L'Oise Agricole 05 janvier 2017 à 08h00 | Par Florence Guilhem

Le marché de l’emploi agri-agro en Hauts-de-France

Le 15 novembre, l’Apecita Hauts-de-France organisait sa 7e rencontre régionale, à la Maison de l’agriculture d’Amiens.

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De gauche à droite : Bertrand Delasalle, délégué régional de l’Apecita Hauts-de-France ; Jean-Michel Serres, président de la commission agriculture et agroalimentaire
de la Région Hauts-de-France ; Mylène Gabaret, directrice de l’Apecita ; et Robert Boitelle, vice-président de la commission régionale territoires, emploi, formation et installation à la Chambre d’agriculture des Hauts-de-France.
De gauche à droite : Bertrand Delasalle, délégué régional de l’Apecita Hauts-de-France ; Jean-Michel Serres, président de la commission agriculture et agroalimentaire de la Région Hauts-de-France ; Mylène Gabaret, directrice de l’Apecita ; et Robert Boitelle, vice-président de la commission régionale territoires, emploi, formation et installation à la Chambre d’agriculture des Hauts-de-France. - © Florence Guilhem

Si, avec les crises agricoles qui se succèdent, l’Apecita Hauts-de-France a enregistré, fin octobre, une baisse des flux annuels dans le secteur para-agricole, particulièrement dans l’agroéquipement, «il y a toujours des postes à pourvoir dans l’agriculture et l’agro-alimentaire», précise Mylène Gabaret, la nouvelle directrice de l’Apecita, en poste depuis juin dernier.

Et ce, bien qu’en 2015, le marché de l’emploi dans l’agriculture et l’agro-alimentaire traité par l’Apecita, enregistre, au national, plus de demandes d’emploi que d’offres, soit 18.068 contre 14.366. Même proportion à l’échelle des Hauts-de-France où le nombre d’offres gérées par la délégation est de 871 pour 1.363 candidats inscrits. A noter que la variation entre les offres et les demandes est passée de -2,6% en 2014 à -6,8 % en 2015.

Reste qu’un tel écart ferait rêver les politiques qui nous gouvernent au vu des chiffres du chômage en France. Que ce soit à l’échelle nationale ou dans notre région, le top 5 des offres d’emplois est quasiment le même, à quelques variantes. En pôle position, les emplois commerciaux, au même niveau que les activités d’animation et de conseil, soit près de 30% (supérieur à 30% en Hauts-de-France). En troisième position, l’agriculture et les activités de transformation, autour de 20% (15% en Hauts-de-France). Suivent le développement et l’innovation, à hauteur de 20% (25% en Hauts-de-France). L’administration et la gestion arrivent en queue de peloton, avec 10%.

 

Les secteurs porteurs

A l’échelle des Hauts-de-France, les offres d’emploi dans les activités d’animation et de conseil sont supérieures à la moyenne nationale. Elles dépassent les 35%, devançant même les activités commerciales qui représentent, elles, un peu plus de 30%. Un changement s’opère ensuite dans le classement des offres. Celles en lien avec le développement et l’innovation, supérieures à 25%, passent devant celles concernant la production et la transformation (15%).

Ce qui s’explique par le fait que les Hauts-de-France sont le premier pôle agroalimentaire de France, avec plus de 1.138 établissements et 857 entreprises, générant un chiffre d’affaires de 9.657,1 millions d’euros (sources 2014, Draaf des Hauts-de-France).

L’accès aux principaux marchés de consommation, l’abondance des ressources et le potentiel de recrutement sont autant d’atouts qui font le succès de la région. En termes de secteurs, le quarté gagnant est identique en région comme au national: soit les grandes cultures et les productions animales, mais avec 65% d’offres en Hauts-de-France contre 45 % au national, l’agroéquipement (50% d’offres contre 32%), les services et institutionnels (30%) et l’agroalimentaire (25%).

Last but not least, les contrats à durée indéterminée (CDI) sont majoritaires: 59% contre 34% pour les contrats à durée déterminée (CDD) en 2014, à l’échelle nationale. Les CDI atteignent même quasiment 70% en Hauts-de- France. Même tendance pour les offres dans les industries agro-alimentaires. Autrement dit, si la conjoncture actuelle met à mal les agriculteurs et certains métiers gravitant autour de leur activité, il y a des opportunités intéressantes à saisir et des métiers où il y a encore moyen de gagner sa vie. En ces temps de conjoncture économique française difficile, ce n’est pas une nouvelle anodine…

Jean-Michel Serres
Jean-Michel Serres - © Florence Guilhem

Près de 130.000 emplois agri-agro dans la région

Interview de Jean-Michel serres, président de la commission agriculture et agro-alimentaire de la Région Hauts-de-France.

Serait-il utile de penser à un dispositif pour les emplois agri-agro?

Non, parce que les organismes professionnels agricoles ont créé depuis longtemps leurs dispositifs sur les emplois concernant le secteur agricole tels que l’Apecita. C’est le seul secteur qui a des formations spécifiques pour l’agriculture.

En matière d’emplois agri-agro, que fait la Région?

Nous avons 10.000 jeunes en formation sur un secteur proposant entre 120.000 et 130.000 emplois. Notre préoccupation, sur le sujet, est aujourd’hui d’identifier les freins existants en matière de développement et de création d’entreprises. Un sujet important compte tenu de la concurrence qu’exercent nos voisins très proches, la Belgique pour ne citer qu’un seul exemple. Nous poursuivons donc deux objectifs.

Le premier, en lien avec cette problématique, est de faire en sorte que les contraintes soient minimales par rapport à l’installation des entreprises sur notre territoire afin qu’elles puissent faire face à la concurrence de ses voisins. C’est un travail de longue haleine, à l’évidence. Le levier qui est celui de la Région est de travailler sur les aspects réglementaires et créer toutes les conditions pour que sur notre territoire se trouvent des gens formés aux métiers créés par les entreprises.

Le second objectif est d’harmoniser les politiques publiques sur l’ensemble des Hauts-de-France, ce qui n’est pas le cas actuellement. Pour ne citer qu’un seul exemple, les installations classées.

Vous parlez de gens formés. Revenons à la formation. Quelle est la politique budgétaire de la Région et celle en lien avec les formations?

La Région prépare un plan pluriannuel d’investissements pour les lycées, dont les lycées agricoles. A ce sujet, force est de constater qu’il y a un retard conséquent en termes d’investissement dans les lycées agricoles picards. Notre volonté est de rattraper le retard en Picardie.

Enfin, en termes de formations, tous les organismes doivent avoir à l’esprit d’offrir des formations en meilleure adéquation avec le marché de l’emploi. Rassurezvous, le budget consacré aux lycées ne va pas baisser, mais on ne veut pas de formations qui n’auraient pas de débouchés sur le marché du travail. Je rappelle que notre budget est extrêmement contraint.

F.G.

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