L'Oise Agricole 20 juillet 2017 à 09h00 | Par Agra Presse

Etats généraux : les attentes des filières agricoles

Les filières agricoles ont exprimé leurs attentes des Etats généraux de l’alimentation lancés le 20 juillet, mais dont les ateliers débuteront le 29 août.

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Les différentes filières agricoles attendent des États généraux de l’alimentation une répartition de la valeur.
Les différentes filières agricoles attendent des États généraux de l’alimentation une répartition de la valeur. - © V. Marmuse

«On ne peut pas accepter dans notre pays que l’on puisse produire, faire, travailler et ne pas en vivre dignement», avait déclaré le 9 juin, Emmanuel Macron au lycée agricole de Limoges Les Vaseix (Haute-Vienne). Les États généraux de l’alimentation doivent consacrer un large débat sur cette question dans le premier chantier portant sur la création et la ré-partition de la valeur dans les filières agricoles. Jérémy Decerle, président de Jeunes agriculteurs, pense «qu’il faut se servir de ce rendez-vous pour poser des jalons et restructurer les filières».

Il dit «attendre beaucoup des animateurs et de l’État», évoquant l’habituel «jeu de dupes» dans certaines filières.Dans la filière laitière, l’enjeu législatif est majeur. La loi Sapin 2, visant entre autres à renforcer le pouvoir des producteurs dans les négociations de prix, n’est pas encore appliquée dans sa totalité. «J’ai tendance à penser qu’il faut légiférer. Mais sans que l’emballement législatif conduise à du normatif», relevait André Bonnard, le 12 juillet. Il estime que les attentes sociétales et la création de valeur sont «un seul et unique thème» à défendre durant les tables rondes. Pour le syndicat, la question du prix reste cruciale. Ce sera «la posture de la FNPL», explique-t-il.

Pour la filière porcine, la révision de la loi de modernisation de l’économie (LME) est aussi une priorité. «Un petit industriel de la charcuterie me disait récemment qu’il n’arrive pas à répercuter la hausse des matières premières depuis un an», rapporte Paul Auffray, président de la Fédération nationale porcine (FNP). La FNSEA ne veut pas une révision complète de la LME, «car cela nécessiterait deux ans de travail, considère Christiane Lambert. Nous souhaitons revoir certains aspects, comme l’encadrement des promotions ou le seuil de revente à perte (en grande distribution, ndlr)». Christiane Lambert parie sur une application rapide de ces propositions et demande aux pouvoirs publics «des frappes chirurgicales».

Redéfinir les missions de l’élevage

Dans les filières volaille et porcine, c’est la compétitivité des entre-prises et les distorsions de concurrence qui ressortent. Les interprofessions volaille de chair pourraient demander la réautorisation des protéines animales transformées (PAT) en alimentation animale, dont la levée pourrait redonner de la valeur aux déchets d’abattoir de volaille. Autre sujet fort porté par l’interprofession porcine : la baisse de consommation qui touche les produits porcins depuis quelques années, au profit notamment du poulet. Plus largement, la FNP veut aborder la place de l’élevage dans la société. «Nous voulons redéfinir les missions territoriales, économiques et sociales de l’élevage.

On ne peut pas réduire la mission de l’élevage à produire toujours moins cher, et on ne peut pas non plus traiter le sujet des antibiotiques comme si la France était dans sa bulle», assène Paul Auffray.

Les attentes dans les grandes cultures

Du côté des céréales, l’AGPM (producteurs de maïs) a aussi établi sa feuille de route : dispositifs assurantiels «plus incitatifs» dans la Pac, épargne de précaution, «véritable politique de stockage de l’eau», maintien du plafond de 7 % de bioéthanol dans l’essence, accès à la protection phyto, aux innovations en matière de sélection variétale, etc.

Du côté de la Fop (oléoprotéagineux), «on veut porter les efforts sur l’innovation et la recherche, notamment dans l’amélioration de la protéine végétale». Les filières grandes cultures veulent aussi rebondir sur l’interdiction des phyto sur les surfaces d’intérêt écologique (SIE) et le projet de baisse d’incorporation des biocarburants de première génération.De son côté, la CGB (betteraviers) s’inquiète de la fin des quotas.

La filière betterave et sucre entre dans «un système de prix non négocié, avec la possibilité, pour le complémenter, de convenir des clauses de répartition de la valeur, négociées groupe par groupe au sein de commissions de répartition de la valeur», explique-t-elle. Les betteraviers veulent s’assurer que «l’esprit des textes de ce nouveau mode de répartition de la valeur est respecté».

Cinq milliards d’euros à se partager

Il restera aussi à tomber d’accord sur la répartition des cinq milliards d’euros sur cinq ans prévue par le gouvernement pour renforcer la compétitivité des filières agricoles françaises. Or, toutes les filières souhaitent fortement en bénéficier, mais comme le précisa avec pertinence une syndicaliste : «Il ne sert à rien de mettre des chaussures de sport à un athlète qui est déjà sur un lit d’hôpital !»

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