L'Oise Agricole 27 octobre 2016 à 08h00 | Par L'Oise Agricole

Le syndicalisme doit s’inviter dans le numérique

Face à la croissance exponentielle du big data en agriculture, des questions se posent, notamment la protection de l’exploitant.

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- © Morguefile

Le numérique se développe à une vitesse fulgurante dans des domaines d’activités divers. L’agriculture ne déroge pas à cette tendance de fond, bien au contraire. Les quantités considérables de données générées par ces nouvelles technologies représentent une manne d’informations spectaculaire à traiter.

Se pose néanmoins de nombreuses interrogations. «Le syndicalisme agricole doit s’emparer du sujet», souligne Sylvain Gallot, membre de l’Institut technique de l’aviculture (Itavi) à l’occasion d’une conférence organisée par l’Acta. Celui-ci s’appuie sur l’exemple des Etats-Unis où une charte, a été créée en 2014, à l’initiative du syndicat American Farm Bureau Federation, dans le but d’établir un socle de conditions générales d’utilisation. Car le risque pour l’agriculteur, de se voir déposséder de ses données, existe.

Les instituts techniques agricoles (ITA) ont souhaité partager un livre blanc, incluant dix recommandations, à destination de tous les opérateurs. L’ouvrage a pour objectif d’ouvrir le débat, et vise à moyen terme la production d’une charte au niveau national voire européen.

Par contrat

«La relation entre le détenteur de la donnée et le collecteur s’oriente vers une voie contractuelle», explique Julie Colinet, responsable juridique au sein de l’Acta. Cette voie est privilégiée car le droit ne répond que trop peu aux problématiques posées par le numérique, caractérisé par un environnement changeant.

Dans ces contrats, la notion de consentement apparaît. Si les données personnelles font l’objet d’une protection avérée via la Cnil, l’autorité de contrôle des données personnelles, le problème reste entier au sujet des données «techniques».

«Si on arrive à remonter à l’agriculteur, la donnée devient alors personnelle», fait remarquer Julie Colinet. Derrière ce point de blocage, se joue la question de la monétisation de l’information. Mais la difficulté à partager les données peut également émaner de fournisseurs d’agroéquipements qui souhaiteraient préserver leur secret de conception des produits.

Des données sous exploitées, notamment en élevage

Si le sujet du numérique fascine par son haut degré de potentialité, ce sujet en vogue est en attente d’outils permettant de traiter efficacement des volumes de données considérables. «Le gisement est complètement sous-exploité », opine ainsi Erik Rheben, membre de l’Institut de l’élevage.

Dans certains cas, en revanche, le secteur se développe de manière importante. Au sein des filières animales, près de 20% des génisses de races laitières font l’objet d’un génotypage, générant un flux croissant de données chaque année. Le but de cet exercice consiste à évaluer la valeur génétique de l’animal pour optimiser le couplage. En moyenne, chaque animal représente à lui seul près de 50.000 données.

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