L'Oise Agricole 23 juin 2017 à 13h00 | Par Agence de presse

Les coopératives laitières s’engagent… sous conditions

Après Lactalis, l’été dernier, les coopératives sont à leur tour dans le viseur des producteurs laitiers.

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- © Christophe Reibel

L’objectif est le même, obtenir une hausse du prix du lait, tout comme le mode d’action. La réaction des coopératives sera plus rapide que celle de Lactalis. «Les coopératives laitières s’engagent à rétrocéder intégralement aux producteurs les hausses de tarifs qui seront concédées par leurs clients, les distributeurs (MDD, 1er prix et hard-discount) et la restauration hors domicile (RHD)», annonce la Fédération nationale des coopératives laitière (FNCL)... «A condition que celles-ci soient effectives dès le 1er juillet sur l’ensemble des ca-tégories de produits laitiers.»

En parallèle, la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) a annoncé la levée des barrages qui se tenaient devant plusieurs coopératives, notamment dans l’Ouest, depuis deux jours.

340 €/1 000 l réclamés et obtenus

Cette fois, les coopératives étaient visées par les éleveurs laitiers. L’an passé, à un mois près, c’était Lactalis qui était au centre des mani-festations, toujours pour la même raison : une hausse de la paye de lait. A l’origine des actions de cette semaine, un mot d’ordre de la Fédération nationale des produc-teurs de lait (FNPL), lancée… deux jours avant l’assemblée générale de Sodiaal ! Depuis plusieurs mois, la paye de lait n’évoluait pas ou peu. En janvier, février, mars, le prix du lait avoisinait les 310 €/1 000 l à quelques euros près, en fonction des laiteries. En avril, mai, juin, il tourne plutôt autour de 305 €/1 000 l, selon Florian Salmon, président des Jeunes agriculteurs 35.

Or, au niveau des cours mondiaux, la situation semble s’améliorer légèrement, après deux ans de crise. Le cours mondial du beurre est passé de 1 800 euros la tonne, il y a deux ans, à 5 400 euros ; il avait déjà flambé dès la fin 2016 et qui, aujourd’hui inquiète également les boulangers et biscuitiers. «La pénurie de beurre apparaît comme une vraie menace pour la fin de l’année et entraîne un vent de panique sur les marchés», confirmait Matthieu Labbé, délégué général de la Fédération des entreprises de boulangerie. Dans ce contexte de manque, pourquoi le prix du lait n’augmente pas auprès des producteurs ? Réponse de la Fédération nationale des coopératives (FNCL) : la hausse des cours sur le marché mondial ne pourra se répercuter aux producteurs que «si les distributeurs jouent également le jeu dans les négocia-tions en cours sur les MDD, en acceptant les hausses demandées par les transformateurs, restées à ce jour sans réponse». Les coopé-ratives renvoient donc la balle à la distribution. Or, Thierry Roquefeuil, président de la FNPL, avait justement rendez-vous avec Serge Papin, p.d.g. de Système U, dans un magasin parisien U Express, pour montrer que «le partage de valeur» est possible.

Système U, plus blanc que blanc ?

Serge Papin expose un contrat basé sur un tarif de 355 €/1 000 l payé aux producteurs. «La loi Sapin 2 permet, au moment des négociations, de garantir un prix minimum», souligne-t-il. Et, justement, la FNPL demande à cor et à cri l’application de cette loi qui permet de prendre en compte les coûts de production des producteurs dans l’établissement des prix entre industriels et distributeurs, induisant plus de transparence. Pour Serge Papin, il s’agit aussi de modifier la Loi de modernisation de l’économie (LME), dénonçant une «loi du plus fort». Enfin, les industriels privés suivront-ils les coopératives ? «Oui», répond André Bonnard, secrétaire général de la FNPL, «car nous les avons à l’oeil !». De leur côté, les Jeunes agriculteurs s’interrogeaient : «Faudra-t-il chaque trimestre mener des actions de barrage contre les collecteurs de lait pour que les producteurs obtiennent un prix d’achat décent ?».

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