L'Oise Agricole 14 juin 2018 à 14h00 | Par Dorian Alinaghi

«Il faut 4 à 5 ans pour éradiquer la BVD»

Vendredi 8 juin à Clermont, le GDS 60 a organisé son assemblée générale. Éradication du BVD (diarrhée virale bovine) et nouvelles maladies ont été les principaux sujet abordés.

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Un vétérinaire est intervenu afin de présenter la solution des huiles essentielles, une alternative crédible aux antibiotiques.
Un vétérinaire est intervenu afin de présenter la solution des huiles essentielles, une alternative crédible aux antibiotiques. - © Dorian Alinaghi

«2018 est une année cruciale» affirme David Demarcy, président du GDS de l’Oise. En effet, le 1er juillet, c’est le top départ pour la généralisation de la boucle BVD dans tous les élevages des Hauts-de-France. Les cinq GDS se sont concertés pour bâtir un projet commun avec le même calendrier, les mêmes règles et le même financement. «Cet élan collectif s’inscrit dans le prolongement d’une dynamique venant des régions du Nord-Est de la France conduisant à une ligne de front sanitaire d’une vingtaine de départements. Lorsque tous les éleveurs seront en marche, nous estimons qu’il faudra 4 à 5 années de contrôle des naissances pour venir à bout de la maladie. Si les éleveurs jouent collectif, nous verrons rapidement diminuer l’influence de la maladie au fil de l’élimination des veaux infectés. Sur un territoire donné, on évalue les pertes de 4 à 8 euros par bovin présent par an» ajoute-t-il.

Pourquoi éradiquer la BVD? Il s’agit d’une maladie majeure dans les élevages par sa fréquence, sa contagion et par sa dangerosité. Le moyen pour l’éradiquer est la boucle BVD.

Des boucles préleveuses permettent un dépistage précoce en prélevant un bout de cartilage de l’oreille. La première phase du programme consiste à poser des boucles sur tous les veaux avec une boucle préleveuse, qui est déjà agréée et validée depuis plusieurs années, une boucle d’identification normale. Il s’agit de placer une boucle noire d’identification normale à gauche (prochainement électronique) et une boucle blanche d’identification préleveuse à droite.

«D’un point de vue financier, il a été décidé collégialement entre les GDS des Hauts-de-France, d’apporter une aide de 2,70 € par boucle analysée en 2018 pour les adhérents au GDS.» explique David Demarcy. La résolution décidant de la généralisation du contrôle des naissances à l’égard de la BVD par la boucle préleveuse à compter du 1er juillet 2018 a été voté favorablement. Les professionnels doivent donc rendre obligatoire ce protocole et un arrêté ministériel devrait consolider cette prise de position avant la fin de l’année.

D’autres dangers sanitaires à se méfier

La BVD n’est donc pas la seule maladie. La fièvre catarrhale ovine et ses avatars donnent du fil à retordre aux élevages. En effet, le sérotype 8 a refait son apparition en 2015, lui qui devait disparaître après une campagne de vaccination intense sur trois années. Ensuite, le sérotype 4 s’est immiscé en France continentale. «Devant cette nouvelle vague virale, les autorités ont commencé à baisser les bras, affirme David Demarcy. Les vaccins fournis gratuitement seront bientôt épuisés et nous devrons apprendre à vivre dans la durée avec ces deux virus. À la différence du sérotype 8 qui affecte les ovins et les bovins, le sérotype 4 est surtout pathogène pour les ovins» ajoute-t-il.

La tuberculose est toujours une maladie préoccupante dans les élevages. Même s’il n’y a rien à signaler dans l’Oise, elle continue à progresser dans les départements du Sud-Ouest. Autre menace, la peste porcine africaine. C’est une maladie virale, très contagieuse. Elle est classée parmi les dangers de première catégorie. Absente du territoire, si des cas sont avérés en France, un plan d’urgence aura lieu. Elle n’affecte que les porcs et les sangliers.

Une nouvelle organisation des GDS

En 2018, il y aura la création de la fédération régionale des GDS Hauts-de-France. Amené à remplacer la fédération inter-régional des GDS, la nouvelle structure prendra ses responsabilités officiellement avec l’extension des missions déléguées soumises à accréditation. Elle sera avant tout un organe d’échange et de concertation. De plus, les GDS de l’Oise et de la Somme envisagent de mettre en place un pôle commun chargé du suivi des prophylaxies (missions délégués) qui sera basé sur Amiens. «Cette nouvelle organisation va permettre de libérer du temps pour les missions techniques sur le terrain. Il faut harmoniser nos pratiques avec tous les GDS, chaque éleveur doit être traité à sa juste valeur» exprime David Demarcy.

 

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