L'Oise Agricole 16 juin 2017 à 13h00 | Par Anaïs Moineau

Lact’Union projette son développement

La coopérative a présenté lors de l’assemblée générale du 9 juin ses choix d’orientation pour 2017.

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De gauche à droite, Olivier Buiche, Jean Vermes (respectivement directeur et président Lact’Union), Valentin Crimet, Olivier Thibaut et Joseph Petit (respectivement membre, président et secrétaire général UPLP).
De gauche à droite, Olivier Buiche, Jean Vermes (respectivement directeur et président Lact’Union), Valentin Crimet, Olivier Thibaut et Joseph Petit (respectivement membre, président et secrétaire général UPLP). - © Anaïs Moineau

Olivier Buiche, directeur Lact’Union et Jean Vermes, président, ont échangé avec leurs adhérents, ce vendredi, sur l’année écoulée et leurs projets de développement. Malgré une baisse de 8 % de son prix moyen au producteur, le directeur de Lact’Union se veut rassurant car persuadé d’un retour à la hausse des cours mondiaux du lait. «Celui-ci sera lent», mais préférable selon lui pour éviter le même phénomène de crise : augmentation forte du prix du lait, production laitière qui remonte brusquement et le prix dégringole à nouveau.

Projet commun

La coopérative veut s’inscrire dans un projet de filière. Olivier Buiche martèle qu’«un cahier des charges commun, travaillé avec l’ensemble des acteurs de la filière est une voix de compensation de la perte de volume». Mais cela demande un travail long pour que chacun, industriels, coopératives, privés et éleveurs y trouve son compte. La communication entre ces derniers, aujourd’hui très complexe, doit être rétablie. Une réunion est ainsi prévue en cette fin de semaine entre le Cniel, la Fnil et la FNCL pour avancer sur le sujet. La segmentation (ou diversification) des produits laitiers est devenue une mode, nous devons «y aller intelli-gemment» prévient le directeur du groupe.

C’est d’ailleurs un de ses axes de développement, particu-lièrement sur le nouveau marché chinois ; proposer une gamme diversifiée de produits laitiers.Olivier Buiche affirme aussi qu’une grosse partie du problème du prix du lait vient de celui des PGC (produit de grande consom-mation). Même si ce sont les seuls à compenser la perte de prix, ils ne le font pas suffisamment. «En France, les PGC ne sont pas assez bien valorisés, continue le directeur de Lact’Union, le consom-mateur est prêt à mettre le prix, il ne faut pas hésiter.» Au vue de la consommation de lait par français, une augmentation de quelques di-zaines de centimes d’euros par litre ne représenterait effectivement qu’une hausse de 20 à 30 euros par an de son budget lait moyen. Le travail de communication sur le consommateur est donc devenu primordial, surtout que ses habitudes alimentaires ont changé.

Parler aux consommateurs

Il existe une méconnaissance énorme du monde de l’élevage chez le consommateur lambda. Il veut du lait à l’herbe et des conventions «Less CO2», mais comment lui offrir une diversité de laits plus naturels les uns que les autres et limiter les déplacements des camions citernes lorsqu’il faut une collecte pour un lait spécifique ? Cela provient d’une mauvaise communication. Il faut remettre les choses à plat, montrer le métier d’éleveur au grand public. «Ce n’est pas votre métier, mais vous devez commu-niquer vous-même sur les médias à propos de votre quotidien», explique Noëlle Paolo, chef de service études et stratégie au Cniel. Intervenue à l’assemblée générale, elle a exposé les changements sociétaux chez les consommateurs. Ceux-ci touchent particulièrement le petit déjeuner qui représente «75 % des consommations de produits laitiers» dans la journée.

Or, c’est un «repas de plus en plus sauté par les français».L’image de l’élevage, mais aussi de l’industrie souffre d’à priori et les cyber-attaques des anti-élevages se font de plus en plus pressantes. Dans ce contexte, Noëlle Paolo ex-horte les professionnels de la filière à ouvrir leurs portes. Lact’Union a déjà suivi le mouvement en accueillant environ 700 personnes dans son usine, à Abbeville, le 10 juin dernier. Olivier Buiche est satisfait, les visiteurs de tous ho-rizons «avaient besoin de casser leur défiance face aux industriels».

L’assemblée générale s’est terminée par une pointe plus so-lennelle. Bernard Ducroc, ancien président du conseil d’adminis-tration de la VPM, s’est vu re-mettre l’insigne de commandeur de l’ordre du Mérite agricole par le maire de Pendé. Il a mené à bien, notamment, la fusion avec Alliance qui a donné naissance à Lact’Union en 2013 avant de prendre sa retraite et de quitter le poste en 2015.

Questions au directeur Lact’union

Comment faites-vous revenir la valeur aux producteurs ?

Nous reversons deux tiers des actions aux producteurs, lorsque cela nous est possible. Ainsi, en 2012, notre prix du lait était de 318 €/1 000 l contre moins de 310 € en moyenne nationale. Pour l’année à venir, la situation est moins claire : nous avons fait le choix d’investir pour pérenniser l’avenir du groupe et donc le revenu de nos adhérents. L’avenir, c’est la technologie et l’innovation. Dans ce contexte, nous ne pouvons pas reverser la valeur à la même hauteur et investir simultanément.

Le prix du beurre flambe et pourtant votre prix n’augmente pas ?

Il existe un décalage entre l’augmentation du prix du beurre et celui du lait. Dans le passé, il s’est toujours écoulé un an avant que la remontée du prix du lait soit effective. Nous n’en saurons malheureusement pas plus. Olivier Buiche se défend, de plus, il faut remettre en cause les taux additionnels de matière grasse qui ne sont pas recalculés.

Sur quel axe allez-vous miser dans l’avenir pour créer de la valeur pour vos producteurs ?

Nous souhaitons profiter de l’ouverture du marché chinois en proposant une large gamme de produits laitiers facilement transportables et consommables à tout moment. Ce sont des consommateurs nouveaux dont l’engouement est une grande opportunité pour les entre-prises françaises.

Lorsque vous négociez les contrats avec vos acheteurs, utilisez-vous les indicateurs de coûts de production ?

Tout à fait. Mais j’appelle à la prudence : ces indicateurs (il prend l’exemple Ipampa) vont, à mon avis, transformer les producteurs en sous-traitant des grandes surfaces, surtout à l’heure de la construction d’usines appartenant aux GMS. Lors d’une descente de prix, le contrat fixe un minimum reversé à l’agriculteur grâce aux coûts de production, mais lors d’une montée des cours, il sera bloqué. De plus, chaque entreprise va proposer son coût de production.

L’UPLP se mobilise

Dans le cadre de l’appel à la mobilisation FNPL du 13 juin, les respon-sables du syndicat laitier UPLP ont rencontré le directeur et le président de Lact’Union. L’objectif de la rencontre : discuter du retour de la valeur aux producteurs.

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