L'Oise Agricole 24 novembre 2016 à 08h00 | Par Bernard Leduc

Efforts permanents d'adaptation chez Valfrance

Agora avait commencé ses assemblées de sections le 18 novembre. Valfrance a commencé les siennes par celle de l'Oise, ce 21 novembre matin à Senlis.

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à l'assemblée générale de section de Valfrance à Senlis, Denis Simon, directeur général de Valfrance, et Christophe Grison, président.
Christophe Grison, agriculteur à Mareuil-sur-Ourcq, est entré au conseil d'administration de la coopérative en 1998. Il a été par ailleurs président du réseau national Farre et il est ambassadeur #agridemain.
à l'assemblée générale de section de Valfrance à Senlis, Denis Simon, directeur général de Valfrance, et Christophe Grison, président. Christophe Grison, agriculteur à Mareuil-sur-Ourcq, est entré au conseil d'administration de la coopérative en 1998. Il a été par ailleurs président du réseau national Farre et il est ambassadeur #agridemain. - © Bernard Leduc

Ces assemblées générales de coopératives céréalières sont toujours un exercice décalé dans le temps, puisqu'elles doivent être organisées pour que les sociétaires valident les résultats d'un exercice clos au 30 juin. C'est donc à chaque fois le retour sur la moisson de l'année précédente.

Donc cette fois-ci sur celle de 2015, qui a été exceptionnelle en volume, grâce à de très bons rendements. Mais cette année surtout, chacun a en tête les résultats de la dernière moisson, exceptionnelle elle aussi, mais à l'inverse, avec des rendements historiquement bas. Retour donc d'abord sur l'exercice 2015-2016, dont les résultats techniques et économiques ont été présentés aux 69 sociétaires présents ou représentés lors de leur assemblée de section qui a eu lieu le 21 novembre à Senlis.

Sur cet exercice, qui est le premier du projet d'entreprise développé au sein de la coopérative pour gagner en performance économique, Valfrance a enregistré une collecte totale de 868.101 t de céréales et oléo-protéagineux, atteignant presque le record qu'elle a connu en 2009-2010. La meilleure performance a été faite par le blé, dont le rendement moyen a été de 90 q/ha (avec des extrêmes de 70 à 120 q), mais avec un très faible taux de protéines (10, 7 % en moyenne).

Une déception est venue du maïs, dont le rendement moyen n'a été que de 85 q/ha contre les 100 q habituellement constatés. Les féveroles ont aussi déçu, par le rendement et la forte présence de bruches.

Une autre activité importante est liée à la production de semences, en expansion en particulier grâce au renforcement de partenariats avec Syngenta et Pioneer. Quant à l'activité approvisionnements, elle a généré un chiffre d'affaires de 64,3 millions d'euros, relativement stable, surtout en produits phytos et en engrais.

Pour l'ensemble de ses activités 2014-2015, la coopérative Valfrance au enregistré au 30 juin 2016 un chiffre global d'affaires de 243 millions d'euros, dont 156 MEUR en vente de céréales et oléo-protéagineux (contre 162 l'année précédente). Il faut en effet rappeler l'effondrement des cours sur le marché mondial au moment de la moisson : le Matif blé avait perdu 60 EUR/t entre début juillet et septembre 2015.

Et après un léger redressement, les cours avaient de nouveau chuté, le Matif blé perdant 50 EUR/t en 5 mois à partir de la mi-novembre.

Mais la bonne gestion de la coopérative a permis de dégager un résultat d'exploitation de 2,7 MEUR, en légère diminution du fait des compléments de prix versés début juin 2016. L'Ebitda (l'équivalent de l'EBE dans les exploitations) est en légère hausse et l'endettement de la coopérative a été sensiblement réduit.

Cet exercice a vu la dernière tranche d'importants travaux sur un site, celui de Vaux-le-Pénil, près de Melun. Ce site important, à quai sur la Seine, a une ligne dédiée au bio.

L'actif net immobilisé est depuis l'année dernière complètement financé par les capitaux propres de la coopérative. Ceux-ci sont en augmentation régulière (+ 58 % en 12 ans), atteignant près de 60 millions d'EUR au 30 juin dernier.

Optimiser la valorisation de la collecte

Le souci des dirigeants de la coopérative est d'apporter aux sociétaires des services au moindre coût et de chercher la valorisation optimale de leur production. Il faut donc s'adapter en permanence, en répondant à la demande des clients, en recherchant des opportunités de marchés, en fonction de la qualité des produits.

Lors de cette assemblée générale, le directeur, Denis Simon, le président, Christophe Grison, et plusieurs cadres ont présenté l'évolution des marchés et les particularités des campagnes, en évoquant bien sûr cette année 2016, catastrophique pour les agriculteurs. La collecte sera en très forte baisse sur l'exercice en cours : de 817.000 t (hors semences), elle passe à seulement 510.000 t (- 38 % toutes espèces confondues).

C'est le blé bien sûr qui est le plus impacté par les surfaces qu'il représente, mais la perte ne porte pas que sur le rendement : elle porte aussi sur la qualité, puisque les PS ont été très faibles. Seulement 26 % des blés collectés avaient un PS supérieur à 73 et 48 % avaient un PS inférieur à 70 (alors que le PS moyen en 2015 avait été de 79,9).

Denis Simon a recherché de nouveaux débouchés avec des industriels bretons de l'alimentation animale pour les blés au PS inférieur à 70, mais riches on protéines. «Il n'y aura pas de difficulté à mettre en marché l'intégralité de notre collecte» disait-il. Globalement, la nutrition animale devrait absorber environ la moitié de la collecte, la meunerie 40 % (contre 65 % habituellement pour Valfrance qui travaille nettement moins à l'export que la moyenne nationale) et l'amidonnerie 10 %.

Il n'y aura aucun volume de blé pour l'éthanol ; par contre, pour le colza dont la collecte est relativement stable, le diester reste son débouché pour 70 % des volumes. Denis Simon a aussi rappelé le plan d'adaptation arrêté par la coopérative pour aider ses adhérents dans cette année compliquée : des mesures ont été rapidement prises pour aider la trésorerie des exploitations et au financement des approvisionnements pour la prochaine campagne.

Aux acomptes versés tôt à la moisson, va s'ajouter un premier complément de 15 EUR/t de maïs au 1er décembre et de 25 EUR/t de colza au 15 décembre. Et sur la coopérative, un plan a été engagé pour économiser 2 millions d'EUR sur les charges au cours de l'exercice en cours. La création d'une plate-forme commune avec la coopérative voisine Agora a été évoquée.

En concluant cette assemblée de section, Christophe Grison insistait sur le travail réalisé par le conseil d'administration et l'équipe dirigeante pour «anticiper les changements» et s'adapter en permanence, pour rester le partenaire économique et technique efficace au service de tous ses sociétaires.

L'assemblée plénière, à laquelle sont invités non seulement les délégués élus en assemblées de section, mais aussi tous les sociétaires, se déroulera le 12 décembre après-midi à Meaux, avec un débat sur les conséquences de la moisson 2016 et une réflexion sur l'agriculture numérique.

La section de l'Oise de Valfrance

Elle compte 291 sociétaires, soit 21 % du total de la coopérative. Mais ils représentent 22 % du chiffre d'affaires total, avec 22 % de la collecte, 23 % du chiffre en agro-fourniture. Cette section est sur-représentée dans le conseil d'administration, avec 34 % des administrateurs, dont son président, Christophe Grison. Son secteur géographique comprend 7 sites de collecte, dont trois majeurs, à Nanteuil-le-Haudouin, Le Plessis-Belleville et Verberie. Et il comprend son siège social, à Senlis, avec une station de semences.

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