L'Oise Agricole 31 août 2017 à 09h00 | Par Delphine Jeanne

Etats généraux de l’alimentation : top départ

Les États généraux de l’alimentation entrent dans une phase plus concrète avec le début des ateliers, à partir du 29 août.

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Olivier Allain et Stéphane Travert présentent le déroulé des ateliers des États généraux de l’alimentation, le 28 août, au ministère de l’Agriculture.
Olivier Allain et Stéphane Travert présentent le déroulé des ateliers des États généraux de l’alimentation, le 28 août, au ministère de l’Agriculture. - © Agence de presse

«L’objectif central, c’est une agriculture économiquement viable, productrice d’une alimentation saine, sûre, durable et accessible à tous, de refaire de la France un modèle d’avenir, et que chacun puisse avoir pleinement confiance en ceux qui travaillent la terre et qui, encore aujourd’hui, travaillent dur et gagnent trop peu.» En présentant plus en détail le contenu des sept ateliers du premier chantier des États généraux de l’alimentation, le 28 août, le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert, a clairement insisté sur la priorité, soit le revenu des agriculteurs.

Si ce dernier fera sans doute plus spécifiquement l’objet de l’atelier 5, «Rendre les prix d’achat des produits agricoles plus rémunérateurs pour les agriculteurs», qui s’ouvre le 29 août au ministère de l’Agriculture, l’ensemble de ce chantier doit aboutir à des pro-positions concrètes pour sécuriser les agriculteurs et leur permettre, dans un deuxième temps, de réaliser les investissements nécessaires pour répondre davantage aux attentes des consommateurs en matière de qualité et de durabilité des pratiques.

Des questions concrètes

Sans s’avancer sur les décisions qui pourraient être prises au cours de ces ateliers qui réuniront chacun, sous l’égide de deux co-présidents, une soixantaine de participants, le ministre a précisé des questions concrètes spécifiques dans chaque atelier : quelles sont les attentes des consommateurs, sur quelle base orientent-ils leur acte d’achat ? Quels sont les freins au développement des circuits courts ? Comment mieux valoriser les déchets de l’agro-alimentaire ? Comment accompagner les entre-prises françaises à l’export, développer leurs parts de marché ? Comment rééquilibrer les rapports de force entre les différents acteurs de la chaîne alimentaire ?

A l’issue de cette première séquence, le président de la République, Emmanuel Macron, s’exprimera, autour du 11 octobre, pour annoncer les premières décisions. Ces dernières devront notamment se traduire de façon concrète avant le début des négociations commerciales entre les industriels et la grande distribution, en octobre, ce qui présage d’un timing serré. Les débats seront également alimentés par la consultation publique en ligne, qui compte plus de 43 000 visites à ce jour, près de 6 500 contributions et 1 120 nouvelles propositions. Trois questions ont attiré les contributions davantage que les autres : comment rémunérer plus équitablement les agriculteurs ? Comment accompagner la transformation agricole ? Et comment soutenir des modes de consommation plus responsables ? Le ministère de l’Agriculture espère attirer un peu plus les réponses du grand public - les participants étant pour l’instant essentiellement des organisations ou associations proches du milieu agricole.

Le deuxième chantier, «Une alimentation saine, sûre, durable et accessible à tous», se déroulera, quant à lui, de début octobre à mi-novembre. Olivier Allain, vice-président de la région Bretagne, éleveur dans les Côtes d’Armor, a, de son côté, été nommé coordinateur des États généraux de l’alimentation, un rôle qui consistera selon lui à faire beaucoup de «back office», par exemple consulter les représentants des filières non présentes aux ateliers.

La FNSEA fera entendre sa voix

Alors que l’atelier 5, «Rendre les prix d’achat des produits agricoles plus rémunérateurs pour les producteurs», s’est ouvert le 29 août au ministère de l’Agriculture, la FNSEA a fait le choix d’une manifestation positive en distribuant aux passants des produits français. «Nous comptons beaucoup sur ces États généraux», a réaffirmé Christiane Lambert, présidente de la FNSEA. Il y a «un partenariat gagnant-gagnant à développer», insiste la présidente de la FNSEA, qui souhaite que ces Etats généraux soient enfin l’occasion de passer d’une relation d’adversaire à celle de partenaire.

La contractualisation doit notamment être encouragée pour rassurer les producteurs et donner davantage de visibilité. La stabilité nécessite également des organisations de producteurs plus puissantes. Les États généraux seront donc un moment crucial pour faire reconnaître cette valeur à son juste prix.

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