L'Oise Agricole 03 décembre 2015 à 08h00 | Par Florence Guilhem

Les candidats aux régionales sur la sellette

Le 26 novembre, huit partis sur neuf ont répondu à l’invitation des FRSEA et JA Nord-Pas-de-Calais et Picardie pour présenter leur programme sur l’agriculture. Retour sur leurs propositions par leur ordre de passage lors du débat.

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- © Sylvie Becmont

Jean-Philippe Tanguy, tête de liste de Debout la France (DLF)

Selon lui, trois objectifs sont à atteindre : des prix justes, le renforcement des filières, et l’équité et l’identité de la nouvelle grande région «si mal préparée». Sur la question des prix, «des plans d’urgence doivent être pris sans attendre, et un bras de fer doit être engagé avec la grande distribution sur le prix du lait». Autres leviers pour soutenir les prix : l’approvisionnement exclusif des institutions en produits locaux et la mise enlace d’un chèque terroir de 10 €pour rendre accessible les circuits courts aux habitants. Des mesures, est-il persuadé, qui permettront «de remettre de l’argent dans les filières». Justement, sur la question des filières, pour réussir la transition énergétique, l’industrialisation des filières doit être une priorité. Petit hic, la Région a peu de moyens. Aussi pour attirer les financements le candidat propose-t-il de réorienter les Plans d’épargne populaire vers l’industrie, avec un taux entre1 et 2 %. Et parce que la politique ne serait pas la politique sans tacle, il profitait du sujet pour enfoncer le canal Seine-Nord Europe, une infrastructure qui n’est «pas une opportunité comme on veut nous faire croire, mais plutôt une menace. Il ne s’agit pas de suspendre le canal, mais de repenser son orientation vers Dunkerque».

Mickaël Poillion, Parti socialiste (PS)

L’agriculteur de l’étape proposait, lui, trois axes de travail : l’emploi durable par la mise en place d’éco-filières alimentaires et non-aliment-tiares, la transition écologique pour relever le défi climatique et préserver les ressources naturelles, elle lien social par la reconnaissance du rôle des agriculteurs et les liens des habitants avec eux. «Nous allons orienter les aides publiques, disait-il, pour apporter de nouvelles idées, entre autres, l’instauration de contrats de filières alimentaires et non-alimentaires, la diversité des productions et des emplois, ou encore l’organisation de conseils locaux de l’alimentation.» Au cœur du programme : oser l’agriculture durable.

 

Sébastien Véron, Nous citoyens

Pour ce parti, les fonds Feader doivent être investis dans de «véritables projets agricoles et des achats de matériels». Si, comme tous les autres partis, la valorisation des circuits courts doit se faire, «cela ne peut pas faire toute la politique agricole». Et de mettre le doigt sur les problèmes posés par les normes européennes, comme françaises. Mais le point névralgique, selon Sébastien Veron, est la «questionnes charges. Nous citoyens, nous sommes le seul parti à évoquer le problème des charges, lié à la dépense publique. Le poids décharges qui pèse sur nous est inacceptable. Il faut réaliser une meilleure dépense publique et réenclencher des cercles vertueux».

 

Eric Pecqueur, liste Lutte ouvrière (LO)

Profitant d’être dans «l’antre» du Crédit agricole, le candidat tirait une charge nourrie sur l’institution pour dire que celle-ci tirait ses bénéfices du travail des exploitants et salariés agricoles. Une fois cela dit, et considérant que la colère des agriculteurs contre les grandes surfaces, les abattoirs, les transformateurs, les industriels et le gouvernement était justifiée, il appelait le monde agricole à se joindre à tous les travailleurs. «Ce seront vos meilleurs alliés. Ensemble, vous pourrez imposer des prix, mais quand la mobilisation des agriculteurs se résume une baisse des charges, elle Neva pas dans l’intérêt des salariés agricoles, ni des petits exploitants. Aussi pour offrir une alternative progressiste, il faut contester la domination capitaliste», disait Éric Pecqueur. Comme toujours, LO ne change pas de leitmotiv : ouvriers du monde entier, unissez-vous.

Xavier Bertrand, tête de liste Les Républicains (LR)

«Je vais vous dire ce que je ne ferai pas et ce que je ne ferai plus», disait d’emblée le candidat. Sur le sujet décanal Seine-Nord Europe, «je le ferai». Quant au «tout bio, c’est non. Aiderez bio, d’accord, mais aussi le reste». Au sujet des Schémas régionaux décohérence écologique : «Le SRCE du Nord-Pas-de-Calais, je le dégagerai. Quant à celui de Picardie, il n’est pas question qu’il voit le jour. Sachant la perception générale des politiques, Xavier Bertrand a décidée jouer la carte de «l’humilité». «Jasais que vous n’avez pas confiance dans les politiques. C’est pour cela que j’ai décidé que ce seront les agriculteurs qui piloteront la politique agricole de la Région. Une fois les grandes déclarations faites, le candidat promettait en début d’année prochaine de définir un plan d’urgence pour les éleveurs, comme du financement pour la modernisation des exploitations et les coûts d’installation. Sa politique ? Diminuer autant que faire se peut les couts de revient, car «il n’existe aucun levier sur le prix des produits». Et de distinguer ce qui relève de la compétence de la Région et de son influence. Sur l’élevage, il veut «sortir des sentiers battus, en mettant de l’argent dans les abattoirs. Si on les laisse fermer les uns après les autres, les éleveurs ne tiendront pas». Autre secteur où il faut mettre Del ‘argent : la formation, l’apprentissage et l’enseignement supérieur.

 

Sandrine Rousseau, tête de liste Europe Ecologie - Les Verts, Parti de gauche, Front de gauche, Nouvelle gauche et Nouvelle gauche socialiste

Après avoir énoncé son malaise face au silence sur le mal-être des agriculteurs, la crise qu’ils traversent, les taux de suicide dans la profession, Sandrine Rousseau reprenait son cheval de bataille en déclarant que «le système agricole est à la croisée des chemins :soit on va vers l’intensification des cultures, en rendant l’agriculture encore plus fragile par rapport à a concurrence, la volatilité des prix, etc., soit on va vers une agriculture plus respectueuse des hommes et de l’environnement. C’est ce que je propose que l’on fasse ensemble et pour sauver l’agriculture avec vous». Pour ce faire, elle souhaite jouer la carte de l’agro-industrie de proximité, des circuits courts, et du développement de l’agriculture bio afin qu’elle ne dépendre pas des cours mondiaux.

 

Paul-Henri Hansel-Catta, Front national (FN)

Le candidat frontiste prenait le contre-pied de l’orateur précédent en déclinant sa liste de propositions. Etaient annoncés pêle-mêle le soutien des savoir-faire locaux, l’approvisionnement local dans la restauration hors foyer, l’accompagnement des démarré -chefs de certification et de labellisation des productions locales, le soutien à l’agriculture raisonnée, comme l’aide à la recherchée à l’innovation. «Tous ces efforts s’appuieront, précisait-il, sur le second pilier et les fonds Feader. Mais, attention, ces aides ne seront pas uniquement destinées aux exploitations, elles doivent aller aussi au monde rural.» Quant aux dispositifs concernant l’écologie, cinq principes d’actionneront mis en œuvre, mais toutes les aides seront étudiées à la loupe. Et d’enfoncer le clou sur les Schémas régionaux de cohérence écologique (SRCE). «Horde question qu’ils soient écrits sans concertation des propriétaires de leurs ayant-droits, des familles et des chasseurs.»

 

Charles Beauchamps, Parti communiste français

La crise ? C’est la faute à «la compétitivité, qui est la règle entre les pays, les territoires et les hommes, et qui signe l’arrêt de mort de l’agriculture». Aussi est-il indispensable de «repenser le système», en défendant «une agriculture durable à taille humaine». Les cinq priorités du PCF pour l’agriculture sont le soutien aux installations agricoles, la garantie d’un prix taux zéro pour les primo-installa-tirons, l’encadrement de la production, le renforcement de la plate-forme régionale d’achat et des aides pour l’agriculture durable, avec un soutien aux Amap et aux circuits de proximité.

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