L'Oise Agricole 21 septembre 2017 à 10h00 | Par Laurent Mingam

Le Préfet de l’Oise sollicité

La FDSEA et les JA ont rencontré Didier Martin, Préfet de l’Oise, le vendredi 15 septembre, pour évoquer les difficultés d’actualité des agriculteurs dans le département.

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Christiane Lambert et Guillaume Chartier en plein débat lors des Terres de Jim.
Christiane Lambert et Guillaume Chartier en plein débat lors des Terres de Jim. - © Dorian Alinaghi

La délégation des responsables professionnels FDSEA et JA était conduite par Guillaume Chartier, président de la FDSEA60 et Frédéric Bisseux, président de JA60. Ils se sont entretenus pendant plus d’une heure avec le Préfet Martin. «Il nous semblait important d’insister auprès du Préfet sur certaines difficultés d’actualités» indiquait Guillaume Chartier à la sortie du rendez-vous. «Nous avons évoqué avec le Préfet les problèmes croissants de circulation dans certains territoires de notre département» indique Guillaume Chartier qui constate que «les conflits d’usage et les restrictions à la circulation du matériel et des marchandises agricoles semblent augmenter».

Pour la profession agricole l’objectif est de rappeler qu’il n’est pas possible de tout faire. L’activité agricole, qui est une activité économique importante sur les territoires de l’Oise, doit pouvoir s’exercer, et là où il y a des difficultés, l’interdiction n’est jamais la solution car elle condamne l’activité. La Fdsea rappelle l’importance de respecter la possibilité pour les agriculteurs d’exercer leur métier et qu’un contrôle soit fait afin d’éviter les excès ou les abus en discutant avant d’interdire.

Cours d’eau

Bernadette Bréhon, secrétaire générale de la Fdsea60 a fait le point sur le dossier des cours d’eau. Elle a d’abord «regretté le manque de concertation entre l’État et la profession sur l’arrêté Zones de Non Traitement alors même qu’un gros travail est mené sur le terrain entre les services de l’Etat et les agriculteurs pour cartographier les cours d’eau». Sur cet arrêté ZNT, Bernadette Bréhon a souligné «l’incompréhension des agriculteurs lorsque d’un côté on définit ce qu’est un cours d’eau, avec une carte, et d’un autre, on établit une autre cartographie… on complique et on perd en lisibilité».

La profession a exprimé son souhait auprès du Préfet qu’une seule cartographie soit élaborée, cours d’eau et ZNT, afin d’apporter une seule et même référence aux agriculteurs. Sans être fermé à cette piste le Préfet a toutefois souligné que la réglementation en la matière, sur la protection des ressources en eau est complexe et qu’il convient aussi de se conformer aux dispositions réglementaires et aux cadres ministériels et régionaux proposés par la Dreal. Le dossier n’est donc pas clos même s’il n’y est pas apporté, à court terme, de réponse opérationnelle et immédiate.

Glyphosate

Frédéric Bisseux a pour sa part insisté auprès du Préfet sur la problématique, qui est nationale pour le coup, du glyphosate. Rappel de contexte d’abord : l’autorisation de mise en marché du glyphosate arrive à terme et l’Union européenne (le Conseil des ministres de l’Union européenne) doit se positionner, début octobre, sur son renouvellement ou non. En France le ministre de l’Ecologie a exprimé un point de vue «contre» le renouvellement de l’AMM glyphosate. Pour la profession agricole cette déclaration est une douche froide. «Cette déclaration va à l’envers de tout ce que le candidat Macron a déclaré durant sa campagne électorale. Aucun danger majeur avéré n’est démontré concernant le glyphosate. Il n’y a donc aucune base scientifique au non-renouvellement de l’AMM. Et les conséquences de l’interdiction du glyphosate pour les agriculteurs sont considérables et cela pose un problème majeur de compétitivité» a insisté Frédéric Bisseux. «Aujourd’hui les agriculteurs n’ont pas de revenus… et on leur annonce encore des contraintes supplémentaires ? Cela n’est juste plus possible» a martelé Régis Desrumaux, secrétaire général de la FDSEA.

Dégâts de gibier

Le sujet est très sensible sur de nombreux territoires. Guillaume Chartier a fait part au Préfet, qui préside la Commission Départemental de la Chasse et de la Faune Sauvage, des difficultés liées en particulier aux dégâts de sanglier. «Les agriculteurs souhaitent des résultats probants, une diminution des dégâts qui ne peut s’envisager que si des actions efficaces sont engagées pour réduire les populations». À ce titre Guillaume Chartier a communiqué au Préfet les propositions votées lors du dernier Conseil d’administration favorable à la mise en place d’un «bracelet fermier» pour permettre aux agriculteurs de protéger leurs productions et «un dispositif de responsabilisation financière des propriétaires des fonds de provenance des animaux causant des dégâts». Le seul indicateur, a insisté Guillaume Chartier, ce sont les résultats : moins surfaces en dégâts.

Le Préfet n’a évidemment pas de pouvoir décisionnel. Il a toutefois indiqué qu’il ferait bien part au gouvernement de la position et des demandes de la profession agricole dans l’Oise.

États généraux de l’alimentation

Le sujet des Etats généraux de l’alimentation a enfin été abordé. Régis Desrumaux a souligné auprès du Préfet «les attentes fortes des agriculteurs». «Le président Macron a suscité un espoir chez les agriculteurs en proposant et en ouvrant ces États généraux. Il doit donc être répondu à cet espoir et les États généraux de l’alimentation n’ont pas le droit d’accoucher d’une souris car, sinon, l’espoir cédera très vite la place à la colère ou au désespoir».

Guillaume Chartier a également rappelé que «tous les agriculteurs attendent des réponses, toutes les exploitations connaissent des difficultés, toutes les productions rencontrent des problèmes de prix et de conditions de production ! Les États Généraux doivent apporter un retour pour tous et non pas de manière partielle».

 

 

Consultation États généraux de l’alimentation

Les États généraux de l’alimentation font l’objet d’une consultation accessible à tous via le site internet des États généraux. Il est essentiel d’y participer. La voix des agriculteurs doit aussi s’exprimer dans cette consultation plutôt que de laisser d’autres donner seuls leur avis.

Pour participer : https://www.egalimentation.gouv.fr/projects

 

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