L'Oise Agricole 21 juillet 2016 à 08h00 | Par Agrapresse

La Commission présente de nouvelles mesures pour le lait

La Commission a présenté aux ministres de l’Agriculture de l’UE son 2e plan de soutien, qui consacre 150 millions d’euros à des incitations à la réduction volontaire de la production.

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- © Luc Delaby

Bruxelles a fait un geste. Lundi 18 juillet, le commissaire à l’Agriculture, Phil Hogan, a présenté un nouveau plan de soutien lors du conseil des ministres de l’Agriculture. Environ 150 millions d’euros seront consacrés au secteur laitier pour tenter de réguler la production.

Mais ce plan consacre aussi 350 millions d’euros - 49,9 millions pour la France - à des enveloppes nationales devant permettre aux Etats membres de renforcer ce dispositif ou de prendre des mesures pour les autres secteurs de l’élevage.

Avec un éventuel cofinancement national pouvant aller jusqu’à 100 %.

A cela s’ajoutent la possibilité de découpler en 2017 le paiement à la production de lait, l’extension de l’intervention publique et de l’aide au stockage privé de la poudre de lait jusqu’à la fin février 2017, la fixation à 70 % des avances sur les paiements directs au 16 octobre et le relèvement des prix de retrait des fruits et légumes.

Ces mesures étaient attendues
Bruxelles devrait aussi améliorer les dispositions actuelles de l’article 222 entré en vigueur mi-avril (dérogation temporaire aux règles de la concurrence permettant aux organisations de producteurs et aux coopératives de s’entendre sur la gestion de l’offre), qui n’ont pas vraiment fonctionné, faute de crédits européens.

La gestion du dispositif devrait néanmoins toujours être laissée aux Etats membres qui disposeraient d’enveloppes nationales. Une partie de ces fonds pourrait également être utili sée pour des aides à la trésorerie. Lors de la dernière réunion du comité spécial agriculture (CSA), le 6 juillet, certaines délégations (Irlande, Danemark, Suède) ont exprimé des réticences à l’idée de contrôler l’offre de lait.

Et de nombreuses délégations ont réclamé une certaine souplesse au niveau des Etats membres pour tenir compte des spécificités nationales. Ces pays sont, sans surprise, ceux qui augmentent le plus actuellement leur production laitière.

Prix du lait toujours au plus bas
En attendant, les prix du lait restent toujours extrêmement bas. Quelque «257, 270, 275 eu ros/1 000 l pour les laiteries les plus généreuses», annonçaient les Jeunes agriculteurs (JA) et les FDSEA de la Sarthe et de la Mayenne dans un appel à la mobilisation du 7 juillet. Deux jours plus tôt, la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) évoquait 260 euros/1 000 l en juillet, «véritable hold-up» pour les producteurs.

«Les prix sont beaucoup plus bas qu’il y a six mois,expliquait Etienne Fourmont, responsable lait à la section Jeunes agriculteurs de la Sarthe, le12 juillet. Notre coût de production tourne autour de 380 euros les 1 000 litres, alors que les laiteries nous ont annoncé 255, 260 euros la tonne pour Lactalis, Sodiaal autour de 265 euros, Bel 270 euros, soit plus de 100 euros au-dessous de notre coût de production. »

«Le risque, c’est d’avoir ce prix-là jusqu’à la fin de l’année», analyse Thierry Roquefeuil, président de la FNPL. Il rappelle que les stocks de poudre de lait mis à l’intervention vont bientôt revenir sur le marché. «J’imagine que l’on a quand même atteint un point bas. Par contre, avant que cela ne remonte, il va y avoir un moment», pronostique Jehan Moreau, directeur de la Fédération nationale des industries laitières (Fnil).

André Bonnard, vice-président de la FNPL, se veut plus positif : «Les cours remontent sur la poudre grasse, mais ils n’influencent pas encore les autres poudres. Il nous faut un prix qui dise aux opérateurs que les cours vont changer.» «C’est sûr, il va y avoir des mobilisations dans les semaines à venir», affirmait Etienne Fourmont, le 12 juillet, au lendemain d’une action devant l’entreprise Yoplait au Mans.

La veille, il restait quelque peu interrogatif quant à la mobilisation des éleveurs. Mais plus d’une centaine d’entre eux se sont déplacés. «Il devrait y avoir une action supplémentaire dans une quinzaine de jours, dans la Mayenne», continuait- il.

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