L'Oise Agricole 06 février 2014 à 08h00 | Par Bernard Leduc

L’agro-alimentaire français à l’export : bien, mais peut mieux faire !

La ministre du Commerce Extérieur, Nicole Bricq, a passé une journée en Picardie, le 3 février.

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- © Oise Agricole

C’est l’une des réflexions que Nicole Bricq, ministre du Commerce Extérieur, a faites lundi dernier lors de son déplacement en Picardie. En se rendant chez Agco à Beauvais, puis à l’Institut LaSalle, elle a salué les performances des secteurs de l’agriculture à l’exportation et leur place essentielle dans la balance commerciale française. Les matières premières agricoles, mais aussi des entreprises de l’amont de la production - dont Agco, dont l’usine de Beauvais travaille à 85 % pour l’export - et surtout celles de l’aval font partie des rares secteurs de l’économie française à tenir des places de leader sur le marché mondial.

Nos entreprises de l’agro-alimentaire, des grandes aux PME, ont une place de choix, valorisant sans doute la gastronomie française connue et reconnue dans le monde entier.

«Le renforcement de l’attractivité du territoire français est une priorité du gouvernement. En termes d’investissements étrangers créateurs d’emplois, la France est la troisième destination européenne. Au total, plus de 20.000 sociétés étrangères sont implantées en France, employant près de 2 millions de personnes. La France est par ailleurs le premier pays d’accueil européen pour les investissements américains» disait le communiqué de presse annonçant la visite du ministre dans notre région.

Au programme, il était prévu la visite de la société Montupet à Laigneville, spécialisée dans les pièces de fonderie pour automobiles ; puis une table ronde, tenue à Amiens en présence de Claude Gewerc, président du Conseil régional, sur l’organisation du dispositif de soutien à l’export en Picardie et l’élaboration du PRIE (plan régional d’internationalisation des entreprises). L’après-midi se déroulait à Beauvais, avec la visite de Massey-Ferguson-Agco, en présence de son PDG, Ricard Markwell, et de David Appia, président de l’Agence française pour les investissements internationaux.

La conférence-débat portait sur la thématique «Internationalisation des échanges et des formations : quelles stratégies et quelles opportunités saisir ?»

«La France a des défauts structurels de compétitivité» reconnaissait la ministre, qui regrette ce défaut des Français d’être des individualistes. Cela pèse dans les relations commerciales et il faudrait que les entreprises, quelle que soit leur dimension, jouent davantage le collectif et s’approprient les outils publics d’accompagnement, proposés par exemple par Ubifrance. Nicole Bricq souhaite réorganiser l’offre commerciale française. Et elle voudrait que les Français mettent davantage en avant leur nationalité : «Revendiquez d’être Français».

S’adressant dans le cadre de l’Institut LaSalle à un public de jeunes, elle évoquait par ailleurs la mesure VIE (volontaires internationaux en entreprises). Chaque année, cette mesure fait l’objet de 40.000 demandes. Les bénéficiaires s’engagent pour un parcours de deux ans qui débouche sur un emploi ou une création d’entreprise à l’étranger dans plus de 80 % des cas. Cela concourt à la mobilité de la jeunesse et à la diffusion de la culture, de la langue et des savoir-faire français.

En matière de commerce extérieur, l’agriculture représente un atout indéniable pour la France, disait encore Nicole Bricq. Un atout qui est durable du fait de l’expansion démographique sur la planète et du développement économique dans les pays émergents qui expriment de nouveaux besoins en matière de qualité de leur alimentation.

Le désir de mieux se nourrir se traduit par une croissance des marchés, surtout dans quelques régions du monde devenues solvables. Dans ce monde de compétition, la France doit garder sa place, d’autant que le réservoir de terres arables est limité.

Vendre à l’export suppose d’avoir des prix compétitifs et d’avoir une offre commerciale adaptée. Cela était confirmé par Jean-Marie Savalle qui disait la nécessité de bien connaître localement son marché, avec une présence sur place par une filiale ou un partenaire. Les réseaux de communication, internet en particulier, facilitent les flux d’information pour permettre l’adaptation des produits. Isagri, leader européen de l’informatique agricole, est présente dans plusieurs plusieurs voisins d’Europe, mais aussi au Canada, en Amérique du Nord... et a ouvert en 2013 deux nouvelles filiales, au Maroc, puis en Roumanie. L’exportation est nécessaire pour le développement de cette entreprise qui doit faire face à d’énormes investissements pour la création de nouveaux logiciels ou l’adaptation permanente de ses produits.

Thierry Lhotte, pour Agco-Massey Ferguson, fait la même réflexion et observe aussi l’évolution des besoins technologiques des paysans du monde entier pour produire plus et mieux.

 

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