L'Oise Agricole 29 mai 2017 à 18h00 | Par Delphine Jeanne

Le nouveau ministre présente ses priorités

Pour sa première intervention publique après sa nomination, le nouveau ministre de l’Agriculture s’est rendu le 18 mai à la session des chambres d’agriculture, où il a présenté les chantiers prioritaires de son mandat.

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Jacques Mézard : «Le droit à l’erreur promis par Emmanuel Macron ne sera pas un luxe.»
Jacques Mézard : «Le droit à l’erreur promis par Emmanuel Macron ne sera pas un luxe.» - © Delphine Jeanne

Nommé le 17 mai, le ministre de l’Agriculture et de l’alimentation, Jacques Mézard, s’est rendu le 18 mai à la session des chambres d’agriculture, où il a donné les premières orientations de son mandat. Du fait de son ancrage territorial, il est sénateur du Cantal depuis 2008 «[je] connais ce monde rural, je l’aime. La France a besoin d’une agriculture forte, (…) de paysans qui peuvent gagner leur vie». En ce sens, le nouveau ministre entend travailler avec la profession sur plusieurs points. En premier lieu, les Etats généraux de l’alimentation, «beau challenge» qui devra permettre de convaincre les autres maillons de la filière «qu’affaiblir l’agriculture, c’est aussi les affaiblir». Quant à la méthode, Jacques Mézard a insisté sur sa volonté de dialoguer et d’échanger fréquemment avec les différents acteurs. Le nouveau ministre a d’ailleurs également rencontré, à cette occasion, la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, avec qui il aura un entretien plus approfondi dans les jours qui viennent.

Normes et investissement

Autre dossier attendu avec impatience par la profession agricole, celui de la simplification des normes. «Le droit à l’erreur promis par Emmanuel Macron ne sera pas un luxe», a rappelé Claude Cochonneau, président de l’APCA, en accueillant le ministre. Ce dernier, fort de «trente-sept années de droit» (il est avocat de profession), se dit parfaitement conscient de la nécessité de simplifier les normes et les contraintes administratives. Et si la nomination de Nicolas Hulot au ministère de la Transition écologique peut inquiéter les agriculteurs en demande de pragmatisme, Jacques Mézard estime que les deux hommes «pourront travailler ensemble sans a priori». Il a affiché une même volonté de collaboration avec Richard Ferrand, ministre de la Cohésion des territoires, sans doute pour rassurer les organisations agricoles, qui regrettent que le périmètre du ministère de l’Agriculture n’ait pas été élargi aux territoires ruraux. Le nouveau ministre a, par ailleurs, rappelé l’importance de l’investissement et souligné qu’«un choix important» avait été fait, puisque dans le programme agricole d’Emmanuel Macron, cinq milliards d’euros sont affectés à l’investissement pour la modernisation du secteur. Enfin, interrogé sur sa connaissance peut-être plus limitée des dossiers européens, Jacques Mézard a répondu «qu’il [faut] bien commencer », et rappelé sa grande capacité de travail, une qualité qui est effectivement saluée par tous ceux qui ont eu l’occasion de collaborer avec lui au niveau départemental. Il n’a pas pu cependant se rendre au prochain Conseil européen informel des ministres de l’Agriculture, à Malte, les 21 et 22 mai.

Jacques Mézard, un Cantalien «pragmatique» à l’agriculture

Le nouveau ministre de l’Agriculture et de l’alimentation est issu du Cantal, un département d’élevage, très rural, où il a été sénateur pendant huit ans. Au palais du Luxembourg, comme dans sa circonscription, ce sénateur radical de gauche est réputé pour son «pragmatisme» et sa «grande écoute».

Au Sénat, il était vice-président de la commission sénatoriale aux collectivités territoriales. Il est aussi sensible à la gestion des risques. En 2008 et en 2011, le groupe parlementaire RDSE (à majorité radicale de gauche) au Sénat a fait une proposition de loi visant à rendre obligatoire l’assurance climatique. Il a travaillé avec la Confédération paysanne, comme avec la FNSEA, et soutenu des textes venant des rangs de la droite, comme des écologistes. Avocat pendant une trentaine d’années, arrivé à la politique sur le tard, il est un fin connaisseur des politiques territoriales.

Lorsqu’il était sénateur, il s’était fait le défenseur de la «coexistence» de deux modèles d’agriculture, l’une «compétitive», l’autre «d’aménagement du territoire». A droite, mais aussi au sein du monde agricole, on s’étonne de la nomination d’un homme qui n’a aucune expérience européenne dans le contexte actuel, et on redoute qu’il ne fasse pas «le poids» vis-à-vis de Nicolas Hulot au ministère de la Transition écologique.

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