L'Oise Agricole 25 mai 2018 à 09h00 | Par Laurence Geffroy

Labilait, un outil précieux pour les éleveurs laitiers

Alors que dans plusieurs régions françaises, la pérennité des laboratoires est mise à mal, celui d’Aumale a toute sa place.

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Philippe Dassonneville, président de Labilait pour deux ans et Pascal Rosseel, son directeur.
Philippe Dassonneville, président de Labilait pour deux ans et Pascal Rosseel, son directeur. - © Laurence Geffroy

Le système de paiement du lait aux producteurs est basé sur les résultats de la prise d’échantillons de lait dans les tanks. Les laboratoires interprofessionnels d’analyse de composition et de qualité du lait sont donc un outil essentiel aux éleveurs, puisque leur revenu en dépend. L’assemblée générale de Labilait le 18 mai à Aumale, l’un des treize laboratoires restant en France, a mis l’accent sur la pérennité de ces structures. Dans le Grand Ouest, il y a encore plusieurs milliers de producteurs qui utilisent chaque laboratoire ( 5 000 pour Labilait), mais on note une désertification dans les autres régions, comme par exemple à Auch, qui a perdu 8 à 10 % de son activité, ce qui l’amène à se rapprocher de deux autres laboratoires du sud. Avec la baisse du nombre de producteurs, le nombre de collectes diminue. Pour le secteur de Labilait, qui couvre la Seine-Maritime, l’Eure et une grosse partie des Hauts de France, la baisse observée est de 5,9 %.

Pour le directeur, Pascal Rosseel, c’est « une chance d’être encore dans le croissant laitier. Nous atteignons en moyenne un volume de 440 000 litres par point de collecte. » Labilait rassemble les quatre familles de la filière : producteurs, contrôle laitier, coopération et industriels. En plus des analyses pour le paiement du lait, le laboratoire réalise des analyses pour les organismes de conseil, pour les groupements de défense sanitaire (GDS ou GDMA), les entreprises agro-alimentaires. Il réalise 24 000 analyses par mois et travaille sept jours sur sept, avec un tiers de l’équipe le samedi. Une part croissante de son activité concerne les analyses particulières demandées par les producteurs qui souhaitent des analyses plus fines et plus sophistiquées. En revanche, l’activité amenée par les entreprises de conseil en élevage diminue. Ces structures ralentissent leur activité de contrôle pour aller vers davantage de conseil.

L’importance du collectif

Philippe Dassonneville, le président de Labilait, a souligné dans son rapport moral l’importance du « collectif ». La présidence du laboratoire est tournante et cet éleveur du Pas-de-Calais est en poste pour deux ans. « Nous, producteurs, sommes le premier maillon de la chaîne et nous souffrons le plus. L’année 2018 sera capitale (…) Le laboratoire qui est à notre service, doit se positionner. Nous devons être vigilants sur les coûts ». Pour lui, le laboratoire d’Aumale a mis une dynamique en place ce qui est un atout pour le maintien de son activité.

En fin d’assemblée générale, Etienne Doligez de Littoral normand, a présenté un outil, génocellules, breveté par le groupe Seenergi. Le génotypage, utilisé dans la sélection des reproducteurs, peut être aussi utilisé pour détecter les vaches à cellules, en comptant celles-ci individuellement. Il faut au préalable avoir fait génotyper ces vaches. Puis l’éleveur prélève un échantillon de lait de tank et le poste au laboratoire d’analyses, selon un protocole établi. Selon le type de prestation, l’éleveur dispose de 18 ou 24 analyses annuelles, avec ou sans conseils techniques. Pour le génotypage, il faut compter quarante euros par animal. Le coût des analyses ensuite varie selon la taille du troupeau et ses caractéristiques. 50 éleveurs utilisent déjà ce système chez Littoral Normand depuis le 15 avril dernier.

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