L'Oise Agricole 30 novembre 2016 à 08h00 | Par Simon Playoult

Ecophyto 2 passe à la vitesse supérieure

En 2017, le plan Ecophyto entre dans une phase décisive avec le lancement effectif des certificats d’économie. Les professionnels des Hauts-de-France s’y préparent.

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Plus de deux cents personnes ont assisté à la table-ronde réunissant plusieurs acteurs engagés dans le programme Ecophyto régional.
Plus de deux cents personnes ont assisté à la table-ronde réunissant plusieurs acteurs engagés dans le programme Ecophyto régional. - © Simon Playoult

Fermes Dephy, Certiphyto, appels à projets… Depuis 2008, le plan Ecophyto a engagé irréversiblement la profession agricole vers la réduction de la consommation de produits phytosanitaires.

Opérationnelle depuis avril dernier, la version 2 du dispositif ambitionne de diminuer l’utilisation d’intrants de 25 % d’ici à 2020 et de 50 % en 2025. Pour atteindre ces objectifs, l’Etat change d’angle d’attaque. Auprès des agriculteurs, ce sont désormais les distributeurs de produits, notamment les coopératives, qui devront promouvoir les pratiques plus économes et réduire leurs ventes dans les cinq prochaines années.

De nouvelles dispositions, qui ont suscité de vifs débats lors de la journée régionale dédiée au programme Ecophyto Hauts-de-France, le 16 no vembre à Arras. Le ministre de l’Agriculture a créé les certificats d’économie de produits phytopharmaceutiques (CEPP), inspirés des certificats d’économie d’énergie. «Ils seront obtenus par les distributeurs en échange de la mise en place d’actions respectueuses de l’environnement», présente Christian Huyghe, directeur scientifique de l’Inra et membre du groupe de création de CEPP.

Chaque vendeur va se voir ainsi fixer, dès la fin de l’année 2016, un objectif de certificats (et donc de réduction des ventes) à atteindre en 2021.

Une mesure difficile

Une mesure qui pourrait, dans certains cas, s’avérer périlleuse à mettre en place dans la région. «L’agriculteur évolue dans un écosystème régi par des contraintes (cahier des charges, marché, aléas…), rappelle Christian Durlin, président du pôle légumes région Nord. Si les expérimentations avancent, certaines pratiques ne sont pas encore transposables efficacement à grande échelle.»

«Les productions des Hauts-de-France sont régulées et correspondent en majorité à une quantité et à une qualité que nous devons maintenir », complète Arnaud Bardon Debats, directeur agricole chez Bonduelle. Les CEPP doivent permettre, à terme, de rendre compte des économies d’intrants réalisées sur le territoire.

A noter que les produits phytos ne pourront plus être vendus en libre-service aux particuliers à compter du 1er janvier 2017. A cette même date, leur utilisation sera aussi interdite dans les espaces verts. Ces programmes de réduction de l’emploi de produits modifient la conduite des exploitations et, par conséquent, le quotidien des agriculteurs. Ils imposent une augmentation du temps de travail et du nombre de passages dans les parcelles, ce à quoi les exploitants ne sont pas toujours préparés.

«Si beaucoup se lancent aujourd’hui, il peut être difficile de s’approprier la technique», souligne Vincent Delannoy, délégué régional de l’ITB, ce qui rebute certains professionnels. «Complexe ne veut pas dire compliqué», réplique Christian Huyghe. «Nous devons veiller à rendre simples et attrayantes les innovations de demain pour mobiliser davantage», avertit-il. Les intervenants ont conclu la table ronde en évoquant la notion de «coresponsabilité » - des agriculteurs jusqu’aux consommateurs en passant par les industriels - essentielle selon eux à prendre en compte pour poursuivre de manière objective la réduction des produits phytosanitaires dans les plaines des Hauts-de- France.

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