L'Oise Agricole 26 mai 2016 à 08h00 | Par Florence Guilhem

La MSA de Picardie ne fusionnera pas avec la MSA du Nord-Pas-de-Calais

Le 24 mai, la MSA de Picardie organisait son assemblée générale à Amiens.

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De gauche à droite : Philippe Herbelot, directeur général de la MSA de Picardie, Antoine Niay, président de la MSA de Picardie, et Thierry Manten, premier vice-président de la MSA de Picardie et de la Caisse centrale de la MSA.
De gauche à droite : Philippe Herbelot, directeur général de la MSA de Picardie, Antoine Niay, président de la MSA de Picardie, et Thierry Manten, premier vice-président de la MSA de Picardie et de la Caisse centrale de la MSA. - © Florence Guilhem

«L’image que nous avons de la MSA dans la profession, c’est qu’elle n’est bonne qu’à prendre notre argent, comme le peu de bénéfices que nous faisons», rappelait Christophe Beeuwsaert, agriculteur et secrétaire général de la FDSEA de l’Oise dans une vidéo projetée lors de l’assemblée générale de la MSA. Une image qui a évolué à la suite de la réactivité de la Mutualité sociale agricole face à la crise de l’élevage, débutée l’an dernier.

En l’espace de trois mois, les services de la MSA de Picardie ont fait l’objet de mille sollicitations. «Nous avons pris en charge plus d’un million d’euros de cotisations pour six cents éleveurs », rappelle Philippe Herbelot, directeur général de la structure. Autrement dit, «dès l’été dernier, la MSA de Picardie a su répondre en urgence aux conséquences de la crise que vivent les éleveurs. Ce qui veut dire également que la MSA n’est pas uniquement un percepteur de cotisations », ajoute Antoine Niay, président de la MSA de Picardie.

De nouvelles mesures sont venues compléter le Plan de soutien aux agriculteurs en difficulté, en septembre 2015, avec la baisse de sept points de la cotisation Amexa pour l’ensemble des chefs d’exploitation ou d’entreprise agricole affiliés à titre principal ou exclusif, et la possibilité, sous certaines conditions, d’un report des cotisations agricoles dues en 2016 sur l’année 2017 pour ceux-là. «Malheureusement, les crises agricoles risquent de se succéder avec des conséquences certaines pour les exploitants agricoles, mais aussi pour les salariés. Si nous allons restés mobilisés pour accompagner les agriculteurs en difficulté tant sur le plan économique que social et moral, nous ne pouvons rien sans un travail important avec les partenaires», relève Antoine Niay. Pour 2016, deux enveloppes de prises en charge seront affectées à la MSA d’un montant total de 800000 €, qui ne sont pas fléchées pour l’élevage, comme l’année précédente.

Traduction : les aides seront réparties entre les agriculteurs de toutes les filières rencontrant des difficultés. Le travail avec les OPA et les données de la MSA permettront de cibler les populations à aider. Mais la crise agricole ne doit pas faire oublier les autres missions de la MSA.

Les autres dossiers

2015 a été aussi l’année d’un travail important de préparation et d’accompagnement des employeurs de main-d’oeuvre dans le cadre des nouveaux accords de la profession en matière de santé et de prévoyance santé au bénéfice des salariés. Toujours dans le volet santé, la MSA se charge de la gestion pour le compte de tiers et est mobilisée sur le dossier de la Déclaration sociale nominative, qui prévoit à terme la dématérialisation et la transmission en une seule fois d’une vingtaine de déclarations sociales.

Une nouvelle prestation a été, par ailleurs, mise en oeuvre: la prime pour l’activité. «Ce nouveau dispositif a pour ambition de favoriser le retour et le maintien dans l’emploi, mais aussi garantir, sous conditions, un niveau de ressources pour les salariés et les non salariés», précise Philippe Herbelot. Dans le cadre de la politique d’action sanitaire et sociale, plusieurs dossiers novateurs ont été lancés : la nouvelle prestation d’aide à la sortie d’hospitalisation, l’organisation du premier séjour pour les aidants, et la signature de quatre chartes territoriales de solidarité.

Les trois publics prioritaires sont les personnes âgées, la famille et les jeunes, ainsi que les actifs en difficulté, avec un ancrage territorial fort où le maître-mot reste la proximité. D’où le choix de la MSA de Picardie de ne pas fusionner avec celle du Nord-Pas-de-Calais.

Fusion des caisses: c’est non

«La MSA de Picardie ne fusionnera pas avec la MSA du Nord-Pas-de-Calais. Toutefois, il faut que les deux MSA parlent d’une même voix auprès de l’Agence régionale de santé, des commissions paritaires régionales, comme des OPA. Aussi, le réseau des caisses de MSA a-t-il décidé de s’engager dans un autre mode de fonctionnement appelé «mutualisations de proximité» afin de ne pas perdre notre identité.

L’enjeu, pour les prochaines années, sera que la MSA reste un acteur identifié localement et développe son partenariat régional», explique le président de la MSA de Picardie. Une fusion jugée inopportune au vu des dossiers en cours et à venir à traiter par la Mutualité, notamment la Déclaration sociale nominative, la liquidation unique des retraites, la prime d’activité, etc. Aussi, plutôt que de disperser son énergie et ses investissements dans une fusion, les caisses ont proposé de mettre en place les mutualisations de proximité. Exemple : les prestations familiales pourraient être gérées par un seul service, et donc sur un même site.

En échange, la caisse qui donne à l’autre les prestations gérerait, elle, une autre activité. «Cela permettrait de diminuer les coûts de gestion, l’une des raisons à l’origine des régionalisations d’un certain nombre de structures», note Philippe Herbelot. Les deux MSA travaillent actuellement à la répartition des activités entre elles. Remise des copies et validation : fin octobre. Affaire à suivre.

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