L'Oise Agricole 30 juillet 2014 à 08h00 | Par Bernard Leduc

Le marché du blé se segmente

Les céréaliers sont inquiets sur la qaulité meunière des blés qui provoque des déclassements de lots.

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- © Bernard Leduc

La récolte du blé s'est poursuivie cette semaine, mais par secteur. La pluie annoncée est bien arrivée et localemen. Selon Céré'Obs du 24/07 (l'observatoire des cultures de FranceAgriMer), du 15 au 21 juillet, on est passé au niveau national de 5 % à 44 % des blés récoltés en France.

Plus la moisson progresse vers le Nord, plus la problématique des grains germés et les conséquences sur le temps de chute de Hagberg sont préoccupantes, tandis qu'à l'Ouest, la qualité semble au rendez-vous.

Le marché réagit et intègre les particularités de l'année. En l'espace de quelques jours, il s'est segmenté comme cela arrive rarement en France. Les primes augmentent sur les ports de la façade Atlantique pour du blé meunier de 220 de Hagberg, 11 % minimum de protéine et 76 de poids spécifique.
Pour la même qualité, la prime progresse également à Rouen où, par ailleurs, quelques affaires étaient traitées la semaine dernière en blé fourrager, à destination de la péninsule ibérique notamment. En rendu Rouen, l'écart de cotations entre du blé fourrager et du blé meunier se situe entre 30 et 35 EUR/t. à l'Est, sur le marché de la Moselle, l'écart entre les deux débouchés s'est encore creusé, passant de 12 EUR/t la semaine dernière à 27 EUR/t ces derniers jours.

Des ventes de dégagement
Du côté de l'offre, les quantités sont là et les organismes stockeurs ont besoin de dégager de la marchandise. Comme les proportions de blés fourragers seront plus importantes que d'habitude, ces marchandises sont prioritairement positionnées sur les ventes en dégagement. Par ailleurs, les coopératives sont en pleine identification et classification des qualités et ne sont guère prêtes à s'engager sur des marchés qualitatifs sans savoir ce qu'elles ont exactement à commercialiser, ni en qualité ni en volumes.


Du côté de la demande, l'industrie, qui a besoin de garanties qualitatives, commence à proposer des primes plus importantes pour sécuriser son approvisionnement. Quant au débouché export, des bateaux sont en cours de chargement et attendus prochainement, les chargeurs cherchent eux aussi à sécuriser ces ventes en termes de qualité, sur des marchés de plus en plus exigeants du fait de la concurrence.
La moisson est loin d'être achevée et il est encore trop tôt pour savoir la répartition des différentes qualités du millésime 2014. Trop tôt également pour savoir comment les flux vont s'organiser en fonction des quantités, des qualités et des moyens logistiques dans les différentes régions françaises.


Parallèlement, le marché français ne peut s'isoler du contexte mondial. Le prix du blé américain, comme celui de la mer Noire, semble marquer également une pause et se stabiliser cette semaine. Le marché à terme parvient à se maintenir à près de 180 EUR/t. Mais sur ces niveaux de prix, si en plus il faut ajouter des primes pour obtenir la qualité exportable, l'origine française peinera à être compétitive pour les pays tiers. On constate ainsi que la France n'est pas dans la course pour répondre à la demande égyptienne. Et c'est à nouveau la mer Noire qui fournit le premier acheteur mondial.

Transferts entre productions
Pour le maïs, les cours continuent à décrocher sur le marché américain. Et en France, l'évolution du prix du blé fourrager appuie sur les cours du maïs français. Les prix de la récolte 2013, pour des livraisons sur juillet-septembre, ont décroché d'une dizaine d'euros ; pour la nouvelle récolte, la baisse est du même ordre. L'activation des droits à l'importation de maïs aura certainement pour effet de limiter quelque peu les importations de maïs pays tiers dans l'Union européenne. Mais ce n'est pas pour autant que le prix du maïs français est protégé...
Avec une récolte qui, pour le moment, s'annonce sous de bons auspices, le maïs devra rester compétitif par rapport aux autres céréales fourragères produites dans l'Union européenne ou importées.


Quant à l'orge fourragère, elle est plus chère en rendu portuaire que les derniers prix traités en blé fourrager. Sur le marché intérieur, selon les parités, blé et orge apparaissent à des prix équivalents. Dans ce contexte, les fabricants privilégient les achats de blé tendre, dont une bonne partie aurait dû être valorisée par la meunerie.

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