L'Oise Agricole 06 octobre 2016 à 08h00 | Par Simon Playoult

«Jusqu’en mars 2017, toutes les formations sont gratuites»

Les comités Vivéa du Nord-Pas-de-Calais et de Picardie viennent de créer la structure Vivéa Hauts-de-France. Plusieurs projets vont voir le jour.

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Francine Théret, présidente du comité régional Nord-Pas-de-Calais, prend la tête de Vivéa Hauts-de-France (Guillaume Seguin, président du comité régional de Picardie, devient vice-président de la nouvelle structure). A ses côtés, Lysiane Boudenne, conseillère Vivéa Nord-Ouest.
Francine Théret, présidente du comité régional Nord-Pas-de-Calais, prend la tête de Vivéa Hauts-de-France (Guillaume Seguin, président du comité régional de Picardie, devient vice-président de la nouvelle structure). A ses côtés, Lysiane Boudenne, conseillère Vivéa Nord-Ouest. - © Simon Playoult

Près de 3.000 agriculteurs de la région participent chaque année aux formations proposées par Vivéa. Ce fonds mutualiste a pour but d’accompagner les chefs d’entreprise du secteur et leurs conjoints dans le développement de leurs compétences et le financement de leur formation professionnelle continue. Comme beaucoup d’organismes agricoles, Vivéa vient de se structurer en version Hauts-de-France.

Entretien avec Francine Théret, élue présidente de ce nouveau comité régional, et Lysiane Boudenne, conseillère Nord-Ouest.

Comment s’est articulée la création du comité Vivéa «grande région»?

Francine Théret: Depuis le début de l’année, le bureau national avait émis la volonté de fonder des comités régionaux sur la base des nouvelles régions. C’est chose faite depuis cet été sur notre territoire. La structure devait rapidement correspondre au schéma organisationnel du Conseil régional qui est notre principal interlocuteur et notre source de financements.

Quel sera son mode de fonctionnement?

Lysiane Boudenne: Le comité des Hauts-de-France se compose de seize membres issus des deux anciennes régions et représentant l’ensemble des acteurs agricoles (syndicats, CNMCCA, Chambre d’agriculture…). En commission, chaque membre doit faire remonter du terrain les sollicitations des professionnels. Notre rôle est ensuite de les transcrire en offre de formation. Nous ne voulons surtout pas nous éloigner des ressortissants de Vivéa, et nous voulons garder notre proximité avec les agriculteurs.

Quelles sont vos ambitions pour ce nouveau réseau?

F. T.: Je souhaite que le comité régional soit une cellule de veille pour répondre aux attentes des exploitants agricoles, dans toute leur diversité. Il doit être un pivot entre l’agriculteur qui désire se former, et les organismes de formation habilités (80 dans la région Nord-Pas-de-Calais, ndlr). Le comité Vivéa est un lieu d’échanges, nous ne devons pas proposer un «catalogue» de formations, mais identifier les besoins des professionnels en fonction du contexte et de la conjoncture.

Justement, avez-vous pris des mesures récentes face à la crise que subit le monde agricole?

F. T. : En ces temps bouleversés, la formation ne doit surtout pas être négligée ou perçue comme une perte de temps, bien au contraire. Elle fait office d’outil d’aide à la décision, et permet de faire le point selon le thème choisi: technique, économie, gestion, diversification… Les travaux de groupe sont un temps d’écoute et de dialogue. Ils permettent d’apprendre des autres, d’étudier les marges de manoeuvre et, dans certains cas, d’établir un plan d’action et un suivi à mettre en place sur l’exploitation.

Nous attendons un retour concret des audits-conseils réalisés par les services de la Chambre d’agriculture, sous l’égide du Conseil régional. En fonction des résultats, nous travaillerons à la mise en place d’un cahier des charges spécifique destiné à créer de nouvelles formations. Vivéa a d’ores et déjà décidé de prendre en charge les frais de formation de tout éleveur demandeur. Jusqu’en mars 2017, la totalité des formations financées par Vivéa est donc ouverte gratuitement aux éleveurs.

Vivéa a aussi souhaité mettre l’accent sur l’installation et la transmission cette année?

L. B.: En effet, rien que dans le Nord-Pas-de-Calais, le nombre d’installations est 30% inférieur par rapport à la décennie précédente. Conséquence des crises à répétition ou fait social, moins de 40% des chefs d’exploitation de plus de 55 ans connaissent leur successeur.

Depuis plus de douze ans, le Conseil régional accompagne Vivéa sur le financement des formations complémentaires au stage de 21 heures à destination des futurs installés. Or, ces formations restent essentiellement liées à l’acquisition de compétences économiques (maîtriser son EBE, s’approprier son étude économique, analyser ses résultats de gestion...).

Les élus du comité souhaitent donc développer d’ici à 2017 une offre de formation plus innovante visant à favoriser l’autonomie du futur chef d’entreprise, et faisant le lien avec des thématiques spécifiques importantes dans le pilotage de l’entreprise, comme la gestion des risques, la performance économique et environnementale, la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences. Le tout en intégrant les choix de vie personnels des futurs candidats.

Une thématique comme la «gestion des ressources humaines» est une des plus demandées. Pourquoi?

L. B.: Plus de cent exploitants agricoles ont participé à une formation en GRH ou management en 2015 et nous en sommes déjà à quatrevingt-quatre en 2016. Depuis moins d’une dizaine d’années, le recrutement et la gestion de la main-d’oeuvre se complexifient. La main-d’oeuvre familiale (hors exploitants et co-exploitants) est en grande partie remplacée par de la maind’oeuvre salariée.

D’autre part, la taille moyenne ou réduite de certaines exploitations, les charges ou les coûts d’investissements trop lourds à supporter ont induit le recours aux entreprises de travaux agricoles, et surtout le développement des Cuma. Face à ces deux phénomènes, la gestion des ressources humaines et l’organisation du travail sont devenues des composantes essentielles du métier de chef d’entreprise agricole. Des notions qu’il faut maîtriser, en particulier grâce à la formation.

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