L'Oise Agricole 15 décembre 2016 à 08h00 | Par Dominique Lapeyre-Cavé

Le Département aux côtés des communes rurales de l’Oise

Les maires des communes rurales de l’Oise étaient conviés vendredi dernier aux premières rencontres de l’Oise rurale organisées par le Conseil départemental.

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- © Dominique Lapeyre-Cavé

«Nous sommes avec vous et nos services sont à votre disposition pour vous aider à gérer vos problématiques». Tel pourrait être le message général délivré par Nadège Lefèbvre, vice-présidente en charge de la ruralité et des services publics, et Édouard Courtial, président du Conseil départemental. Parce que la ruralité se présente sous des formes diverses et qu’elle mérite les mêmes attentions que les zones urbaines, les 645 maires des communes de moins de 3.500 habitants étaient attendus à l’abbaye royale du Moncel, à Pontpoint, pour une après-midi de réflexions et d’échanges organisée autour de trois tables rondes déclinant des thèmes jugés prioritaires : le développement économique, l’offre de services et la sécurité.

Sous la houlette d’Olivier de Lagarde, journaliste économique à France Info, de multiples intervenants se sont succédé à la tribune : des maires, des entrepreneurs, des spécialistes de l’implantation d’entreprises en milieu rural, des bailleurs sociaux départementaux, des médecins, un policier municipal et le responsable de la gendarmerie nationale dans l’Oise.

 

De l’activité économique en milieu rural

Au delà de l’agriculture, il a été rappelé que de nombreuses entreprises, grandes ou plus modestes, sont implantées dans ces campagnes qui ont des atouts à faire valoir au delà de l’accueil d’activités de loisirs ou touristiques.

Si un habitant sur 4 vit en milieu rural, un sur 5 y travaille. Car la ruralité peut être synonyme de qualité de vie et de développement économique.

Comme en témoignaient les chefs d’entreprises présents, dont la présidente du directoire de Kindy, installé à Moliens, Nathalie Crouzet, les salariés ruraux développent un vrai esprit de communauté et sont particulièrement loyaux à leur employeur. Une mentalité attachante qu’on ne retrouve pas en espace urbain. Avec des salariés dévoués à leur entreprise, le handicap de la ruralité se trouve vite surmonté par une proximité d’intérêt, une plus grande réactivité et une meilleure efficacité.

L’enjeu du numérique est essentiel de ce point de vue et le département est particulièrement en avance car toute l’Oise rurale sera fibrée en 2019. Mais le réseau doit aussi se faire par des relations à créer entre entreprises installées en milieu rural et élus.

Charles Loquet, élu CGPME, insistait sur ce point : «allez voir vos entreprises et aidez-les à s’installer et à se développer.» Et même si la compétence du développement économique revient dorénavant aux communautés de communes et agglomérations, le Département a sûrement un rôle d’interface à jouer entre les territoires ruraux et les zones urbaines.

 

Des services adaptés

En introduction de la deuxième table ronde, Nadège Lefebvre dressait le constat du vieillissement de la population, de sa dispersion géographique, du manque de logements sociaux ou de leur inadéquation ainsi que celui de la désertification médicale et des services publics.

Depuis le zonage issu de la loi Scellier 2012, l’Opac de l’Oise n’investit plus en milieu rural car les soutiens y sont en baisse. Même son de cloche à la SA HLM. Le département de l’Oise est traité globalement, alors que la situation entre le Nord et le Sud est différente. Les programmes doivent être plus modestes en milieu rural et prendre en compte les besoins particuliers des personnes âgées. Il y a sans doute des dynamiques à créer avec une mixité population active/offre de santé/retraités, une sorte de béguinage.

De même, des innovations technologiques mettant en rapport demandeurs (ex. retraités qui ont des courses à faire) et offreurs de services (personnes qui peuvent leur rapporter les courses) permettront de maintenir à domicile des retraités tout en recréant du lien social grâce à la solidarité.

Quant aux professionnels de santé qui désertifient les campagnes, le témoignage d’un généraliste à l’origine de la création d’une maison de santé à Saint-Just-en-Chaussée avec d’autres confrères a été enrichissant. De tels regroupements de spécialistes ne peuvent aboutir que si l’origine en est un projet médical commun mené par des médecins. Les collectivités les accompagnent ensuite dans la réalisation de la structure de santé. Il est alors plus facile d’attirer de jeunes étudiants en médecine dans un environnement de travail en commun.

Autre témoignage, celui de la commune de Saintines qui a développé un point de vente et multi-services (pain, Poste) suite à la fermeture du dernier commerce.

 

La sécurité en question

Phénomène relevé au niveau national, la délinquance gagne le milieu rural : incivilités, vols, drogue, agressions... sont de plus en plus courants alors que les efforts se concentrent en ville. Peu de moyens s’offrent aux élus ruraux pour assurer la sécurité de leurs administrés. Le dispositif Voisins vigilants est particulièrement implanté dans l’Oise (200 groupes)et permet la remontée d’informations vers les gendarmeries. De même, la vidéo-surveillance se développe en milieu rural grâce à un soutien significatif du Conseil départemental. Elle a un effet dissuasif vis-à-vis des actes d’incivilité et permet surtout d’augmenter significativement le taux d’élucidation des affaires.

L’innovation numérique devrait à terme décupler l’efficacité de la vidéo-surveillance. D’abord, grâce à la création d’un centre de supervision mutualisé (voir encadré) et ensuite la fourniture d’un smartphone aux gendarmes qui leur permettra de pouvoir réaliser n’importe où les procédures qu’ils doivent accomplir en ligne au bureau : dépôts de plainte, verbalisation... Les gendarmes seront ainsi plus sur le terrain et plus en contact avec les élus.

De même, la création de polices intermunicipales (avec des subventions pour leur équipement grâce au Conseil départemental) devrait assurer une sécurité renforcée des biens et des personnes, sachant que polices municipales et gendarmeries travaillent conjointement sur le terrain par des échanges d’information. «Élus, citoyens, policiers municipaux et gendarmes, soyons des co-producteurs de sécurité», était-il énoncé en résumé.

Une solidarité mise en avant par Éric Woerth, invité d’honneur, et Édouard Courtial, lors de la conclusion de la journée. Le Conseil départemental se veut le lien entre les maires ruraux et l’échelon national qui semble avoir oublié les campagnes dans les politiques de développement menées. Et pourtant les attentes des nouveaux habitants sont fortes en terme d’emploi, de logements, de services et de sécurité.

Il faudra bien y répondre.

Un centre de supervision mutualisé

Le Conseil départemental travaille à la mise en place d’un centre de supervision mutualisé qui gèrerait 24 h/24 et 365 jours par an des alertes pour le compte des communes qui n’ont pas les moyens de s’équiper, en lien avec la gendarmerie.
Et ce grâce au développement du réseau numérique fibré qui connectera 60 % des communes rurales dès 2017.
Ce dossier devrait aboutir dans les prochains mois.

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