L'Oise Agricole 12 novembre 2013 à 08h00 | Par Bernard Leduc

La trame verte et bleue doit fixer les «continuités écologiques»

En Picardie, la première réunion départementale de présentation de la cartographie du SRCE s’est déroulée dans l’Oise, jeudi dernier 31 octobre à Beauvais.

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Ce futur schéma régional de cohérence écologique est une démarche co-pilotée par le Conseil régional et l’État, représenté par la Dreal (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement). Lors de la réunion départementale de présentation de la cartographie proposée, les représentants de la Dreal, du Conseil régional et de la DDT ont expliqué aux élus et aux représentants socio-économiques et des associations environnementales présents, qu’il ne s’agit pas d’une nouvelle réglementation, bien qu’il y aura un zonage de plus : on part du postulat selon lequel la biodiversité est menacée, ce qui nécessite de favoriser la continuité écologique sur le territoire.

La réalisation d’un nouveau zonage devra prendre en compte des réservoirs de biodiversité qui seront reliés entre eux par des corridors écologiques (voir notre édition du 25 octobre dernier, en page 4). C’est ce que l’on appelle la trame verte et bleue : verte pour les landes et les espaces agricoles ou boisés, bleue pour les lacs, étangs, rivières, marécages et, dans les zones côtières, la mer. Ces réservoirs sont déjà identifiés : ils correspondent, selon des élus et les représentants de l’administration, à l’habitat naturel, de la faune essentiellement : petits ou grands animaux sauvages, oiseaux et poissons. Ces réservoirs correspondent à des zones recensées de l’habitat des espèces - avec a priori l’intention de vouloir préserver toutes les espèces, qu’elles soient utiles ou nuisibles - où elles vivent et/ou se reproduisent. Et il faut les relier entre elles, en évitant les éléments de fragmentation et de pollution que sont les zones urbanisées, les infrastructures… Ou, sur les rivières, les barrages ou retenues. Tous les êtres vivants doivent en effet pouvoir se déplacer pour survivre.

 

Une cartographie

Le SRCE comprend à la fois une cartographie établie au niveau régional, au 1/100.000e, une évaluation environnementale et un plan stratégique d’actions. Mais sans préciser ce que seront ces actions. Il était également expliqué que le SRCE est au service de la qualité paysagère, des activités économiques, piscicoles et cynégétiques, de la protection des biens et des personnes, de la qualité des eaux, de la préservation du patrimoine historique… Mais la priorité affichée est de protéger la biodiversité dans nos territoires en participant à la préservation, à la gestion et à la remise en état des continuités écologiques, terrestres et aquatiques. Ce schéma régional, qui aura une cohésion nationale, devra être pris en compte dans tous les documents d’urbanisme.

Plusieurs représentants de la FDSEA et de la Chambre d’agriculture ont participé à cette réunion et Bruno Haas, vice-président de la FDSEA et secrétaire adjoint de la Chambre d’agriculture, a exprimé la crainte des agriculteurs de se voir à nouveau imposer des contraintes dans les zones qui seront cartographiées. Les organisations agricoles vont donc tenter de négocier une réduction des réservoirs, en excluant les terres labourables, et de limiter le nombre et la surface des corridors proposés. Mais elles se heurteront aux écologistes, dont certains élus et les fonctionnaires de la Dreal qui cherchent à imposer une démarche qui ne vise qu’une protection globale de la biodiversité et de l’environnement naturel.

Et des élus font aussi de l’électoralisme, puisqu’il a été dit que cette démarche est «bien vue socialement». Tenir compte des activités économiques et humaines nécessitera pourtant de définir une hiérarchie des actions, disait François Veillerette, élu vert, vice-président du Conseil régional ; il précisait même que l’agriculture « n’est pas un problème, mais peut être la solution ou une partie de solution» pour protéger la biodiversité. D’ailleurs, il n’y a plus d’espaces naturels dans notre région où l’agriculture occupe près de 70 % du territoire, contre 54 % en moyenne nationale. L’exemple des prairies humides en vallée de l’Oise, avec une grande richesse faunistique et floristique, était cité. Protection de l’environnement et activités économiques ne sont pas incompatibles, mais les professionnels sur le terrain - qu’ils soient agriculteurs, forestiers, carriers…- demandent que leur liberté d’entreprendre ne soit pas rognée une fois de plus.

Si, pour l’instant, le zonage qui sera défini n’est pas attaché de contraintes particulières, sauf à être pris en compte dans les documents d’urbanisme, des réglementations ultérieures peuvent changer la donne, comme on l’a vu avec la loi paysages ou la loi sur l’eau. Et une loi biodiversité est attendue...

«La biodiversité n’a pas attendu le SRCE pour se développer» disait Bruno Haas, qui rappelait le rôle essentiel de cette biodiversité pour l’agriculture. Pourquoi cartographier des zones à préserver ? Autre question : quels moyens pour préserver cette biodiversité sans nuire à l’agriculture ou aux autres activités ? La réglementation environnementale est très complexe, un système mille-feuilles où se superposent différents zonages avec leurs règles propres : Natura 2000, Znieff, Zico, bassins de protection de captage, espaces naturels sensibles, parc naturel, zones humides…

Des réunions d’information vont être organisées dans la région pour définir ce schéma régional qui doit être concerté. Aux agriculteurs d’y participer en nombre et de continuer à exprimer leurs remarques lors de l’enquête publique qui suivra.

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