L'Oise Agricole 25 octobre 2018 à 09h00 | Par Delphine Jeanne

La FNSEA a rencontré le nouveau ministre

Première organisation à rencontrer le nouveau ministre de l’Agriculture, la FNSEA juge positifs les premiers échanges qu’elle a eus le 18 octobre avec un homme au fait des dossiers agricoles et déterminé à défendre l’agriculture française.

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De gauche à droite : Jérôme Despey, secrétaire général de la FNSEA, Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture, et Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, le 18 octobre dernier, au ministère de l’Agriculture.
De gauche à droite : Jérôme Despey, secrétaire général de la FNSEA, Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture, et Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, le 18 octobre dernier, au ministère de l’Agriculture. - © Agence de presse

«Le ministre s’est montré très volontaire, il est conscient que l’agriculture française traverse une vraie crise économique et morale», a indiqué la présidente de la FNSEA à l’issue d’un premier rendez-vous avec le nouveau ministre de l’Agriculture, le 18 octobre. «Nous tenions à le rencontrer très rapidement après sa nomination pour qu’il nous fasse part de son ambition pour l’agriculture française», explique Christiane Lambert, que Didier Guillaume a reçue avec Jérôme Despey, secrétaire général de la FNSEA, pendant une heure et demi.

Désireux de travailler avec les corps intermédiaires, à qui il a indiqué accorder toute leur importance, le ministre a rappelé son intention de défendre «tous les modèles d’agriculture», y compris une agriculture compétitive qui exporte. La FNSEA lui a signifié l’importance de mener à bien le travail engagé avec la loi issue des Etats généraux de l’alimentation, notamment à travers les ordonnances qui doivent faciliter un retour de valeur sur les exploitations, pour des agriculteurs en attente d’un revenu décent depuis trop longtemps.

Un ministre au fait des dossiers agricoles

Didier Guillaume, sénateur de la Drôme depuis 2008, est un familier des questions agricoles par son ancrage rural, mais aussi par son expérience de rapporteur, au Sénat, de la loi d’avenir pour l’agriculture en 2013 et 2014. Ainsi, sur la question brûlante du

TO/DE, une rencontre avec les JA et la FDSEA de son département l’avait déjà alerté quant aux problèmes entraînés par sa suppression. «Il est déterminé à trouver une solution et en a parlé au président de la République dès sa nomination», indique Christiane Lambert. Didier Guillaume lui a, de plus, affirmé son intention d’être «le ministre des agricultrices et des agriculteurs» qu’il entend défendre à tous les niveaux.

A l’égard des antispécistes, partisans d’une abolition de l’élevage, «il a eu des mots durs», souligne la présidente de la FNSEA, qui ajoute que le ministre cherche les moyens d’organiser la réponse aux attaques excessives et médiatiques des anti-viande.

Sa détermination semble être la même sur le sujet de l’irrigation, alors que la sécheresse impose désormais une pression hydraulique sur tout le territoire français. «Il est attaché à défendre les projets d’irrigation» et souhaite «sortir des postures figées» qui sont souvent de mise, notamment dans les échanges avec le ministère de la Transition écologique et solidaire, estime Christiane Lambert.

La FNSEA a, par ailleurs, incité Didier Guillaume à trouver «un ballon d’oxygène» en matière de trésorerie pour pallier les conséquences de la sécheresse exceptionnelle, en portant, par exemple, l’avance des aides Pac à 90 % au lieu de 70 %, explique la présidente de la FNSEA, qui se rendra, quant à elle, sur le terrain, dans le Sud-Est, touché par les inondations, le 25 octobre dernier.

Enfin, la Pac sera l’un des dossiers les plus importants du nouveau ministre. Celui-ci s’est montré conscient du virage qui s’amorce et de l’importance d’obtenir des soutiens européens pour maintenir une Pac équilibrée, garante de la durabilité des exploitations sur l’ensemble du territoire. Il compte poursuivre la tournée engagée par son prédécesseur, en commençant par rencontrer son homologue allemande, indique la FNSEA, qui attend à présent de voir si le volontarisme du nouveau ministre se traduira bien par des résultats concrets, en faveur de l’agriculture française.

Suppression du TO/DE

Les députés de la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale ont adopté, le 16 octobre, deux amendements (AS 654 et AS 235) au projet de loi de financement de la sécurité sociale (PFLSS) permettant le maintien du dispositif d’exonération de cotisations sociales TO/DE. Les deux amendements ont été déposés par Olivier Véran (LRM) et Joël Giraud (LRM), rapporteur général du PFLSS et rapporteur général du budget. Ils visent, selon Olivier Véran, «à inciter fortement le gouvernement» à présenter «un dispositif revu et corrigé de manière à tenir compte des difficultés rencontrées sur les territoires par les différents exploitants agricoles» d’ici l’examen du texte en séance publique.

«N’y voyez pas du tout de volonté de fronde, et je serai extrêmement heureux la semaine prochaine de pouvoir voter un dispositif gouvernemental qui remplirait les objectifs», a précisé ce dernier. «En supprimant la suppression du TO/DE dans le PLFSS, j’ai, pour ma part, fait qu’il y ait sur la niche Copé des économies qui dégagent une marge de manoeuvre de 390 kiloeuros (sic, sans doute millions d’euros, ndlr) qui ont fait l’objet d’un vote en commission des finances à l’art. 36.

J’ai proposé un transfert de crédit à dure concurrence» vers le budget du PFLSS «de façon que nous puissions financer cette mesure à coût constant sur l’ensemble des deux budgets», a précisé Joël Giraud.

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