L'Oise Agricole 15 juin 2017 à 08h00 | Par Christophe Chatain

L’Adane se met au miel

Le printemps venu, les agriculteurs de l’Adane ont l’habitude de se retrouver en bout de champs pour évoquer l’actualité technique de la plaine.

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Les agriculteurs de l’Adane sont allés à la rencontre d’un apiculteur et d’un agriculteur qui travaillent en bonne intelligence. Un cas concret d’application de la charte apicole.
Les agriculteurs de l’Adane sont allés à la rencontre d’un apiculteur et d’un agriculteur qui travaillent en bonne intelligence. Un cas concret d’application de la charte apicole. - © Christophe Chatain

La betterave et la pomme de terre font l’objet de rendez-vous spécifiques. Cette année, l’Adane innove avec un temps d’échanges autour des ruches d’un apiculteur de Nampcel ! Des conditions presque idéales pour l’observation de cet insecte, dont les mœurs font tant parler, furent le théâtre de pédagogie entomologique.

Il est le résultat des premiers vols d’abeilles de mai, sur les colzas jaunis par la floraison, il est blanc et figé dans son pot, souvent décrié comme un miel peu goûteux ! Eh bien, c’est tout l’inverse, le miel des colzas de Belle-fontaine est parfumé à souhait et fondant en bouche. Oui, pour bien comprendre, il faut goûter !

Au milieu des échanges sur l’importance agronomique des pollinisateurs, le pot de miel en a fait des tours.

Notre apiculteur avait prévu d’ouvrir une ruche pour que l’on puisse observer la vie parfaitement organisée d’une colonie. L’agriculteur qui met à disposition ses parcelles profite de l’activité incessante de ces insectes travailleurs. Il nous a décrit comment le partenariat s’est construit : «Logiquement, j’échange avec l’apiculteur lorsque je prévois un traitement phyto…», «J’ai mené mon colza sans insecticide car les seuils d’intervention n’ont jamais été atteints !».

Vincent, l’apiculteur, renchérit : «c’est gagnant-gagnant, j’ai des parcelles de colza et l’agriculteur des pollinisateurs pour booster le rendement ! Je pense que l’on pourrait aller plus loin, si on pouvait semer sur des jachères, des espèces mellifères, on permettrait aux abeilles de diversifier leur bol alimentaire».

Ce tour de plaine nous a permis de présenter la charte de bonnes pratiques agricoles et apicoles rédigée entre partenaires conscients du bien-fondé du partenariat entre api et agriculteurs.

Charte apicole, mode d'emploi

Cette charte de bonnes pratiques agricoles et apicoles a été élaborée conjointement entre le Syndicat apicole, la FDSEA, le Syndicat des forestiers privés de l’Oise et la Chambre d’agriculture de l’Oise et signée le 10 avril dernier.

Cette charte, dont la vocation est de contribuer au maintien de l’apiculture, a pour objectif de définir un cadre général dans lequel s’inscrira le partenariat entre apiculteur et agriculteur ou forestier.

Les deux parties formaliseront leur partenariat par la mise en place d’un contrat faisant référence à la charte. Par ce contrat, l’agriculteur ou le forestier met à disposition gratuitement un ou des emplacements sur ses parcelles au profit de l’apiculteur.

La charte définit les droits et obligations réciproques de chaque partie. Ainsi, l’emplacement des ruches sera déterminé d’un commun accord ; l’apiculteur pouvant accéder à ses ruches à tout moment. De son côté, l’apiculteur s’engage à être à jour concernant la réglementation et le statut d’apiculteur ; à être couvert par une assurance en responsabilité professionnelle et à placer des colonies d’abeilles en bon état général.

L’agriculteur ou l’exploitant forestier s’engage à ne pas perturber l’activité des colonies en respectant les bonnes pratiques agricoles, à respecter les règlementations relatives aux conditions d’application des produits phytosanitaires, à se montrer vigilant concernant les conditions de traitements sur les fleurs en période de butinage et, dans la mesure du possible, il privilégiera les traitements à la tombée de la nuit ; il informera l’apiculteur au minimum 48 h à l’avance si la conduite de l’exploitation peut avoir une quelconque incidence sur la viabilité des abeilles.

De manière réciproque, les deux parties s’engagent à signaler tout comportement anormal d’une ou plusieurs colonies.

Cette coopération a, en effet, pour objectif d’établir un climat de confiance et de dialogue entre apiculteur et agriculteur ou exploitant forestier afin de rapprocher l’apiculture et l’agriculture.

En annexe de cette charte, figure l’arrêté préfectoral du 21 février 2017 relatif aux distances à respecter pour l’emplacement des ruches.

Si vous souhaitez de plus amples renseignements, vous pouvez contacter le syndicat Oise apicole à l’adresse email : agriapi.ruche@oise-apicole.fr, la FDSEA et la Chambre d’agriculture de l’Oise.

Les personnes intéressées (agriculteurs ou apiculteurs) peuvent contacter Christophe Chatain, conseiller animateur développement local auprès de la Chambre d’agriculture de l’Oise.

Judith Liard

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