L'Oise Agricole 08 juillet 2016 à 08h00 | Par Gaëtane Trichet

Légumes de conserve: risque d’une année déficitaire

Les années se suivent et ne se ressemblent pas. Quoique… À conditions climatiques différentes, rendements probablement identiques. Autrement dit, en baisse.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Éric Legras, président de l’OPL Vert, et Thierry Ponthieu, de Bonduelle.
Éric Legras, président de l’OPL Vert, et Thierry Ponthieu, de Bonduelle. - © Gaëtane Trichet

Les responsables de l’OPL Vert (organisation de producteurs de légumes verts) s’inquiètent en effet de l’état des cultures des légumes de plein champ destinés à la conserverie et à la surgélation. Les cultures de légumes d’industrie sont toutes réalisées en plein champ, en grande majorité au printemps, dont les conditions météorologiques ont été particulièrement défavorables.

En 2015, le temps sec et les fortes chaleurs ont joué sur les rendements, obligeant de nombreux producteurs à irriguer. Malgré tout, les résultats ont été mitigés selon les productions.

Ce n’était pas une bonne année pour les pois fins, ni les garden peas (NDLR : gros pois). Les fèves non plus n’ont pas permis d’atteindre les objectifs fixés avec l’industriel.

Les haricots verts, malgré les difficultés de levée, s’en sont pas mal sortis avec 96 % du rendement de référence. Tout comme les flageolets qui ont atteint 96 % de l’objectif.

Sur un peu plus de 300 ha semés en épinards, 53 ont subi de gros dégâts de grêle et ont été abandonnés en totalité. 17 autres ont subi des attaques de syrphes et de mildiou. Malgré tout, le rendement a atteint 18 tonnes en équivalent branche.

La production de jeunes carottes a été satisfaisante, excellente pour les Nantaises avec + 27 % par rapport au rendement de référence et médiocre pour les grosses carottes. On note une très bonne productivité pour les salsifis.

Le président de l’OPL Vert, Éric Legras, a rappelé aux adhérents que le service technique de Bonduelle cherchait des solutions alternatives face aux carences laissées par les directives européennes et le Grenelle de l’environnement. «Nous devons veiller à maintenir notre compétitivité malgré une réglementation pointilleuse. Notre grand défi, c’est toujours d’éviter les distorsions de concurrence avec les pays voisins qui ont une application très pragmatique de la réglementation».

Des inquiétudes pour 2016

Pour 2016, alors que les plannings de semis sont toujours minutieusement préparés pour garantir l’approvisionnement régulier des usines, les pluies du début du printemps ont tout désorganisé, en particulier sur les pois : des périodes sans semis en raison de terres trop humides, des périodes où les semis ont été concentrés pour arriver à tenir les programmes et les derniers semis réalisés très tardivement, décalant du même coup les semis de haricots qui doivent suivre.

Le froid et l’humidité persistante se sont ajoutés à ces difficultés, avec des cultures qui ont végété, favorisant les attaques de nuisibles et le développement de maladies. Les rendements seront forcément impactés, estime l’organisation.

Les intempéries de fin mai-début juin ont particulièrement aggravé la situation : des pois en fleurs ou à peine semés matraqués par les pluies, des récoltes d’épinards interrompues, des légumes sous l’eau, et des plannings de semis de haricots très retardés (jusqu’à 3 semaines de retard).

Avec ces retards, les usines ont déjà perdu des jours de fabrications qui seront impossibles à compenser. «La campagne 2016 s’annonce donc à nouveau déficitaire alors que les surfaces sont équivalentes à celles de l’an passé» a précisé Éric Legras.

En 2015, les surfaces avaient été réduites volontairement par les producteurs de légumes verts. En 2016, elles seront identiques à l’an passé.

Des hausses de prix obtenues

C’est ce qui est ressorti de l’assemblée générale de l’OPL Vert qui s’est tenue à Holnon en juin dernier. En faisant un point sur l’année précédente, le président, Éric Legras, s’est toutefois félicité d’un acquis obtenu vis-à-vis de l’industriel. «L’organisation de producteurs OPL Vert regroupe des producteurs de 10 départements du Nord de la France et livre principalement les usines Bonduelle en légumes transformés» a-t-il rappelé. «Nos surfaces de légumes ont baissé de 20 % en 2015 et sont stables en 2016 par rapport à l’année dernière.

Au niveau national, nous enregistrons une baisse de 15 % des surfaces de légumes transformés. En effet, le groupe Bonduelle n’a pas voulu suivre les baisses excessives demandées par la grande distribution en marque distributeur et a augmenté la proportion de la marque Bonduelle et Cassegrain dans sa production.

Pendant cet hiver, nous avons eu nos négociations annuelles et nous avons demandé à notre industriel d’accompagner l’évolution des charges de nos productions malgré les tensions sur les prix avec la grande distribution. Cette orientation vers des produits à la marque a pour conséquence un niveau encore plus fort de qualité pour les producteurs et donc des coûts supplémentaires.

Notre industriel a répondu en partie à nos attentes avec une hausse des prix de 20 € par hectare en pois de conserve, 150 € pour les carottes et 75 € pour les autres légumes» s’est réjoui le président qui a par ailleurs insisté auprès des adhérents sur le renvoi des fiches de parcelles.

 

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Oise Agricole se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 20 unes régionales aujourd'hui