L'Oise Agricole 31 octobre 2018 à 15h00 | Par Dorian Alinaghi

La ruralité de l’Oise au cœur des enjeux de la Région

Julie Codron-Riquier, vice-présidente de la région Hauts-de-France en charge de la ruralité, de la solidarité et de la famille, s’est rendue dans l’Oise le 29 octobre.

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Boris Gogny-Goubert, président du Jardin du plateau picard (au milieu) explique à Julie Codron-Riquier, vice-présidente de la région Hauts-de-France en charge de la ruralité, de la solidarité et de la famille et à Denis Pype, conseiller régional, que le Jardin du plateau picard compte à l’avenir se développer sur internet.
Boris Gogny-Goubert, président du Jardin du plateau picard (au milieu) explique à Julie Codron-Riquier, vice-présidente de la région Hauts-de-France en charge de la ruralité, de la solidarité et de la famille et à Denis Pype, conseiller régional, que le Jardin du plateau picard compte à l’avenir se développer sur internet. - © Dorian Alinaghi

Son déplacement avait pour but de rencontrer les acteurs et les élus locaux. Ainsi, elle a pu visiter des structures et des organismes dédiés à la famille et à la solidarité dans le milieu rural. Dès lors, durant la matinée, elle a visité l’Union des centres sociaux ruraux, à Froissy, dans l’Oise. Le centre rural de Froissy-Crèvecœur est une association créée depuis 1980. Il est implanté sur le canton de Froissy et depuis 1994 sur le canton de Crèvecoeur-Le-Grand. Acteur au service de toutes les familles, ce centre est porteur d’actions et de projets au service des habitants du territoire.

Une équipe de 35 salariés travaillent dans des domaines divers comme l’insertion professionnelle, l’animation enfance-jeunesse ou bien à destination de toute la famille, le portage de repas à domicile et les visites de convivialité, et bien plus encore… Il existe également d’autres centres répartis dans l’Oise : Grandvilliers, Le Coudray-Saint-Germer, Auneuil, Chaumont-en-Vexin, Lamorlaye, Nauteuil-Le-Haudoin, Lassigny et Guiscard.

Ces centres reposent sur trois valeurs : la dignité humaine, la solidarité et la démocratie. «L’ancrage territorial est une garantie de la réalité des besoins des familles, une proximité de l’accueil et de l’information de tous, une mise en œuvre réelle de la mixité sociale et humaine. Confronter nos points de vue et nos pratiques est aussi une garantie de progrès, en partant du postulat que le bien-faire, le bien-être sont toujours plus attrayants et plus valorisants pour tous. La bientraitance des collaborateurs est aussi la bien-traitance des bénéficiaires-usagers, et ainsi le possible développement du bénévolat pour nos associations», explique Arlette Devaux, la directrice. Pour le moment, plus de 18.000 sont usagers de ces centres. 200 collaborateurs et 270 bénévoles, ainsi que 232 collectivités partenaires travaillent activement au développement de ces structures.

Ce temps d’échange a permis aussi de faire connaître la plateforme numérique Compagnon dont Luc Smessaert, vice-président de la FNSEA, est à l’initiative.

Échanges connectés

Ce dérivé de Blablacar propose, aussi bien aux particuliers qu’aux professionnels du secteur, d’offrir aux habitants leurs compétences contre rémunération. Le but n’est pas de se substituer aux autres professions, mais bien de rendre le quotidien plus facile. «À la campagne, on commence à avoir une vie urbaine. Sauf que l’entraide entre voisins et les services sont inexistants. Il s’agit de retrouver le même concept de vie des urbains à la campagne. Par exemple, je prends le cas de mes enfants : ils prennent le bus à 7 heures pour rentrer le soir à 19 heures. J’imagine bien qu’il y a des personnes de mon village qui partent au même endroit. 2 sur 3, c’est la proportion d’enfants en milieu rural qui doivent aller à l’école dans une autre commune que celle où ils vivent.

En général, les habitants de Picardie verte doivent parcourir 60 % de distance en plus que leurs voisins urbains pour accéder à des services de proximité. Les territoires ruraux sont perçus comme présentant de nombreuses contraintes : un manque de services de proximité, une désertification médicale, un isolement croissant des acteurs, alors que les métiers de la filière alimentaire se situent principalement en zones périurbaines et rurales. Donc, ici, il s’agit de recréer une entraide entre nous.» souligne Luc Smessaert.

Un petit tour au jardin

La visite a continué au Jardin du plateau picard, à Avrechy dans l’Oise. Depuis 20 ans, le Jardin du plateau picard permet aux personnes sans emploi d’apprendre les gestes professionnels et de s’insérer plus facilement dans le monde du travail par la pratique du maraîchage. 7 permanents et 23 personnes en insertion œuvrent sur près de 11 hectares, dont 8.000 m2 de serres, sur la commune d’Airion, et 5 hectares sur celle d’Avrechy. 2.000 m2 de locaux techniques et les bureaux se trouvent à Argenlieu.

L’association compte environ 700 adhérents et une équipe d’une trentaine d’ouvriers en insertion, encadrés par des professionnels. Le travail de la terre permet aux personnes, même sans qualification, de s’investir tout de suite dans une réalité bien concrète : semer une graine, arroser et entretenir les plantes, puis récolter les fruits de son travail.

L’objectif de l’association est de les amener à réapprendre des gestes professionnels et retrouver la vie en collectivité. «Les Jardins du plateau picard proposent à des personnes fragilisées par l’absence d’emploi (allocataire RSA, chômeurs de longue durée, jeunes de moins de 26 ans) une situation de travail par la pratique d’un maraîchage respectueux de l’environnement, afin de favoriser leur retour à l’emploi. Le projet de ce jardin s’inspire des Jardins de Cocagne. Sa cohérence repose sur la reconnaissance du rôle de chacun et une volonté commune de défendre un choix de vie qui respecte l’homme et son environnement naturel» explique Boris Gogny-Goubert, président du Jardin du plateau picard.

Et le résultat est concluant car 60 % des ressortissants du Jardin du plateau picard retrouvent un travail. Chaque semaine, la production est distribuée équitablement à l’ensemble des adhérents sous la forme de paniers légumes dont le contenu correspond à la consommation moyenne d’une semaine pour 2 ou 4 personnes suivant les choix des adhérents.

Après avoir visité toutes ces structures, Julie Codron-Riquier rappelle que la plus grande lutte qu’il faut combattre est l’isolement et la mobilité. Elle tient à préciser que la Région Hauts-de-France n’abandonnera pas toutes ces organismes et au contraire, va les aider et les faire grandir.

 

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