L'Oise Agricole 26 septembre 2013 à 13h47 | Par Marion Martin

La stratégie des laiteries

Dans un contexte de volatilité des prix, les laiteries adoptent des stratégies différentes en fonction de leurs marchés. L'éleveur doit donc s'intéresser aux marchés et à la politique de son entreprise afin d'anticiper et d'ajuster son système de production. Nous sommes allés à la rencontre des responsables de laiteries pour connaître leur stratégie après 2015.

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Olivier Gaffet, président de Sodiaal Union Nord : «notre taille nous permet de décrocher de gros marchés».
Olivier Gaffet, président de Sodiaal Union Nord : «notre taille nous permet de décrocher de gros marchés». - © oa

Rencontre avec Olivier Gaffet, président de Sodiaal Union Nord, et Jean-Charles Mallard, directeur coopératif de la région Nord.

 

Sodiaal, en quelques mots

Sodiaal est la première coopérative laitière française et le cinquième collecteur européen. L'entreprise collecte 4,1 milliards de litres chez 12.100 producteurs répartis sur 64 départements. Au total, 5 milliards de litres de lait sont transformés par les usines du groupe.

Ce grand groupe fabrique une large gamme de produits à travers ses différentes branches :

- du fromage (CF&R, Entremont, Monts&Terroirs),

- du lait de consommation et de la matière grasse (Candia, Beuralia),

- de la poudre et des ingrédients laitiers (Eurosérum, Nutribio, régilait),

- des produits frais (Yoplait).

Fort de cette vaste palette de produits, Sodiaal est présent sur de nombreux marchés, aussi bien en France qu'à l'international, et avec des marques à forte notoriété.

 

Que va proposer Sodiaal

à ses adhérents ?

À l'heure actuelle, Sodiaal propose aux producteurs un contrat avec des volumes différenciés : un volume A représentant 92 % de la collecte et un volume B pour les 8 % restant. Toutefois, la coopérative souhaite maîtriser les volumes. Elle a donc instauré un prix de contrôle pour le lait produit au-delà du volume A et du volume B. «Ce système fonctionne bien pour l'instant et l'on restera probablement sur ce schéma après 2015, affirme Olivier Gaffet.

Les prix et les volumes sont adaptés aux débouchés de Sodiaal et donc, en fonction des nouveaux marchés obtenus, ces volumes pourront évoluer à long terme. Après 2015, il est possible que les éleveurs n'aient pas le même ratio entre le volume A et le volume B. Si un agriculteur souhaite produire plus et que Sodiaal détient les marchés, on pourra lui proposer du volume B supplémentaire par exemple», précise Olivier Gaffet.

Ainsi, Sodiaal souhaite encourager le développement des exploitations tout en maîtrisant les volumes. Quant à la fixation du prix du lait, «ce sera en fonction de la rémunération qu'il y a sur le marché; le lait ne sera pas payé plus cher que ce que la coopérative peut gagner. Le lien aux marchés sera toujours conservé», indique Jean-Charles Mallard.

Des groupes de travail ont été créés chez Sodiaal afin de réfléchir sur l'après-quota, notamment sur la gestion des volumes et l'attribution de volumes supplémentaires aux jeunes agriculteurs. Les responsables de la coopérative réfléchissent actuellement au système à adapter. Dans tous les cas, «tous les producteurs de la coopérative sont et seront traités de la même façon en France», assure Jean-Charles Mallard.

Comment Sodiaal prépare l'après-quota ?

La coopérative prépare activement l'après-quota via la mise en place de Sodiaal 2020. «Il risque d'y avoir des turbulences en 2015 et 2016, selon Olivier Gaffet. Le marché sera volatil, mais le lait restera une matière première recherchée et restera un métier d'avenir».

La gestion volume/prix a été instaurée pour réguler la production. L'entreprise avait en effet un surplus de lait. Pour éviter de retomber dans cet engrenage, elle travaille depuis quelques années à équilibrer la production et les marchés. «Cet équilibre est désormais atteint. Mais Sodiaal ne s'arrête pas là et recherche de nouveaux marchés, notamment à l'export pour assurer un débouché aux éleveurs et aussi parce que le prix mondial est plus rémunérateur», indique Jean-Charles Mallard. Et d'ajouter, «Sodiaal a pour objectif de trouver des volumes sous deux ans pour préparer l'après-quota et donner ainsi la possibilité de produire plus à ceux qui le souhaitent».

Le groupe entend renforcer sa présence sur la consommation hors foyer par exemple, dans les nouveaux modes de distribution (internet, drive). La signature d'un contrat de dix ans avec Synutra (numéro 3 chinois de l'alimentation infantile) illustre l'ambition de la laiterie. À partir de 2015, Sodiaal s'est engagé à lui livrer 300 millions de litres de lait par an. À cet effet, une tour de séchage va être construite à Carhaix (29). «Sodiaal a décroché ce contrat car c'est une grosse coopérative qui a la possibilité de fournir cette quantité de lait», précise Olivier Gaffet.

Autre élément : le rapprochement avec la coopérative 3A. Sodiaal veut s'agrandir pour se positionner comme leader sur le marché. Grâce à ce rapprochement, la coopérative va pouvoir massifier son offre et être complète dans sa gamme de produits. Elle souhaite se diversifier, aussi bien géographiquement qu'en terme de débouchés, afin d'amortir au maximum les effets de la volatilité.

Par ailleurs, Sodiaal investit pour rendre plus performants certains outils industriels un peu vieillissants, comme Candia. Des investissements sont réalisés également dans Eurosérum, la poudre de lait infantile étant un marché en croissance.

Le plus de Sodiaal


«Sodiaal est une coopérative et seuls les agriculteurs peuvent dénoncer leur contrat alors qu'une entreprise privée, c'est un contrat sur cinq ans, affirme d'emblée Olivier Gaffet. à Sodiaal, tout le monde sera ramassé. Les adhérents ont leur mot à dire via les réunions, les assemblées générales».
Autre atout : sa taille. Elle lui permet de décrocher des marchés que les petites entreprises ne peuvent pas avoir. «Prenez l'exemple de Synutra. La taille permet de répondre à la demande».
La coopérative diversifie au maximum ses produits, un avantage car si «un produit se valorise mal, un autre compensera, précise Jean-Charles Mallard. Et de souligner, la diversité des produits nous sécurise dans le temps et nous aide à avoir ces marchés».

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