L'Oise Agricole 19 février 2014 à 08h00 | Par L'Oise Agricole

Interview - Trois questions à Christiane Lambert

La venue dans l'Oise de la vice-présidente de la FNSEA, agricultrice en Maine-et-Loire, a été l'occasion de l'interviewer sur les états généraux de l'agriculture.

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Christiane Lambert.
Christiane Lambert. - © Bernard Leduc

Pourquoi ces états généraux de l’agriculture ?
Christiane Lambert - Tout simplement parce que nous déplorons, depuis plusieurs mois, le recul de l’agriculture française.
Nous étions le leader européen, nous sommes passés à la 3e place. Notre agriculture dévisse et régresse, alors que la demande alimentaire augmente de 2 à 2,5 % par an depuis 5 ans : et en France, nous perdons en production, nous perdons en performances et en compétitivité.
Les agriculteurs expriment de plus en plus souvent leur mécontentement, alors que le gouvernement aborde les problèmes à la petite semaine, sans qu’il y ait une remise à plat totale des problèmes qui se posent à l’agriculture. Et la loi d’avenir pour l’agriculture, qui n’a d’avenir que le nom, ne répond pas aux attentes des agriculteurs, elle n’apporte pas de solutions.
C’est la raison pour laquelle nous avons demandé que soient organisés, avec l’ensemble des organisations professionnelles au sein de la Caf, ces états généraux, pour traiter l’ensemble des problèmes qui se posent à l’agriculture française. Avec 3 thématiques : le coût du travail en France, la compétitivité et la modernisation de l’agriculture, et la simplification réglementaire ou environnementale.

Croyez-vous vraiment à l’efficacité d’une telle démarche ?
C. L. - Oui, car il nous faut des décisions pratiques. Il faut passer du pacte aux actes. Oui au choc de compétitivité, oui au choc de simplification administrative, mais on ne voit rien venir. Nous étions dans une phase de doléances, nous attendons des solutions, des décisions pratiques.
Pourquoi en Allemagne, un projet de méthanisation peut déboucher en 3 mois, alors qu’en France, il faut attendre 4 ans et demi ?
Pourquoi le CICE n’est pas ouvert aux coopératives, alors que le premier bénéficiaire en est la grande distribution qui massacre, en amont, des milliers d’emplois en nous imposant ses prix, à nous producteurs et à nos industries de transformation ?

Est-ce que ce débat interne aux organisations professionnelles agricoles ne vient pas occulter les sujets qui préoccupent les agriculteurs ?
C. L. - Ce n’est pas une réunion parisienne. Nous avons besoin de simplification et de gagner en compétitivité dans les filières, c’est quelque chose de très concret dans le quotidien des agriculteurs. Il nous faut mieux nous armer pour affronter la nouvelle Pac qui porte en germe une baisse de revenu qui peut être de 20 à 30 %, quelles que soient les  productions ou les structures.
Un effet de masse doit être dégagé avec ces états généraux et nous nous emploierons à la mise en application des conclusions qui seront faites.
Propos recueillis par Bernard Leduc

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