L'Oise Agricole 18 février 2014 à 08h00 | Par L'Oise Agricole

Elevage - Les nouvelles technologies au service des éleveurs laitiers

Une journée technique était organisée à Grandvilliers jeudi 6 février pour montrer de nouvelles technologies, qui seront bien sûr également présentées au Salon de l'agriculture.

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Réunion d'information des producteurs de lait, à laquelle a participé le président de la Chambre d'agriculture, Jean-Luc Poulain.
Réunion d'information des producteurs de lait, à laquelle a participé le président de la Chambre d'agriculture, Jean-Luc Poulain. - © L'Oise Agricole

«Des élevages de plus en plus high tech» : c'était le thème d'une journée technique organisée pour les éleveurs laitiers par la Chambre d'agriculture. On pense bien sûr au robot de traite, mais elles concernent tous les domaines : la surveillance (physique ou sanitaire du troupeau), l'alimentation, la qualité du lait...

Clément Alain, ingénieur à l'Institut de l'élevage, faisait le constat que leur développement intervient dans un contexte qui leur est favorable : la fluctuation des prix du lait, la demande sociétale, sur le bien-être animal en particulier, les extraordinaires progrès récents des micro et nano technologies, et l'acceptation de plus en plus difficile des contraintes habituelles de l'élevage, avec des temps de travaux très longs : 3.600 heures en moyenne pour un éleveur, contre seulement 800 pour un céréalier qui gagne beaucoup plus...
Ces nouvelles technologies utilisent de très nombreux capteurs. «Sur une vache laitière, on peut tout mesurer», disait Clément Alain. Des capteurs, des thermomètres, des compteurs sont aussi installés dans les bâtiments, les équipements de traite ou de distribution des aliments. «La limite, ce n'est pas le capteur, mais le traitement des données» expliquait-il. Mais ce n'est pas un réel problème : la vitesse des microprocesseurs des ordinateurs double tous les deux ans sans augmentation de leur prix de vente.


Mais, au-delà du robot de traite, toutes les autres tâches sont concernées. Les équipements les plus répandus permettent la détection des chaleurs et des vêlages. Les plus récents sont conçus pour une analyse du lait en temps réel non seulement vache par vache, mais aussi quartier par quartier. En détectant la présence de certaines enzymes, on peut prévenir un risque de mammite. Les capteurs concernent par ailleurs l'alimentation, en mesurant par exemple la température de l'animal ou sa rumination.

Quelle rentabilité ?
Mais ces techniques ont bien sûr un coût certain, d'autant que généralement, elles accompagnent un renouvellement du matériel ou des équipements. D'où la question de leur rentabilité : difficile à calculer, sauf sur l'aspect gain de temps ; mais il faut intégrer le confort de travail et la sécurité économique et sanitaire.

Alexis Férard, ingénieur chez Arvalis-Institut du végétal, a illustré ce que peut être un élevage très moderne actuel, comme celui qui a été construit à la ferme expérimentale de La Jallière, entre Nantes et Angers. Tout a été reconstruit à neuf, avec une surface couverte de près d'un demi-hectare, pour un troupeau de 110-120 vaches laitières et leur renouvellement, tous les animaux (veaux, génisses et vaches) étant sous le même toit, ainsi que l'installation de traite, et des bâtiments annexes ont été construits pour le stockage des fourrages et de concentrés et pour la gestion des effluents.
Dans ce bâtiment d'expérimentation, «les vaches sont observées de partout» expliquait Alexis Férard, l'objectif étant la performance technique, l'optimisation de l'organisation du travail, l'«excellence environnementale» , en plus d'être un support test de l'innovation.
Le bâtiment d'élevage est doté d'une ventilation pilotée par plusieurs stations météo qui commandent une soufflerie et l'ouverture de panneaux latéraux.
Le paillage est automatisé à partir d'un poste fixe avec soufflerie et épandage par un tuyau, box par box. L'équipement de traite est un rototraite 22 postes.
Puis l'alimentation est assurée par une chaîne d'alimentation automatisée qui gère les rations individuellement.

Évidemment, toutes les données sont récupérées et analysées. Toutes ces techniques ont pour objet de gagner du temps et de réduire la pénibilité de certaines tâches désormais automatisées, parfois robotisées : l'intervention physique de l'éleveur n'est plus nécessaire.
De fait, il semble changer de métier : il devient davantage un technicien, qui doit consulter régulièrement son ordinateur et ses terminaux informatiques. Mais il doit rester avant tout un bon technicien d'élevage et un bon gestionnaire.

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