L'Oise Agricole 02 juin 2017 à 11h00 | Par Gaëtane Trichet

La MSA veut être l’opérateur de référence sur les territoires ruraux

Retour sur l’assemblée générale de la MSA qui a eu lieu le 19 mai dernier à Chauny, dans l’Aisne.

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Œuvrer afin que la MSA Picardie soit au rendez-vous des attentes de ses adhérents tout en respectant le cadre donné par l’Etat, tel est l’objectif des responsables de la MSA.
Œuvrer afin que la MSA Picardie soit au rendez-vous des attentes de ses adhérents tout en respectant le cadre donné par l’Etat, tel est l’objectif des responsables de la MSA. - © Gaëtane Trichet

Non à la régionalisation, oui à la mutualisation. La caisse centrale de MSA a opté pour la mutualisation des activités sur des territoires bien précis, refusant la fusion des caisses proposée par les ministères de tutelle (Santé, Budget et Agriculture) dans le cadre de la convention d’objectifs et de gestion définie entre 2016 et 2020. Ainsi, la caisse de MSA de Picardie travaille avec celle du Nord-Pas-de-Calais pour la mise en commun de certaines activités, sauf le front office (agences, accueil, téléphone) qui restera dédié à chaque région. «Cette nouvelle organisation sera transparente pour les adhérents. Je le redis, chaque caisse de MSA conserve son conseil d’administration, ses élus, son équipe de direction, ses sites et surtout son maillage territorial, c’est essentiel» a expliqué Antoine Niay, président de la caisse MSA de Picardie, rappelant l’obligation d’une baisse de 10 % des effectifs au niveau national et des charges de 15 % sur les 4 ans à venir.

Pas question pour autant de délaisser les territoires ruraux, au contraire même. «La MSA est le seul organisme de prestations sociales qui reste présent sur les territoires. Nous avons refusé la fusion car si l’on veut continuer à vider les territoires, le meilleur moyen c’est la concentration. Pour réduire le chômage, il faut apporter de la simplification dans beaucoup de domaines et créer de l’activité sur les territoires» a estimé Pascal Cormery, président de la Caisse Centrale de MSA. «Dans le respect du cadre national, nous avons aussi obtenu des marges de manœuvre et de l’autonomie pour les élus et cadres dirigeants dans leurs décisions car ce sont des gens responsables». Cela étant, ces mutualisations vont devoir passer par un accompagnement des salariés des caisses, à la fois par un renforcement de la formation, la mise en place d’une prime ponctuelle et l’amélioration du dispositif conventionnel pour les salariés qui choisissent la mobilité géographique.

Forte de son guichet unique et de sa proximité sur les territoires, la MSA entend concilier avec pragmatisme l’adaptation de ses organisations et de ses services avec l’amélioration de sa performance globale dans le cadre général de sa responsabilité sociale. Prime d’activité rénovée, mise en place de la protection universelle maladie (PUMa), la gestion pour comptes… sont autant de nouvelles offres que proposera la mutualité pour élargir ses rangs et renforcer sa reconnaissance.

La MSA soutient les agriculteurs

Les crises économique, sanitaire et climatique ont mis à mal les agriculteurs et les salariés. La MSA a apporté un certain nombre de soutiens financiers comme la suppression de l’assiette minimum Amexa, l’option N-1, la baisse de 7 points des cotisations d’assurance maladie.

Concernant la prise en charge des cotisations pour les exploitants, une enveloppe de 60 millions d’euros a été octroyée l’année dernière sur l’ensemble du territoire français, dont 971.000 euros pour la MSA Picardie. «796 chefs d’exploitation de notre région ont bénéficié de cette enveloppe, soit un montant moyen de prises en charge de 1.220 euros. L’option N-1 à titre exceptionnel a comptabilisé 1.505 demandes, les reports de cotisations : 375 demandes, les modulations : 2.434 demandes. 1.425 plans de paiements ont été accordés, soit 52 % de dossiers en plus par rapport à 2015 pour un montant supérieur de 24 %. Enfin la réduction du premier appel de cotisation à 35 % a été reconduite en 2017, a expliqué Antoine Niay. Nous avons mis en place un système qui s’appelle aide au répit grâce à une mobilisation des services en interne et à une affection d’une enveloppe de la Caisse centrale. Ainsi, nous disposons d’un budget de 122.000 euros pour permettre à des agriculteurs et à leur famille, de s’accorder quelques jours de répit grâce au financement d’un service de remplacement. La MSA Picardie a souhaité aller plus loin pour les situations les plus délicates et les plus urgentes en créant une cellule dite Horizons».

Ce dispositif, fruit du travail des secteurs de la médecine du travail, de l’action sociale et du front office, permet de prendre en charge rapidement les personnes qui sont en souffrance pour leur apporter une écoute, un accès aux droits auxquels elles peuvent prétendre et un accompagnement si nécessaire.

«Vous pouvez signaler les situations de ce type, mais vous devez au préalable informer les personnes concernées de votre démarche et surtout recueillir leur accord» a insisté Antoine Niay.

Il reste du travail…

Création de l’ARCMSA (Agence régionale des caisses de MSA) Hauts-de-France qui permet de fonctionner avec l’ARS (Agence régionale de santé) et de ne parler que d’une seule voix, mise en place d’une politique sur le bien vieillir en Hauts-de-France et sur l’autonomie, MSA Services, Marpa (maisons d’accueil et de résidence pour l’autonomie des personnes âgées) sont autant de services proposés aux ressortissants des territoires ruraux qui se sentent parfois abandonnés. Et pour autant, il reste encore du travail.

Mise en place d’un système universel de retraite, rééquilibrage des retraites, suppression du RSI, sont des dossiers au programme du nouveau président de la République. Face à ces perspectives et profitant des élections législatives, Pascal Cormery a encouragé tous les délégués à rencontrer les candidats. Il entend bien faire de la MSA, l’opérateur de référence sur les territoires ruraux.

La MSA accompagne les jeunes


Afin d’encourager l’autonomie et l’entrée dans la vie active, la MSA de Picardie propose une offre de prestations légales et complémentaires pour participer à l’insertion professionnelle et sociale des jeunes, promouvoir leurs initiatives et les accompagner dans leur prise d’autonomie. Aussi, tour à tour, Florence Halle, nouvellement installée agricultrice pluri-active dans l’Aisne, mais aussi les élèves et apprentis du lycée agricole de Chauny, des Maisons familiales et rurales de Oisemont et Flixecourt (Somme), de Beauregard (Aisne), et ceux de l’Afasec (école de courses hippiques dans l’Oise), ont témoigné leurs expériences. Ils ont été accompagnés par la MSA. Quelques maîtres mots de cette table ronde : proximité, collectif, mutualisme, responsabilité, projets de territoires.

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