L'Oise Agricole 12 juillet 2017 à 08h00 | Par Dorian Alinaghi

La grêle sème les récoltes

La grêle, autre fléau redouté des agriculteurs, a frappé jeudi dernier plusieurs exploitations. Une grande partie des récoltes est touchée à 100 %.

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Les parcelles de colza sont détruites par la grêle (© Dorian Alinaghi)

Jeudi 6 juillet, Météo France avait classé l’Oise en vigilance orange. Le département a été le théâtre d’un sinistre climatique. Des averses de grêles ont touché une bonne partie du Nord-Ouest du département. Les agriculteurs ont été les premiers sur la ligne de tir. De nombreuses exploitations ont subi une véritable catastrophe climatique. Certaines parcelles ont été complètement détruites. Blés, betteraves, colzas et maïs ont été ravagés. En parcourant les longues routes de campagne, les parcelles de colza, détruites par la grêle, sont d’une couleur blanche pratiquement immaculée.

La grêle détruit tout sur son passage

Certains agriculteurs sont dépités de voir leur exploitation pulvérisée. «Lorsque j’ai vu l’averse de grêle déferler dehors, je me suis dit que tout était foutut. Cela a duré des heures. Les grêlons étaient de la taille d’une bille et cette giboulée était d’une intensité incroyable» explique Grégory Houet, agriculteur à Choqueuse Grémévillers. Certaines de ses cultures ont pu échapper au sinistre, même si il y un minimum de pertes. «Les feuilles de betteraves ont été fortement touchées, mais elles repartent assez rapidement. De même pour le blé, je n’ai pas eu énormement de pertes. Par contre, pratiquement toute ma parcelle d’épeautre est au sol. Par contre, mes féveroles sont debouts mais elles sont completement hachées...»

Qui plus est, Grégory Houet a des récoltes d’auto-consommation pour ses vaches alaitantes et son élevage de pigeons. «Il faut donc que j’aille acheter ces produits dans des zones non sinistrées, cela va être un coût supplémentaire pour moi» souligne-t-il.

Par chance, ce jeune agriculteur avait souscrit à une assurance pour protéger une partie de ses récoltes «L’année dernière était catastrophique, cette année n’est pas grandiose. Je paierai une assurance jusqu’à ma retraite.» Même si Gregory a eu le nez de s’assurer, certains n’ont pas eu cette chance.

Un autre jeune agriculteur, Sylvain Vandaele, a lui aussi, été touché par la grêle. «Trois quarts de l’alimentation pour mes vaches ont été perdus. Le colza a été touché à 100 %. C’est quasiment pareil pour le maïs. Ils sont presque, dans la globalité, déchiquetés. Sur la plupart de mes parcelles, il faudra remettre du fongicide pour sauver une partie de mes récolte.» précise-t-il. «Et je n’ai pas souscrit d’assurance sur mon maïs. C’est une grosse perte...»

La gestion du risque n’est pas à exclure

La grêle n’est pas éligible aux calamités agricoles car il s’agit d’un dégât assurable. Les assurances coûtent cher et les agriculteurs assurent le minimum.

Le 10 octobre, à Paris, une journée gestion des risques est organisée à l’attention des agriculteurs. Il s’agit d’informer les agriculteurs, et ainsi casser les fausses idées concernant les assurances. L’ensemble des organisation agricoles doivent accompagner les agriculteurs à faire les bons choix en matière de gestion des risques. C’est un dossier qui va peser de plus en plus dans les choix de gestion des exploitations. En attendant, suite à ces dégâts de grêle, la FDSEA de l’Oise lance un appel à la solidarité pour le maïs, en grain et en ensilage.

Luc Smessaert, vice-président de la FNSEA

Quelles sont les solutions que la FNSEA peut apporter face à ce sinistre ?

Nous connaissons des épisodes climatiques de plus en plus fréquents et d’une force toujours plus importante depuis ces cinq dernières années. On peut le constater avec des cultures qui sont à 100 % de dégâts. Et les agriculteurs ne récoltent qu’une fois par an. Ce sont eux qui subissent le plus le changement climatique.

J’ai une pensée pour les agriculteurs non assurés. Rester sans rien faire est très dangereux. On ne peut pas stopper les phénomènes climatiques, mais on peut aider les agriculteurs via des assurances. Il est nécessaire de se protéger, en s’assurant au moins un minimum. Il faut se couvrir à 75 % de ses charges. Que ce soit pour la grêle, la sécheresse et autres. Il faut savoir que 50 % des dégâts sont liés à la grêle et l’autre moitié aux différents aléas. De plus, les aléas peuvent être climatiques, sanitaires ou économiques.

La FNSEA travaille depuis des années sur les solutions que nous pouvons apporter aux agriculteurs. Personne ne souhaite être touché par ce genre de sinistre.

Il est donc important, pour chacun de nous, de réfléchir à notre propre exploitation et comment on peut la protéger. Cela commence par la prévention, il s’agira de choisir la bonne variété de produits, d’avoir une réserve de précaution. Ce dernier est aussi une solution pour le problème de fourrages. Il faut essayer d’avoir des stocks de réserves.

La FNSEA se concentre aussi pour créer une épargne aléa (DPA amélioré). Cela permettra d’épargner les bonnes années de manière simple et souple. Entre autres, il y a aussi le choix de sa propre gestion des risques. Il y a un système d’assurance à plusieurs étages, la première est appelé «coup dur» et l’autre «complémentaire». La FNSEA essaye de faire en sorte de permettre aux agriculteurs de ne pas repartir de zéro et de sauver une grosse partie de leur récolte.

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BERTRAND (40) | 12 juillet 2017 à 20:03:11

Lorsque les revenus sont insuffisants, que les trésorerie sont au bout du bout; à sec, on tire partout où l'on peut en espérant que les choses se passeront au moins mal...Et c'est pourtant lorsque la situation est aussi tendue que la fragilité de l?exploitation est au maximum.. Faudrait-il une caisse spéciales pour ces agriculteurs fragiles notamment ceux qui démarrent..

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