L'Oise Agricole 30 mars 2017 à 08h00 | Par L'Oise Agricole

«L’Europe nous ouvre un marché extraordinaire»

Sur le thème «Mieux d’Europe», le nouveau rapport d’orientation de la FNSEA a été présenté au congrès, à Brest, les 28 et 29 mars pour détailler les propositions de la FNSEA pour redonner du sens à l’Europe et une efficacité plus grande à la Pac.

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Arnold Puech d'Alissach
Arnold Puech d'Alissach - © Laurence Geffroy

L’un des trois rapporteurs était Arnold Puech d’Alissac, agriculteur en Seine-Maritime, président de la FDSEA 76 et de la FRSEA de Normandie et membres du bureau de la FNSEA. Son rapport a fait état de différents leviers d’action pour redonner à la Pac son rôle et son efficacité.

 

Pourquoi la convergence est-elle un préalable indispensable pour l’agriculture européenne?

On ne parle pas uniquement d’agriculture sur ces enjeux. De nouvelles inquiétudes ont émergé dans l’Europe, comme la sécurité, l’immigration, la recherche-innovation, le changement climatique, des inquiétudes qui n’existaient pas il y a 20 ou 30 ans. Pour y répondre, nous avons besoin d’une Europe plus harmonisée, plus solidaire, ce qui passe par la convergence. Par exemple, sur le coût du travail: à part le Danemark, qui est à 21 ¤ de l’heure, la France est au plus haut avec 13 ¤, contre un peu moins de 12 ¤ aux Pays-Bas, 8 ¤ en Allemagne, et surtout 3 ¤ en Pologne.

Ce sont les pays de l’Est qui ont bénéficié au maximum de cette compétitivité, et ils n’ont pas du tout convergé. Même chose pour tout ce qui concerne la fiscalité, plus importante dans notre pays.

 

Une gouvernance plus forte serait donc nécessaire pour donner cette impulsion?

Nous voudrions qu’une partie des députés européens soient élus sur liste européenne et non sur liste nationale, ce qui permettrait un engagement plus fort de leur part en faveur de l’Europe. De même, il faudrait que les circonscriptions françaises soient en phase avec les nouvelles régions, pour que les élus soient davantage impliqués, qu’ils sachent à qui ils doivent rendre compte.

Nous avons par ailleurs une revendication concernant les actes délégués: la Commission les rédige pour expliciter les accords législatifs entre Parlement et Conseil, à l’image des décrets en France, mais souvent en oubliant l’esprit même de l’accord, et quand le texte final est soumis à l’approbation du Parlement, il est impossible de l’amender. Il faudrait un droit de regard avant. Car après, les conséquences peuvent être importantes sur le terrain. La Commission souhaite par exemple interdire les produits phytosanitaires sur les surfaces d’intérêt écologique.

Or, si on ne peut pas protéger le pois, beaucoup utilisé sur ces surfaces, la culture va être abandonnée. Enfin, il faut aussi, de notre côté, nous impliquer davantage à Bruxelles. Nous sommes représentés à travers les organisations - Copa-Cogeca - mais nous avons besoin de plus de connivence avec les autres pays, d’autant plus que l’image de la France a été fortement dégradée par nos différentes affaires politiques et notre manque de sérieux budgétaire.

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