L'Oise Agricole 08 décembre 2016 à 08h00 | Par L'Oise Agricole

Il ne faut jamais croire qu’il n’y a pas de solution

Interview de Christiane Lambert, première vice-présidente de la FNSEA.

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- © Bernard Leduc

Avec les crises qui s’accumulent, certains agriculteurs envisagent d’arrêter le métier. Pour les aider à se reconvertir, Vivea va consacrer 5 millions d’euros (2,5 millions en 2016, 2,5 en 2017) pour financer les formations, en complément de l’aide publique. Les formations pour les chefs d’exploitation peuvent être financées jusqu’à 2.500 € par personne.

Le fonds d’assurance de formation des chefs d’exploitation et d’entreprise agricole a signé le 18 novembre une convention avec le ministère de l’Agriculture et Pôle Emploi, pour collaborer en ce but.

Pourquoi Vivea s’est-il mobilisé pour accompagner cette reconversion?

Christiane Lambert : Depuis plusieurs mois, Vivea est contacté par des agriculteurs en situation de fragilité ou de très grande difficulté, qui veulent savoir s’ils peuvent bénéficier d’un financement pour se reconvertir. Le 5 août, le ministère de l’Agriculture a émis une circulaire relative à la réinsertion professionnelle instaurant une aide au départ de 3.100 €, un montant qui a fait bondir la profession !

Le Conseil d’administration de Vivea a décidé de compléter ce dispositif en finançant, dans le cadre du congé formation, des formations pour les agriculteurs rencontrant de grandes difficultés et souhaitant se reconvertir. L’idée est de mettre les agriculteurs en situation de prise de recul, de réfléchir à un projet et de trouver les formations qui correspondent le mieux à leurs compétences.

Compte-tenu de leur situation économique, il est important que ces agriculteurs retrouvent vite du travail pour dégager des revenus. Majoritairement, les agriculteurs qui arrêtent leur activité retrouvent très vite du travail, car ils ont de nombreuses qualités.

Pourquoi le partenariat avec Pôle Emploi?

C. L. : Pôle Emploi a des antennes sur tout le territoire et une excellente connaissance des métiers en tension, à savoir les métiers qui embauchent, et les offres non pourvues localement.

Le dispositif que nous avons mis en place avec le ministère de l’Agriculture, Vivea et Pôle Emploi doit nous permettre d’aller très vite et d’être efficaces. Un agriculteur peut dès aujourd’hui se renseigner auprès de Vivea, de Pôle Emploi, ou auprès des organisations agricoles qui vont être informées des formalités à accomplir.

Qui peut prétendre à ce dispositif?

C. L. : Il s’adresse aux agriculteurs dont l’exploitation a été jugée inapte au redressement après avis de la CDOA ou qui sont soumis à une procédure collective de liquidation judiciaire devant le TGI, des personnes à qui il faut absolument donner la possibilité de rebondir. L’objectif est de ne pas les laisser s’isoler, il ne faut jamais croire qu’il n’y a pas de solution. C’est justement un dispositif à la carte pour que chacun l’utilise de façon individualisée. Les agriculteurs peuvent demander soit l’ensemble du dispositif, soit seulement l’aide publique ou seulement celle de Pôle Emploi.

Et pour les agriculteurs qui se sentent dépassés mais dont l’exploitation peut continuer, y-a-t-il des mesures?

C. L. : Pour les agriculteurs en situation de burn out, mais dont l’exploitation peut continuer, la MSA a mis en place des formations sur deux jours pour se ressaisir et retrouver des éléments de confiance pour repartir.

Le gouvernement propose aussi une aide, dans le cadre du plan de consolidation annoncé en octobre, pour permettre aux agriculteurs de se faire remplacer. Depuis 2009, Vivea met également en place des formations spécifiques par filière pour revenir aux fondamentaux de gestion. La formation destinée aux grandes cultures est disponible depuis 2016.

Peut-on encore compléter ce dispositif?

C. L. : Nous avons contacté Régions de France pour que les régions puissent compléter ce dispositif par un revenu d’accompagnement pour les agriculteurs pendant leur temps de formation. Nous souhaitons qu’elles suivent cette initiative.

Renseignements sur ce dispositif d’accompagnement auprès de Lysiane Boudenne, conseillère formation Vivéa Nord-Ouest à Amiens

tél. 06 75 66 49 18 - Fax : 03 22 33 35 61 - courriel : l.boudenne@vivea.fr

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