/m3 en système pivot et 0,55 kWh/m3 avec un équipement de type enrouleur. Les marges de manoeuvre résident sur le rendement et la régulation des groupes de pompage et la consignée pression. En bâtiment, 40 % de l'énergie est dépensée dans le premier mois pourvu stockage de pommes de terre d'une durée de six mois. Le refroidissement des tubercules peut être amélioré en privilégiant des arrachages matinaux, l'utilisation de l'air extérieur et en réglant au plus juste les consignes de températures. Laquait de l'isolation du bâtiment est également primordiale pour limiter les déperditions de froid. Poules bâtiments les plus anciens, un diagnostic thermique, proposé également par les Chambres d'agriculture de Picardie, permet de visualiser les défauts et les irrégularités de l'isolation.Avec 10 à 25 % des charges de production, l'énergie est un facteur de compétitivité à maîtriser et à optimiser dans un contexte de volatilité, de renchérissement et de raréfaction des ressources. Le diagnostic énergétique s'impose alors pour évaluer ses consommations, se comparer par rapport à des références et identifier des leviers d'actions.

 

Exemple de projet

Une exploitation d'élevage en système naisseur et engraisseur déports consomme près de 12 tonnes de propane par an (872 EUR/tonne en2014) pour le chauffage des bâtiments en post-sevrage. Un diagnostic énergétique avec la Chambre d'agriculture est venu conforter le choix des éleveurs d'investir dans une chaudière à biomasse pour réduire la facture énergétique de l'élevage et améliorer sa compétitivité. L'approvisionnement en copeaux de bois sera réalisé localement et la chaudière au propane sera conservée par sécurité. La chaudière à biomasse permettra d'économiser 6500 EUR sur les achats de combustibles (sur la base du prix du propane en 2014) en substituant elbois au propane (+25 % de haussée 5 ans et plus de 100 % e 10 ans)et d'éviter les émissions de plus de40 tonnes de CO2 par an avec un retour sur investissement d'environ6 ans (hors subventions éventuelles dans le cadre du plan de compétitivité et d'adaptation des exploitations). Pour toutes les exploitations, quelque soient les productions et le niveau d'intensification, des marges de progrès existent pour une meilleure sobriété énergétique. Entre 2009 et 2014, plus de 350plans de performance énergétique ont été déposés en Picardie et Agreste estime que plus d'un tiers des exploitations agricoles picarde sont déjà ou vont investir dans une action de limitation de la consommation d'énergie.

 

Maîtriser l'énergie en agriculture répond à un double objectif économique et environnemental

Faire des économies d'énergie, directe et indirecte, permet de réduire les coûts de production toute gardant une productivité et une rentabilité satisfaisantes. Le GNR ou l'électricité sont des postes décharges parmi d'autres à optimiser. En effet, la part des dépenses des engrais est supérieure à celle De l 'énergie directe dans les coûts de production !

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