L'Oise Agricole 28 novembre 2014 à 08h00 | Par Laurent Mingam

Il faut des agriculteurs «acteurs du changement»

économiste, conférencier et auteur. Il interviendra lors du congrès de la FDSEA, mardi prochain 2 décembre à Bresles

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- © Oise Agricole

Philippe Bloch, bonjour. Vous participez mardi 2 décembre au congrès de la Fdsea. Qui êtes-vous ? Quel est votre parcours ?

Philippe Bloch - Je suis un mélange inhabituel d’entrepreneur et d’observateur du monde de l’entreprise. Fondateur notamment de la chaîne Columbus Café, qui compte aujourd’hui près de 100 points de vente, je suis aujourd’hui business angel et m’implique dans le développement de plusieurs start-ups. Auteur du best-seller Service compris, vendu à 500.000 exemplaires depuis sa sortie en 1986, j’ai récemment publié deux ouvrages : Opération Boomerang, sous-titré «365 idées pour faire revenir vos clients à l’heure d’internet» et Ne me dites plus jamais bon courage ! sous-titré «lexique anti-déprime à usage immédiat des Français» (Ventana Editions). J’anime en outre chaque week-end depuis dix ans sur BFM Business l’émission L’Entreprise BFM consacrée aux entrepreneurs.

 

L’agriculture est le 2e employeur de France. C’est un secteur économique majeur sur de nombreux territoires. Pourtant, elle est aujourd’hui dans un certain marasme. Que pensez-vous, plus globalement, de la situation actuelle française et du pessimisme ambiant ?

Philippe Bloch - Est-ce l’agriculture, ou plus généralement la France, qui se complait dans une déprime incompréhensible à mes yeux ? Les Français sont tristes et ne réalisent pas combien la crise commence le plus souvent dans leurs têtes. Ils ont peur d’un avenir pire que le présent et truffent leur langage quotidien d’expressions négatives qui leur minent le moral, sans même qu’ils s’en rendent compte. Cela saute aux oreilles, comme en atteste ce funeste «bon courage» qui remplace peu à peu «bonne journée» partout en France.

Ils manquent de projets et cela mine leur moral collectif. Sous assistance respiratoire et bientôt candidats à l’euthanasie si rien ne se passe, ils n’ont aucun grand élan durable et s’interdisent de rêver. Gavés d’antidépresseurs, ils broient du noir à tout propos et cela devient dangereusement contagieux. Tétanisés par les menaces et les mauvaises nouvelles anxiogènes, les uns comme les autres ne voient plus, ni les opportunités, ni les solutions et sont incapables de repérer les succès et de les célébrer. Même par grand beau temps, ils voient ou imaginent des nuages dans leur ciel.

 

Quelle est votre vision, votre perception de l’agriculture ?

Philippe Bloch - Je n’en suis nullement un spécialiste, mais je suis toujours impressionné par la puissance de l’agriculture française et la modernité de nombreux agriculteurs devenus eux aussi de vrais entrepreneurs et de vrais managers. Leur métier évolue aussi rapidement que la plupart des autres métiers et il est indispensable qu’ils continuent à avoir envie de l’avenir plutôt qu’à le craindre. Le monde de demain appartient en effet aux optimistes.

Ceux qui sont capables de développer une vision positive de leur existence et de conserver une vitalité juvénile. Plutôt que désespérer de l’inaction collective, ils préfèrent se concentrer sur ce qu’ils peuvent accomplir à leur niveau, fût-il modeste. Plutôt que se dire victimes, ils se voient en acteurs du changement. Plutôt que considérer les tracas ou les emmerdements comme définitifs, ils s’efforcent toujours de les juger provisoires et de visualiser à quoi ressemblera la sortie de crise. À défaut de pouvoir changer le monde, ce qui compte aujourd’hui est de modifier le regard que nous portons sur lui.

 

 

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