L'Oise Agricole 13 octobre 2017 à 11h00 | Par Agrapresse

EGAlim: E. Macron annonce une loi avant la fin du 1er semestre 2018

Le Président de la République vient de terminer son intervention de clôture du chantier 1 des États généraux de l'alimentation consacré à « la création et à la répartition de la valeur ».

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Au cours d'une longue intervention de plus d'une heure le 11 octobre au marché de Rungis, le président de la République Emmanuel Macron a annoncé la promulgation d'une loi issue des #EGAlim au premier semestre 2018 ; cela pourrait être sous forme d'ordonnance. E. Macron a repris une partie des propositions issues des travaux du premier chantier, et confirmé les annonces faites la veille par l'Elysée: renforcement des organisations de producteurs et des interprofessions (ex. conditionnement de certaines aides à des tailles d'OP commerciales), meilleure information sur le droit de la concurrence (ex. l'autorité de la concurrence pourra être saisie pour rappeler le cadre réglementaire permettant de s'organiser), renforcement du contrôle et des sanctions (ex. instaurer le "name and shame" en cas de mauvaise conduite dans les relations commerciales), relèvement du seuil de revente à perte - pour les produits alimentaires uniquement - et encadrement des promotions.

Ces deux dernières mesures sont conditionnées à la livraison, d'ici la fin de l'année, de «contrats de filière» par les interprofessions fixant des objectifs d'évolution (ex. part de signes de qualité). En attendant l'application de ce texte à venir, E. Macron attend des acteurs une application de «l'esprit» de cette loi dans les négociations commerciales qui débutent début novembre. Il a également annoncé une mission parlementaire à mi-mandat pour l'évaluation de cette future loi.

E. Macron satisfait sur le fond les trois principaux syndicats agricoles

Quelques instants après les déclarations d'Emmanuel Macron, la présidente de la FNSEA Christiane Lambert a acté la reprise de certaines mesures issues des Etats généraux de l'alimentation, «où nous retrouvons beaucoup des solutions que nous avons portées». Elle a cependant regretté certaines remarques sur les filières d'exportation de porc et de poulet, dont le soutien par les pouvoirs publics a été jugé absurde par E. Macron: «Lorsqu'il a fait l'examen de l'agriculture, il a été approximatif et parfois caricatural sur certains secteurs, mais sur la volonté de montée en gamme, c'est quelque chose que nous portons».

Le président de la Coordination rurale Bernard Lannes «signe tel quel le projet présenté», car il fixe, selon lui, un cadre permettant la concrétisation de sa revendication d'interdire l'achat à perte aux agriculteurs. Il a apprécié l'évocation des négociations de la future Pac. Le porte-parole de la Confédération paysanne Laurent Pinatel évoque «un discours à la hauteur», où il retrouve «beaucoup de choses que l'on porte depuis des années, notamment comment accompagner les producteurs à produire autrement». Toutefois il se méfie de la place importante des interprofessions dans ce projet: «elles auront besoin d'être rénovées». Le délégué général de la FCD (grande distribution) Jacques Creyssel accueille de son côté «de bonnes nouvelles correspondant à l'accord que nous avions avec les agriculteurs et la transformation». Sur son blog, Michel-Edouard Leclerc s'est dit satisfait que le relèvement du seuil de revente à perte ne concerne que les produits alimentaires.

L'UE et le Royaume-Uni présentent à l'OMC un plan post-Brexit

L'Union européenne et le Royaume-Uni ont présenté le 11 octobre un plan de répartition des quotas d'importations agricoles après le Brexit, dossier hautement sensible, émaillé d'avertissements très clairs des autres grands exportateurs, Etats-Unis inclus. Dans un souci de pas aggraver la querelle, l'Union européenne et le Royaume-Uni ont rédigé une lettre à leurs partenaires de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), en déclarant leur souci d'apporter de "la clarté, et de travailler dans un esprit ouvert et constructif avec les partenaires internationaux". Le début d'affrontement concerne les "Tariff Rate Quotas" (TRQ), ces quotas d'exportations agricoles négociés à la loupe car ils sont très importants pour les pays exportateurs les plus exposés aux marchés agricoles mondiaux.

Ce système élaboré permet d'exporter des produits laitiers et de la viande en franchise de tarifs douaniers, jusqu'à un certain volume, les droits de douane n'augmentant qu'au delà. Le plan dévoilé par l'Union européenne et le Royaume-Uni propose de diviser les quotas d'après-Brexit sur la base de l'historique des exportations de chacun, ce qui présenterait l'avantage d'éviter une douloureuse renégociation à l'OMC, qui rassemble pas moins de 164 pays à Genève.

Le Président de la République veut «responsabiliser» avec des contrats de filière

Emmanuel Macron a dit aux acteurs de l'agriculture et l'agroalimentaire qu'il voulait «d'ici la fin 2017» qu'ils présentent «des plans de filières qui indiquent, filière par filière, les réformes qu'il y a conduire». «Si on n'a pas fait de réforme, ça finira dans deux ou trois mois chez le ministre de l'Agriculture à demander des idées d'urgence. Vous avez votre part de responsabilité», leur a-t-il dit. Ces plans par filière ont pour objectif de dire «voilà ce dont nous avons besoin pour pour regrouper notre offre, investir pour répondre à la demande des concitoyens, monter en gamme et prendre à bras le corps les défis internationaux», a-t-il expliqué.

Le président de la République a réprimandé les responsables agricoles sur le fait qu'ils avaient «soutenu des choix absurdes» et protégé des filières qui «ne correspondent plus à nos goûts et à nos besoins», évoquant notamment le poulet grand export ou l'exportation de porcs. Evoquant son souhait de ne pas faire de «chèque en blanc» en relevant le seuil de vente à perte, il a pointé du doigt la filière porcine, où le soutien du marché par la demande chinoise aurait conduit la filière à ne pas faire évoluer son offre. Evoquant les contrats de filière, il a souhaité que l'on sorte d'une situation où «on continue d'espérer que les Chinois continuent d'acheter du porc à Plérin, à guetter le taux de change pour faire consommer à d'autres populations le poulet que nous n'arrivons à faire consommer aux Français ». Il a tout de même défendu l'idée d'être offensif à l'export.

E. Macron veut «réactualiser» le mandat de négociation de l'accord avec le Mercosur

Lors de son expression à Rungis le 11 octobre, Emmanuel Macron a annoncé qu'il souhaite «réactualiser» le mandat de négociation de la Commission européenne avec le Mercosur en vue de la signature d'un accord de libre-échange. «Je ne suis pas favorable à ce que nous nous précipitions pour négocier un accord avec un mandat de négociation donné en 1999». E. Macron a annoncé qu'il évoquera ce sujet lors du prochain Conseil européen, le 19 et 20 octobre. Sur le Ceta (accord avec le Canada), il a annoncé que des «mesures de contrôle et d'encadrement» seront présentées prochainement, en application des recommandations du rapport d'experts, commandé par le Premier ministre, sur les conséquences du Ceta sur l'environnement.

EGalim : Les invités du débat d'AGRA sur les États généraux le 18 octobre

L'agence AGRA organise le mardi 18 octobre un petit déjeuner débat sur un débrief du 1er chantier des EGA, à 8h30, avec Olivier Allain, coordinateur des États généraux de l'alimentation ; Francis Amand, médiateur des relations commerciales et Nicolas Chabanne, créateur de C qui le patron. Objectif : analyser les recommandations des 7 ateliers et commenter le discours du président de la République.

N. Hulot veut taxer les constructeurs pour lutter contre l'artificialisation des sols

Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique, a affirmé dans le Parisien du 11 octobre, qu'il étudiait «une nouvelle source de financement qui permettrait de lutter contre l'artificialisation des sols et de financer la préservation de la biodiversité». Il s'agirait d'une taxe pour les constructeurs proportionnelle aux surfaces naturelles accaparées par leur projet. Le ministre d'Etat rapporte avoir proposé cette réflexion au Premier ministre qui l'a invité «à y travailler».

Le même jour, la filière béton a réagi en affirmant qu'elle «s'inscrit justement dans cette logique de préservation des terres agricoles et de protection de la biodiversité». Elle prend pour exemple «la construction de passages à faune et passes à poissons» en milieux naturels qui «limitent l'impact des activités humaines sur la nature» ou encore sa volonté «d'améliorer le confort de nos métropoles et limiter leur étalement.»

Maïs : le droit de douane européen réduit à 5,61 EUR/t

Du fait d'un renforcement du dollar, la Commission européenne a réduit le droit à l'importation de l'UE pour le maïs, le sorgho et le seigle de 10,95 EUR/tonne, taux qui avait été fixé le 1er septembre, à 5,61 EUR/t à compter du 10 octobre. Ce nouveau montant s'appliquera jusqu'à sa révision sur la base du mécanisme automatique d'ajustement en vigueur. Le droit de douane sur les trois céréales avait été introduit le 8 août à hauteur de 5,16 EUR/t pour compenser la faiblesse de la devise américaine.

«La plus petite récolte européenne de pommes depuis 10 ans» (Agreste)

La campagne 2017 en pomme devrait marquer «la plus petite récolte européenne [...] depuis 10 ans», selon les chiffres de Prognosfruit (conférence annuelle européenne) relayés dans une note de conjoncture Agreste du 11 octobre. Prognosfruit s'attend à une baisse des récoltes de 21% sur un an et de 19% par rapport à la moyenne quinquennale. En cause, le gel qui a affecté les vergers italiens, allemands, belges et polonais. En France, la production est estimée à 1,4 million de tonnes, en recul de 4% par rapport à l'année 2016 qui avait déjà enregistré une faible récolte. C'est la pomme Golden qui s'avère la plus touchée : en France, on attend un recul de 25% de la production par rapport en 2016. Même constat en Europe, avec une baisse de 18% des récoltes.

La collecte de blé passe d'un extrême à l'autre (FranceAgriMer)

FranceAgriMer a noté le 11 octobre un plongeon de la collecte de blé entre juillet et août, lié à la chute des prix. «La collecte de juillet 2017 compte parmi les plus hautes, à plus de 13,5 Mt» de blé tendre, tandis que celle du mois d'août «fait partie des plus faibles» jamais constatées, à moins de 4 Mt, a indiqué Olivia Le Lamer, adjointe au chef de l'unité grains et sucre. Au redressement de la moisson s'est ajouté le facteur précocité, selon elle. Mais la collecte de juillet a aussi été influencée par «un besoin de trésorerie, la campagne précédente ayant été extrêmement difficile». En août, «il y a très certainement eu l'effet baisse des prix», qui a poussé les agriculteurs à la rétention de marchandise. Ce recul de la collecte explique probablement l'abaissement à 34,3 Mt (contre 34,5 Mt en septembre) du volume prévu sur l'ensemble de la campagne. FranceAgriMer s'inscrit ainsi à contre-courant du ministère de l'Agriculture, qui a réévalué le 10 octobre la production à 37,9 Mt (contre 37,8 Mt précédemment). L'établissement national corrige en hausse de 200 000 t le stock final à la ferme, à 1,2 Mt, «une réserve potentielle qui peut venir renforcer la collecte dans les mois qui viennent», d'après Olivia Le Lamer.

Poires : une récolte stable

La production nationale de poires de table devrait atteindre les 130000 tonnes, selon les estimations Agreste publiées le 11 octobre. Si la récolte est stable par rapport à la campagne précédente, on note des variations en fonction des variétés. La récolte de Guyot (poire d'été) a augmenté de 19% grâce à une forte hausse des rendements. Sur les autres variétés d'été (William's et autres), les récoltes sont par contre en recul. En poires d'automne et d'hiver, les statisticiens attendent une récolte comparable à celle de la campagne 2016-2017. Les régions viticoles de Californie particulièrement frappées par les incendies

Les incendies qui sévissent dans le nord de la Californie ont continué de s'étendre le 11 octobre au matin, frappant particulièrement les régions viticoles. La plus grande part des incendies meurtriers se trouve dans les comtés Napa Valley, Sonoma et Mendocino. Sur les 17 décès dus au feu, 11 ont eu lieu dans le comté de Sonoma, rapporte la chaîne CNN. Apparemment, les «wineries » (caves) sont plus touchées que les vignobles eux-mêmes. La filière viticole californienne génère un chiffre d'affaires de 58 milliards de dollars par an et 325 000 emplois, selon le Wine Institute américain.

- © FNSEA

Les paysans à la rencontre des citoyens  !

Cette journée du 11 octobre, place de la République, avait pour but de marquer la clôture du chantier 1 des États Généraux de l'Alimentation, avant la prise de parole d'Emmanuel Macron à Rungis. Cette journée était axée autour de 2 objectifs : rappeler nos demandes sur la répartition de valeur dans les filières et la nécessité d'avoir un prix rémunérateur pour les producteurs, permettre de maintenir une pression forte sur les politiques.

A cette heure, le bilan qu'adresse la FNSEA est très positif. Les réseaux FNSEA et JA ont fait le job ! Premièrement, jackpot pour la fréquentation avec 10 000 visiteurs, citoyens et consommateurs, sont venus à la rencontre des agriculteurs et se sont montrés sensibles au besoin d'une rémunération plus juste de la profession.

Deuxièmement, pactole sur le lobbying, des parlementaires et des élus locaux se sont déplacés en nombre pour entendre les revendications du monde agricole.

Malgré tout, cette journée n'est qu'une étape. Le monde agricole reste vigilant et prépare d'autres rendez-vous.

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