L'Oise Agricole 28 juillet 2016 à 08h00 | Par L'Oise Agricole

Inondations et agriculture: plus de deux milliards de pertes estimés

C’est ce qu’a annoncé le président de la FNSEA, Xavier Beulin, lors d’un déplacement dans l’Aube, le lundi 25 juillet.

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- © FNSEA

En France, un nombre important d’exploitations, impactées par les épisodes d’inondations, affichent un état des cultures très fortement dégradé. Blé, maïs, betterave, mais aussi colza, chanvre et autres espèces ont été directement touchées par l’eau stagnante. Après le gel au printemps et la grêle, la nature semble s’acharner sur le monde agricole.

Venu rencontrer, le lundi 25 juillet, un couple d’exploitants au bord du gouffre dans le département de l’Aube, le président de la FNSEA, Xavier Beulin, en appelle au rassemblement de toutes les parties prenantes. «Il faut montrer de la collégialité autour de ces sujets», a t-il insisté. Un traitement exceptionnel de l’assurance doit, selon lui, être mis sur pied.

En outre, Xavier Beulin a réitéré, lors du dernier Conseil supérieur d’orientation (CSO) tenu le 21 juillet dernier, sa demande d’exonération de la TFNB (taxe foncière sur non bâti) pour tous les professionnels concernés. Les inondations ont causé des ravages aux conséquences encore difficiles à évaluer.

Le président de la FNSEA annonce néanmoins une estimation chiffrée à plus de deux milliards d’euros de pertes pour l’agriculture française, en considérant uniquement la partie «grain». Les dommages dans les secteurs des légumes, des fruits et en horticulture viennent alourdir l’addition. «Il faut repenser le financement global de l’agriculture pour traiter cette campagne et les prochaines», conclut-il.

Tant en quantité qu’en qualité, les experts tablent sur des moissons 2016 désastreuses. Dans les champs, on parle de récolte en blé oscillant entre 7 et 60 quintaux l’hectare (au lieu des 74 quintaux en moyenne en 2015 pour le blé tendre), indique Pierre Goujard, président de Jeunes Agriculteurs (JA) de l’Aube.

Le président du directoire du Groupe Soufflet, Jean-Michel Soufflet, annonce des récoltes globales divisées par deux, voire trois. «En blé, l’année dernière, nous étions à 42 millions de tonnes (Mt). Cette année, on estime une récolte entre 29 et 32 Mt», précise l’industriel. A cela s’ajoute des problèmes de qualité.

«Zone d’expansion des crues» : qui est responsable ?

Lorsque l’on traite du sujet des inondations, très vite, le système assurantiel est questionné. Les «zones d’expansion des crues» sont des zones volontairement inondées sous l’action de l’homme dans le but de préserver les zones habitables. Si le monde agricole dit comprendre parfaitement qu’il est préférable d’inonder des terres plutôt que des maisons, il pose la question de la responsabilité et des indemnisations en conséquence.

«Ce n’est pas à l’agriculteur seul de financer ce qui est un service rendu», souligne Joël Limouzin, vice-président de la FNSEA. Selon lui, il faudra faire attention à ne pas faire passer en perte de fonds, incluses dans le fonds des calamités agricoles, les «zones d’expansions des crues».

fonds de solidarité national devrait, d’après le représentant de la FNSEA, prendre en charge les indemnités à octroyer aux agriculteurs concernés. Le mardi 26 juillet s’est tenu un comité national de gestion des risques en agriculture (CNGRA) exceptionnel pour examiner ces cas. Concernant les pertes de récolte, les experts attendent la fin de la moisson. Les premiers dossiers seront étudiés à partir du mois d’octobre.

Vers une assurance obligatoire?

Au sein même de la «maison FNSEA», les avis s’opposent sur la question. Faudra-t-il oui ou non obliger les producteurs à souscrire à une assurance? Au vu du contexte actuel, ce sujet délicat refait surface.

Entre 25 et 30 % des céréaliers sont assurés. Des pays comme l’Espagne ou l’Italie seraient partisans d’une telle démarche, mais les pays du Nord, fervents défenseurs de la liberté d’entreprise, s’y opposeraient.

«Le débat est posé», déclare Joël Limouzin. Selon lui, si le nombre d’agriculteurs assurés augmentent, les cotisations seront plus faibles. «Cela donnerait aussi une véritable légitimité au soutien de l’agriculture par les politiques et la société civile», développe le vice-président de la FNSEA.

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