L'Oise Agricole 19 octobre 2017 à 09h00 | Par Dorian Alinaghi

La 2e rencontre de l’Oise rurale passe à l’action

C’est à Fresnaux-Montchevreuil que plus de 350 maires issus de communes de moins de 3.500 habitants, des élus et des acteurs du terrain rural se sont retrouvés afin de débattre sur des thématiques essentielles à l’avenir de la ruralité.

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Plus de 350 maires étaient venus lors de la 2e rencontre de l’Oise.
Plus de 350 maires étaient venus lors de la 2e rencontre de l’Oise. - © Dorian Alinaghi

C’est dans un majestueux corps de ferme à Fresnaux-Montchevreuil que la 2e rencontre rurale de l’Oise a eu lieu. Cet événement, rassemblant un très grand nombre de maires et d’élus, a permis de soulever de nombreuses questions touchant de près à la ruralité avec pour objectif de passer à l’action par rapport aux premiers projets de la première rencontre rurale de l’Oise.

Les axes traités ont pour objectif de créer un centre de supervision mutualisé de vidéoprotection, permettant aux communes rurales de se doter de moyens de lutte contre la délinquance et de lutter contre la désertification médicale en favorisant l’installation de jeunes médecins et chirurgiens-dentistes en milieu rural.

Big Brother contre la délinquance

La première table ronde concernée la vidéoprotection avec comme intervenant Lionel Garian, chargé de commission à l’assistance départementale pour les territoires de l’Oise (ATDO), et Dominique Legrand, président et fondateur de l’AN2V. La délinquance est en forte hausse dans le département, notamment dans les zones rurales.

Pour y remédier, 81 communes, soutenues par le Département, ont déjà installé des systèmes de vidéoprotection, dont 60 communes de moins de 3.500 habitants. «Les systèmes qui ne font qu’enregistrer sont facilement contournables, dès lors qu’un malfaiteur agit masqué ou qu’il circule avec de fausses plaques d’immatriculation. Les communes rurales deviennent des cibles de choix pour les délinquants traqués dans les villes. Pour récupérer un enregistrement, les enquêteurs doivent pour le moment se déplacer, éventuellement dans les communes, pour retrouver la trace d’un cambrioleur. Cela nécessite des moyens humains importants, qui ne sont toujours pas disponibles. Nous devons donc agir et trouver des solutions» souligne Nadège Lefebvre. Pour cela, fin 2019, l’Oise sera le premier territoire rural entièrement fibré d’Europe. De plus en plus de communes rurales sont connectées au réseau très haut débit (THD) du Syndicat mixte Oise très haut débit (SMOTHD).

Ainsi, toutes ces nouvelles technologies pourront ainsi être centralisées dans toutes les communes. Pour Dominique Legrand, il est indéniable de ne pas négliger l’importance de la vidéo surveillance «même si cela a un coût, surtout pour les petites communes, cela permettra de faciliter le travail de la police et surtout de faire diminuer la délinquance. De plus, les logiciels sont maintenant autonomes. Dorénavant, ce n’est plus la peine d’avoir plusieurs personnes 24 h/24 h pour vérifier toutes les images. L’algorithme permet de différencier, d’analyser et de comprendre les agissements anormaux des individus pour ensuite donner une alerte.»

Urgence

Il ne s’agit pas ici de la série avec George Clooney, mais plutôt d’une alerte afin d’amener des médecins dans l’Oise car la deuxième table ronde est axée sur la désertification médicale. L’Oise doit retrouver une attractivité afin que les médecins ne quittent plus le territoire ou bien qu’ils aient au moins un successeur.

L’Oise est le département le plus touché par la désertification médicale dans la région Hauts-de-France. Luc Rollet, directeur territorial de l’agence régionale de santé (ARS), affirme que la population de médecins dans le département n’est pas à la hauteur «Il est très difficile de retenir les jeunes médecins. Nous y travaillons mais pour le moment, nous n’avons pas trouvé de solution. La densité médicale est 40 % inférieure à la moyenne nationale. C’est-à-dire qu’il y a 30 médecins pour 10.000 habitants, contre 52 en moyenne en France. De plus, toutes spécialités confondues, 2;400 médecins exercent dans le département.»

Pour rehausser ce nombre ridiculement petit, plusieurs plans sont passés sur le billard. Le premier opte pour une rémunération des nouveaux médecins : jusqu’à 10.000 € pourraient ainsi être offerts à de jeunes généralistes (20.000 € pour les dentistes). En contrepartie, ils devront travailler au moins cinq ans dans l’Oise en libéral, sinon ils devront rembourser l’intégralité de la somme.

Pour Alain Letellier, vice-président du département et ancien médecin, «l’aide est insuffisante. La solution se trouve dans la formation des plus jeunes médecins». Agnès Thill, député LREM, a approuvé cette information et a déclaré que «Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, a entendu ce point important. La ministre est consciente de la situation, dès lors le numerus clausus va être augmenté.»

Une autre idée a été soulevée par Nadège Lefevre, celui de la télémédecine. «Vu que notre département sera le premier territoire rural à être connecté par un réseau haut débit, il sera facile de développer la télé-médecine. Par smartphone, tablette ou bien des cabines équipées, le patient pourra alors être en relation avec un médecin qui pourra à distance poser un diagnostic précis ou bien le rassurer. La téléconsultation permettra d’avoir un service médical 24 h/24 et 7 j/7.»

Pour terminer cette journée, Édouard Courtial, président du Conseil départemental, conclut en espérant que «les prochaines rencontres de l’Oise rurale pourront tirer un bilan positif de l’efficacité des plans proposés. Même si cela peut tomber à l’eau, je suis certain qu’il vaut toujours mieux reconnaître une erreur, ce qui est d’autant plus facile s’agissant d’une expérimentation plutôt que de persévérer dans l’erreur, ce qui conduit immanquablement à gaspiller de l’énergie et des moyens.»

Il reprend par la suite : «vous le savez, je vais quitter d’ici la fin du mois mes fonctions de président du Conseil départemental. Je siègerais désormais au Sénat, sur un siège que je sais devoir aux élus de l’Oise qui m’ont accordé leur confiance. Vous pouvez tous compter sur moi pour porter la voix des territoires essentiellement ruraux qui composent notre beau département. Je serai le défenseur intransigeant des petites communes, chaînons incontournables de l’organisation de territoire.»

 

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