L'Oise Agricole 22 février 2018 à 09h00 | Par Linda Monnier

Éleveur et engagé, une démarche durable

Ce mercredi 14 février, la section Viande bovine a organisé une réunion d'informations sur le dossier Éleveur et engagé. L'objectif de la réunion : comprendre la démarche et l'intérêt de sa mise en oeuvre pour les éleveurs. Cédric Mandin, secrétaire général de la FNB (Fédération nationale bovine) et Marie Penn, chargée du dossier FNB, sont venus à la rencontre des éleveurs adhérents de la FDSEA60.

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"Eleveur et Engagé" au sein d'une grande distribution. (© Linda Monnier)  © Articque

Après un point de situation sur la conjoncture et l'évolution des marchés, Cédric Mandin a présenté la démarche, jusque là méconnue dans l'Oise. À son début, cet acquis syndical était appelé Coeur de Gamme lors de sa mise en route, puis renommé Éleveur et engagé pour être plus parlant au consommateur. Aujourd'hui, cette démarche porte ses fruits !

Éleveur et engagé, qu'est-ce que c'est ?

L'objectif est clair : rémunérer les éleveurs avec une construction du coût de production. Certes, en ce moment, avec les États généraux de l'alimentation (EGA), cette revendication a été martelée par la profession et entendue lors des EGA. En pleine crise de l'élevage, la FNB avait déjà pris «le taureau par les cornes» lors du Salon de l'agriculture 2016 pour initier la démarcheCoeur de gamme. La réflexion de départ était simple : satisfaire les consommateurs avec les produits de qualité et surtout rémunérer décemment les éleveurs. En juin 2016, Système U a été le premier à signer.

«À ce jour, c'est plus de 5.000 bêtes par mois qui entrent dans la démarche. Ce nombre est en augmentation dès lors que les sections bovines des FDSEA lancent la démarche. Aujourd'hui, dans l'Oise, il y a un gros potentiel, notamment avec la proximité de la région parisienne !» selon Cédric Mandin

8 enseignes sont engagées dans la démarche : Système U, Carrefour, Lidl, Leclerc, Intermarché, Casino et Auchan et Cora. Mais comment la valorisation revient aux éleveur, et ne reste pas dans la poche d'un intermédiaire ? Cédric Mandin rassure les éleveurs : «L'argent redescend bien aux éleveurs dont la bête a été choisie Eleveur et engagé». Nous avons le numéro d'identification des animaux.

Quels sont les bovins qui peuvent être en Éleveur et engagé ?

Concernant les animaux, il faut qu'ils répondent aux critères inscrits sur le tableau ci-joint. Au niveau des conditions de production, l'éleveur doit être adhérent à la Charte des bonnes pratiques.

La viande doit maturer minimum 10 jours. Sur le prix, il n'y a pas de négociation de prix, on est sur une logique de coût de production. La démarche est une mise en avant du produit, étiqueté Éleveur et engagé, avec des animations magasins.

Comment savoir si un animal est passé en Éleveur et engagé ?

La valorisation Éleveur et engagé se situe entre 0,8 et 1 EUR/kg. Elle reste complémentaire aux autres démarches déjà mises en place. Certains pourraient être sceptiques sur le retour à l'éleveur. Et pourtant, Cédric a rassuré les participants «Ça fonctionne très bien! Nous avons un suivi des animaux, que nous communiquons pour que l'information passe bien à l'éleveur. Nous pouvons agir rapidement en cas de rétention...»

Pour Cédric Vendéen, la démarche fonctionne très bien, a-t-il rappelé. «Même mise en place, il faut aussi parfois faire des piqûres de rappel (auprès des enseignes, ndlr). Mais aujourd'hui, les éleveurs des départements bien ancrés dans la démarche sont vraiment satisfaits !» Pour l'instant, dans l'Oise, il n'y a que 8 demi-carcasses passées en Éleveur et engagé. Le potentiel de progression est donc élevé.

Suite à cette réunion d'information, Alice Avisse, présidente de la section viande bovine, compte bien mettre le pied à l'étrier et commencer à contacter les grandes surfaces du département. «Cette valorisation est un outil porté par les éleveurs, nous avons tous à y gagner. Nous comptons aussi sur l'appui des éleveurs pour avoir un maillage de cette démarche sur le département, voir au-delà !» Après avoir interrogé les adhérents présents, Alice a donc donné rendez-vous dans les prochaines semaines pour lancer Éleveur et engagé dans l'Oise.

Pour Alice Avisse, présidente de la section viande de la FDSEA 60 : « Pour la section viande bovine, l'Oise doit lancer la démarche. Les outils sont là, le potentiel au niveau des grandes surfaces aussi ! L'éleveur ne s'engage pas dans une démarche particulière. Il s'agit de valoriser la qualité du travail fait par chacun. Cet outil mis en place par le syndicat ne peut être que bénéfique pour notre filière. Elle s'inscrit pleinement dans le sujet des États généraux de l'alimentation. Ça va demander de l'énergie, mais ça vaut le coup d'essayer ! »


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